Le groupe Sefrioui implante des cimenteries dans 5 pays d'Afrique



Le groupe Sefrioui implante des cimenteries dans 5 pays d'Afrique
Après la Côte d'Ivoire, la construction des usines en Guinée-Conakry, en Guinée-Bissau et au Cameroun a démarré en avril et en mai dernier. Au Gabon, les travaux seront entamés sous peu. L'entrée en production des usines devrait avoir lieu, au plus tard, au premier trimestre 2013.
Depuis le premier coup de pioche du chantier d’une cimenterie en Côte-d’Ivoire, donné en novembre 2011, le groupe Sefrioui a mis le turbo en Afrique et il semble vouloir aller très vite. Les constructions de deux autres cimenteries en Guinée-Conakry et en Guinée-Bissau ont été lancées en avril et une autre unité au Cameroun en mai. Une cinquième usine basée au Gabon a été annoncée ces dernières semaines et sa construction sera entamée incessamment. «Moyennant un délai de réalisation de 18 mois, ces cimenteries devraient entrer en production dès le deuxième trimestre 2013 et même avant cette date, étant donné que certains chantiers sont en avance sur le planning», fait savoir une source bancaire au fait des détails de ces projets. A ce titre, le groupe Sefrioui s’est fort opportunément appuyé sur la connaissance du marché africain par les grandes banques nationales, notamment Attijariwafa bank et BMCE Bank à travers Bank of Africa, pour baliser le terrain. En plus, bien entendu, de solliciter leur financement pour couvrir 60% du montant de l’investissement. Celui-ci totalise 150 millions d’euros, soit près de 1,7 milliard de DH répartis à peu près à parts égales entre chacune des cimenteries, ce qui donne 332 MDH, en moyenne, par unité. C’est que le patron d’Addoha a installé, dans chacun des pays cités, un même modèle d’usine d’une capacité de production de 500 000 tonnes, soit 2,5 millions de tonnes au total. L’activité de toutes ces cimenteries est abritée au sein du groupe Sefrioui par Ciments d’Afrique (Cimaf) qui compte autant de filiales de droit local dans les pays où des usines sont en création.

A comparer avec l’investissement d’Anas Sefrioui dans le secteur cimentier national, à travers Ciments de l’Atlas (Cimat), les projets en phase de développement en Afrique sont d’une bien moindre envergure, mais les besoins des pays visés justifient cela. Les deux cimenteries de Cimat à Ben Ahmed et à Béni-Mellal, entrées en activité respectivement en avril 2010 et début 2012 ont nécessité à elles seules un investissement de 2,8 milliards de DH.

Les cimenteries africaines seront approvisionnées en clinker à partir du Maroc

Normal, puisqu’elles ont une capacité totale de 3,2 millions de tonnes. Mais il y a surtout le fait que Cimaf a pu considérablement économiser sur l’enveloppe d’investissement en ne construisant pas de four au niveau des cimenteries africaines. Celui-ci sert en règle générale principalement à préparer du clinker, matière semi finie entrant dans la composition du ciment. Or, cet intrant devrait être mis à la disposition des cimenteries africaines par Cimat. Celle-ci détiendrait, du fait de la saisonnalité de l’activité cimentière (la haute saison va de mai à septembre), un excédent annuel de clinker évalué par les spécialistes entre 600 000 et 800 000 tonnes.

Le patron d’Addoha compte aussi exploiter les possibilités de complémentarité entre ses activités au Maroc et dans toute l’Afrique dans le domaine de la promotion immobilière sur le segment du social. Cela devrait se faire à travers Addoha Afrique, filiale déjà créée du promoteur immobilier, qui développera des programmes de logements sociaux dans les mêmes pays qui accueillent les cimenteries de Cimaf. En fait, selon les indiscrétions du management du groupe Sefrioui, ce sont les projets de logements sociaux qui ont ouvert la voie à l’implantation des cimenteries. En effet, les gouvernements des pays investis, très intéressés par le modèle du logement social marocain, ont accédé à la demande du groupe d’implanter ses propres cimenteries pour approvisionner son activité de promotion immobilière. Plus encore, une piste explorée consisterait à faire bénéficier Addoha Afrique dans chacun des pays ciblés d’un dispositif public pour le logement social comparable par ses avantages fiscaux à celui mis en place au Maroc.

La stratégie du groupe Sefrioui consistant à implanter des cimenteries et à leur offrir des débouchés à travers la promotion immobilière devrait encore être étendue à d’autres pays d’Afrique. Mais à vrai dire, le seul positionnement sur le marché africain du ciment s’avère en soi très opportun pour le groupe. Certains des pays investis jusqu’à présent ne disposent pas même d’une seule cimenterie. Et, dans tous les marchés ciblés, les capacités de production restent très en deçà des besoins. La capacité installée au Cameroun par exemple est de 1,6 million de tonnes pour près de 20 millions d’habitants, à comparer aux 20 millions de tonnes pour 32 millions d’habitants au Maroc.

Réda Harmak
www.lavieeco.com



         
 
                         
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