Le HCP prévoit une croissance économique de 4.8% en 2013 après les 2.7% de 2012

La valeur ajoutée du secteur primaire atteindrait 6.1% contre une baisse de 8.7% en 2012. La consommation des ménages croîtrait de 5.3% au lieu de 4.8%. Le déficit du compte courant pourrait représenter 9% du PIB.



Le HCP prévoit une croissance économique de 4.8% en 2013 après les 2.7% de 2012
C’est un ralentissement assez prononcé que l’économie marocaine a connu en 2012 : le taux de croissance réalisé, soit 2,7%, représente en effet quasiment la moitié de celui de 2011 (qui était de 5%), selon les dernières données du Haut commissariat au plan (HCP), publiées dans le cadre de son budget économique prévisionnel pour 2013 et dans lequel il donne également ses estimations concernant les réalisations de 2012. Dans un contexte de récession en zone euro et de modération de la croissance partout ailleurs, le niveau de progression de l’activité au Maroc, malgré son rythme fortement ralenti, reste cependant...positif. Mais l’année 2013 qui s’ouvre devrait être nettement meilleure, avec une croissance prévue par le HCP de 4,8%. Celle-ci pourrait même atteindre 5,4% sous l’hypothèse que les conditions climatiques favorables que connaît le pays se maintiennent jusqu’au printemps.

Ces prévisions, le HCP les fonde sur un jeu d’hypothèses liées à la fois à l’environnement national (campagne agricole moyenne de 70 millions de quintaux) et international (redressement de la demande adressée au Maroc), ainsi que sur les principales dispositions contenues dans la Loi de finances en cours, dont, entre autres, l’importance de l’investissement public consolidé et la poursuite de la politique de soutien des prix.

Mais qu’est-ce qui, au plan de l’offre, explique le ralentissement de 2012 ? Il y a d’abord, comme on sait, la modeste performance de la production céréalière : 51 millions de quintaux, au lieu de 84 millions de quintaux en 2011. C’est une baisse de 39,2%. Plus généralement, selon le HCP, la valeur ajoutée du secteur primaire a baissé de 8,7%, après une hausse de 5% l’année précédente. Il y a ensuite le léger ralentissement des activités non agricoles : +4,8% au lieu de +5,3% en 2011. Ceci est dû à un léger repli tant du secteur secondaire, avec une croissance de 3,2% contre 4% en 2011, que du secteur tertiaire qui a progressé de 5,7% au lieu de 6% un an auparavant. Le ralentissement du secteur secondaire découlerait, selon le HCP, de la modération des contributions des phosphates et des industries électriques et électroniques, tandis que les activités énergétiques et de construction automobile se seraient, au contraire, nettement améliorées. Quant au secteur tertiaire, sa croissance de 5,7%, le HCP l’attribue à l’amélioration des valeurs ajoutées de la poste et télécommunications ainsi qu’aux services rendus aux entreprises et à ceux fournis par les administrations publiques.

Sans surprise, cette offre a été captée par une demande où la composante interne reste la principale. Mais tout en restant positive, la demande intérieure (consommation et investissement) a significativement ralenti en 2012 (+2,8%) par rapport à 2011 (+5,8%). Il en résulte que sa contribution à la croissance n’a été que de 3,2 points au lieu de 6,3 points l’exercice précédent. Cette forte atonie de la demande intérieure, le HCP l’explique par le repli de la consommation finale (4,8% au lieu de 6,7% en 2011), en particulier dans sa composante consommation des ménages qui se serait accru de 4,8% contre 7,4% en 2011, en liaison avec la baisse des revenus des ménages (notamment ceux provenant des transferts des MRE) et de l’autoconsommation de produits agricoles. En revanche, estime le HCP, la consommation publique, elle, a au contraire augmenté de 5% au lieu de 4,6% en 2011, sous l’effet de la hausse des dépenses publiques de fonctionnement et de la masse salariale.

S’agissant de l’autre composante de la demande intérieure, à savoir l’investissement, il a enregistré une croissance (2,7%) à peu près égale à celle de 2011 (2,5%), contribuant ainsi à la croissance du PIB pour 0,8 point.
Quant à la demande extérieure, sa contribution au PIB est restée négative (-0,5 point), même si le HCP note une amélioration à ce niveau, puisqu’en 2011 sa contribution avait été négative de 1,5 point ; les raisons de cette situation étant suffisamment connues (déficit structurel de la balance commerciale) pour s’y attarder.

Baisse de l’épargne nationale

Moyennant ces évolutions, l’épargne intérieure (ce qui reste du PIB en valeur, après la consommation nationale) a fondu de quelque 10 milliards de DH, en passant de 183,7 milliards de DH en 2011 à 172,8 milliards en 2012, soit 20,7% du PIB au lieu de 22,9% un an auparavant. En tenant compte des revenus nets reçus de l’extérieur, en baisse de 6,7% (après une baisse de 5% en 2011), sous l’effet principalement d’une chute des transferts des MRE de 4%, l’épargne nationale s’établit ainsi à 217,4 milliards de DH, soit 26,1% du PIB, au lieu de 224 milliards de DH en 2011 ou 27,9% du PIB. Et comme l’investissement, grâce à sa composante publique notamment (188 milliards de DH), représente une part plus importante dans le PIB, soit 34,5% du PIB, il y a donc un déficit de financement de l’économie égale à 8,4% du PIB, soit 70 milliards de DH. Ce déficit de financement, soit dit en passant, correspond au déficit du compte courant de la balance des paiements. On peut rappeler à ce propos qu’à fin septembre 2012, le déficit du compte courant se chiffrait déjà à 63 milliards de DH, soit un déficit moyen par trimestre de 21 milliards de DH. Quid du quatrième trimestre ? Le chiffre sera publié fin mars prochain. Il est fort à craindre qu’en fin de compte, le déficit sur toute l’année 2012 dépasse les 70 milliards estimés par le HCP.

Au-delà du niveau de hausse de l’activité économique, c’est-à-dire de la croissance, ce déficit de financement est au fond le grand défi de l’économie marocaine. Pour 2013, le HCP prévoit encore un déficit du compte courant égal à 9% du PIB. Ceci serait le résultat d’une croissance qui sera certes meilleure qu’en 2012 puisqu’elle devrait atteindre 4,8%, mais, comme toujours, elle serait tirée essentiellement par une demande intérieure encore plus forte (5%) qu’en 2012 (2,8%), favorisée par une inflation somme toute assez faible (2% au lieu de 1,3% en 2012).

Il se trouve que cette augmentation de la demande intérieure générera une augmentation des importations malgré la volonté de l’actuelle gouvernement d’en maîtriser le rythme, alors que les exportations, quel que soit l’effort déployé pour les améliorer, demeurent rigides dans leur progression. Le HCP prévoit d’ailleurs que malgré la hausse de la demande étrangère adressée à l’économie marocaine en 2013 (+4% au lieu de 2% en 2012), sa contribution à la croissance du PIB serait encore négative (-0,9 point, au lieu de -0,5 point en 2012).

Avec le déficit des finances publiques qui s’accentue ces dernières années (-6,2% du PIB en 2011 et -7% en 2012), et le recours à l’emprunt s’imposant pour financer ce déficit, comme en 2012 avec 1,5 milliard de dollars, l’endettement budgétaire, qui approche déjà les 60% du PIB, pourrait s’aggraver davantage. Ainsi, et comme le note le HCP, la question de la soutenabilité des finances publiques et plus généralement des équilibres macroéconomiques se trouve désormais posée. Y répondre ne suppose pas d’agir seulement sur le niveau des importations et/ou des exportations, mais plus globalement sur les déterminants de la croissance. Au premier rang de ceux-ci il y a la demande intérieure, en particulier sa composante consommation qui impacte très fortement à la fois les finances publiques avec le niveau extrêmement élevé des charges de compensation et les finances extérieures avec un déficit courant tout aussi élevé. C’est cela les déficits jumeaux bien connus des économistes. Et l’économie marocaine en pâtit actuellement.

Maroc : 2.5 milliards de dollars attendus du partenariat stratégique avec le CCG

Le déficit de financement de l’économie en 2013 pourrait s’avérer moins élevé que prévu. Le HCP fait l’hypothèse, hautement probable, que si le Maroc venait à bénéficier des transferts publics d’un montant de 2,5 milliards de dollars prévus dans le partenariat stratégique avec les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le déficit de financement de l’économie ne serait plus de 9% du PIB mais de 6,8%. Auquel cas les réserves de devises devraient couvrir 3 mois d’importations de biens et services au lieu de 2,5 mois seulement sans les 2,5 milliards de dollars.

Salah Agueniou
www.lavieeco.com



         
 
                         
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