La vaccination, un enjeu de société

La campagne de vaccination a connu un grand succès, mais plusieurs défits restent à relever.

Le ministère de la Santé en collaboration avec le NESI, réseau d'aide et d'appui à l'immunisation, organise un séminaire de formation régionale sur les questions de vaccinations.



La vaccination, un enjeu de société
La soirée d'ouverture a été l'occasion de rappeler les acquis de santé publique apportés par la vaccination mais aussi les défis auxquels les pays du Maghreb sont confrontés en la matière.

Les spécialistes de la question se sont relayés à la tribune pour rappeler l'immense succès des campagnes de vaccination.

Cette technique qui consiste à "entraîner" le corps à réagir à une maladie, a permis d'éradiquer des maladies telles que la variole ou la diphtérie sur la quasi-totalité de la planète. Au Maroc par exemple, la poliomyélite a été éradiquée depuis 1988, quant à la diphtérie, grâce aux efforts de vaccination, elle a disparu depuis 1992. Il est à noter que la vaccination n'est pas seulement un acte individuel.

En effet, en se faisant vacciner on se protège, mais on protège aussi les autres, en devenant un rempart à la propagation de la maladie.

C'est ce qu'on appelle l'immunité collective. Ainsi, lorsque la couverture vaccinale (c'est-à-dire le taux d'individus vaccinés dans la société) est satisfaisante, même les non-vaccinés sont protégés contre la maladie.

Bien que l'utilité sociale et sanitaire des vaccins ne soient plus à démontrer, ils comportent certains risques et n'ont pas tous la même efficacité.

Par exemple, les vaccins contre le tétanos, la diphtérie ou la poliomyélite protègent les receveurs à 100%. En revanche, le vaccin contre la grippe, notamment lorsque les patients sont âgés, ne les immunise qu'à 50% du fait de la multitude de souches grippales existantes.

De plus, on constate de façon exceptionnelle des réactions inhabituelles de l'organisme après injection (abcès, purpura, complication neurologiques, etc.). Cependant, on estime que les complications les plus graves surviennent environ une fois sur un million.

Paradoxalement, la plupart des cas de faible efficacité ou de désagréments imputés au vaccin sont généralement dus à des erreurs humaines : rupture de la chaîne du froid, défaut d'asepsie, injection dans un endroit inapproprié, etc.

Cependant, globalement, si le protocole d'administration est suivi scrupuleusement, les risques sont minimes en comparaison du bénéfice que l'individu, comme la société, en retirent.

En effet, après avoir mis en exergue le concept d'immunité collective, les intervenants ont rappelé l'importance pour la prospérité économique d'un pays de juguler l'absentéisme. De même, ils ont insisté sur l'enjeu majeur de l'équilibre des budgets sociaux, qui peuvent être allégés des lourdes dépenses d'hospitalisation consécutives à des infections évitables grâce à la vaccination. Le Maghreb en général et le Maroc en particulier ont atteint des niveaux satisfaisants de couverture vaccinale pour la plupart des vaccins en circulation depuis de longue date (tuberculose, diphtérie, poliomyélite, ROR ). Cependant plusieurs défis restent à relever.

Tout d'abord, du point de vue du matériel, il reste à se munir, pour plus de sûreté, de seringues autobloquantes, c'est-à-dire à usage unique contraint.

Ensuite, il faut perfectionner les outils statistiques permettant de jauger l'état de la santé publique. Et aussi rapidement généraliser les "nouveaux vaccins" à l'ensemble de la population. Aujourd'hui, certains vaccins sont achetés par les catégories aisées qui se les font injecter gratuitement par le corps médical.

C'est une situation inégalitaire contraire aux principes fondamentaux de la santé publique.

Elle découle des prix exorbitants réclamés par les laboratoires pharmaceutiques sans cesse à la recherche de nouveaux marchés juteux. Pour faire face à ces acteurs qui raisonnent uniquement en terme de marché, les intervenants du séminaire ont préconisé un achat groupé des doses par les trois pays du Maghreb. Cela suppose une harmonisation des politiques de vaccination, ce qui est encore loin d'être le cas.

Pour finir, l'ensemble des participants a appelé à ne pas relâcher la vigilance sur les maladies que l'on peut croire "disparues".

Comme nous le rappelle la catastrophique épidémie de diphtérie qui a résulté de l'effondrement de l'Union Soviétique et de son système de Santé, les maladies qu'on imagine éradiquées, peuvent resurgir avec virulence, si l'on arrête les campagnes de vaccination.

Source : Liberation


         
 
                         
  Actualité   Investir au Maroc   Création d'entreprise   Vie d'entreprise   Services   Pratique  
 
  Investissement   Portrait du Maroc     Etapes de création     Gestion     Newsletter     Téléchargements
 
  Economie   Raisons d'investissement     Guide des formalités     Finance     Forum     Vidéo
 
 
  Bourse & Finances   Climat des affaires     Formes juridiques     Marketing     Guichets moukawalati     Galerie
 
    Société & Culture     Opportunités d'investissement     Aide aux PME     Ressources humaines     Liste des CRIs     Liens
 
 
  Entreprise     Fiche d'entreprise     Droits des affaires     Nouvelles technologies         Blogs
 
  Sport       Fiscalité     Emploi & Carrière