La reprise des exportations se confirme



La reprise des exportations se confirme
Les ventes devraient croître de 12% à fin 2010.
Elles seront soutenues par les phosphates et l’agroalimentaire.
Un cadre de contrôle des échanges à l’étude.
Y a-t-il reprise du commerce mondial ? Et partant, une dynamisation des exportations nationales. C’est la question qui a monopolisé les débats de la 16e session du Conseil national du commerce extérieur (CNCE), tenue hier à Casablanca. Et pour cause, la croissance est partout induite par les échanges extérieurs. Des biens tout comme des services et des investissements. Or, quelles sont les perspectives pour l’économie mondiale et le commerce extérieur national ? Selon Mohamed Chafiki, directeur des études et prévisions financières du département de l’Economie et des finances, les estimations, faites sur la base des données du premier semestre 2010, tablent sur un taux de croissance des échanges mondiaux de 9,5% contre un recul de 12% en 2009. Mais cette croissance sera surtout tirée par les pays émergents d’Asie et d’Amérique latine. Pour ces pays, le taux projeté est de l’ordre de 10,5%.

Lutter contre la concurrence déloyale
Aux Etats-Unis où le processus de désendettement des ménages est bien avancé, la demande interne devrait connaître une évolution soutenue. Il en est de même, mais dans une moindre mesure, de certains pays d’Afrique et de la région Mena.

De fait, une nouvelle configuration de l’économie mondiale est en train de se dessiner. Aux yeux de certains analystes, «l’espoir vient des nouveaux foyers de croissance internationale qui ne sont autres que les pays émergents». Surtout ceux relevant de régions intégrées qui ont fait preuve d’une capacité d’absorption de la crise. Mais l’embellie devrait être abordée avec prudence car les risques d’une rechute restent présents. En témoignent les indicateurs disponibles: aggravation des déficits budgétaires, baisse de la demande, défaillance du système financier et monétaire et tension persistante sur le marché du travail. C’est dans ce contexte à la fois porteur d’espoir et chargé d’incertitudes que le Maroc aborde le second semestre 2010. Et la situation concerne en particulier les pays de l’UE qui comptent nos premiers partenaires. Ce qui fait dire à Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur, «que toute croissance des exportations marocaines sur les marchés traditionnels ne se fera qu’au détriment de la concurrence». Car, la crise budgétaire et monétaire qui s’est déclenchée en Europe avec son lot de plans d’austérité a touché deux de nos principaux débouchés: L’Espagne et la France.

Mais les signes d’une reprise sont d’ores et déjà là. Avec à la clé le rebond des ventes des phosphates et le bon comportement du secteur agroalimentaire et des produits finis industriels. De manière générale, les exportations devraient croître de 12% à fin 2010 contre un recul de 28% en 2009. Les importations doivent poursuivre leur trend haussier mais à un rythme modéré à 12,5 % au lieu de 18,7% l’année passée. Au demeurant, «c’est le résultat des mesures offensives prises par le gouvernement pour préparer le pays à la reprise», se félicite Maâzouz. Mesures qui se sont matérialisées par l’appui aux entreprises exportatrices via le maintien des ressources humaines et des parts de marché.

Sans oublier les actions de promotion et la mise en œuvre d’une stratégie de développement de l’offre exportable. Mais le dispositif reste à compléter par d’autres mesures ciblant, cette fois, les opérateurs qui s’activent à l’importation. D’autant plus que le déficit commercial a atteint des proportions inquiétantes dans le sens où son impact sur le compte courant se chiffre à plus de 35 milliards de DH. Pour rappel, un projet de loi sur la défense commerciale est en cours d’adoption. L’objectif est de mettre fin à la concurrence déloyale et la croissance massive de certaines importations. Un cadre juridique de contrôle stratégique des exportations et des importations de certains produits comme les matières à double usage et les déchets métalliques est aussi à l’étude.

Reste enfin l’assainissement des fichiers des titres d’importations et d’exportations. En tout, le Maroc compte 5.100 exportateurs et 23.000 importateurs. Mais parmi les derniers opérateurs, à peine 1 sur 7 est identifié. Alors que les deux tiers des exportations sont réalisés par 300 entreprises. Autant dire que l’assainissement s’impose.

leconomiste.com


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