La première année de votre vie d’entrepreneur



Les premiers mois, c’est la hantise d’échouer, mais aussi l’enthousiasme de conclure ses premiers contrats.
Il est important de s’appuyer sur un réseau ou sur un mentor pour le démarrage.
Patience et persévérance sont nécessaires pour pouvoir tenir et consolider son entreprise.

«Entreprendre, c’est d’abord et surtout savoir gérer la peur». Fayçal Chraïbi, jeune manager de la société Global navigation, est convaincu de la justesse de cette définition de la décision entrepreneuriale. En effet, le passage d’un mode salarial à la création d’entreprise est un virage qui n’est pas facile à négocier. «La vie d’entreprise est un processus d’apprentissage au quotidien puisqu’il faut pouvoir gérer, recruter, négocier et conclure des contrats. Bref, on doit se transformer en couteau suisse pour faire face aux aléas des affaires», explique quant à lui Fayçal Benachou, jeune consultant qui a préféré quitter de grands groupes, comme Sqli et Archos Conseil (groupe Ona) pour fonder son cabinet, Ribatis, spécialisé dans le conseil et le management de systèmes d’information.

Associés ? Faites le bon choix et contractualisez l’association
Le premier écueil est, sans conteste, le choix des associés. Un certain nombre d’entrepreneurs préfèrent en effet s’allier à d’autres partenaires financiers ou commerciaux pour démarrer leurs entreprises. «Je recommande une association de business plutôt que de capital, au moins pour la première entreprise», martèle Rachid Amrani, directeur du cabinet conseil en entreprenariat Original Invest. Pourquoi un conseil aussi catégorique, surtout qu’il n’est pas évident de disposer de fonds pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale ? «La première entreprise représente un défi personnel qu’il faut réussir pour pouvoir reconquérir la confiance en soi et faire face aux fluctuations qui ponctuent la vie d’un entrepreneur», précise-t-il.

Ce choix d’entreprendre en solo n’exclut pas pour autant de nouer des partenariats sur des marchés ou des niches particuliers de business. A terme, la croissance de l’entreprise exigera une levée de fonds.

Quid de ceux qui ont plutôt opté pour l’association en capital dès la phase de démarrage ? Pour éviter toute surprise, il vaut mieux mettre noir sur blanc les engagements de chaque partie. Cette contrainte contractuelle s’impose surtout quand l’apport des partenaires est de nature différente (apport en capital ou apport en savoir-faire). La contractualisation permet ainsi de mieux cadrer chaque apport et de clarifier le périmètre d’intervention de chaque associé.
Une fois l’étape de création bouclée et le choix des partenaires arrêté, intervient une phase d’amorçage critique. «Les premiers mois sont les mois de la hantise, de la peur, mais aussi de l’enthousiasme de la conclusion des premiers contrats», raconte M. Chraïbi.

La rupture majeure, conséquence directe de l’entreprenariat, reste la séparation entre la dimension «personne physique» de l’entrepreneur et la «personne morale» de l’entreprise. Traduisez : il faut savoir négocier avec ses clients tout en les aidant à mieux appréhender votre passage du statut de salarié à celui d’entrepreneur.

Le jeune entrepreneur, une fois mis à l’épreuve, se rend rapidement compte que la vie d’entreprise n’est pas une option aisée. «Il faut définir l’offre, convaincre le client, payer la CNSS, l’IGR, procéder au recouvrement. En un mot, il faut être multitâche», ajoute-t-il, avec un sourire.

Compte tenu de ces contraintes, il faut créer un réseau de soutien. «Sur la base de mon expérience, je crois que, dans la phase de démarrage, il est préférable d’avoir un mentor», recommande Fayçal Benachou. Le mentor est une personne de qualité, attentionnée, de confiance, et ayant une expérience réussie dans le domaine où le jeune créateur d’entreprise veut se lancer. Le recours aux conseils des proches et des personnes expérimentées permet de tempérer son ambition. «Il ne faut pas se disperser : être clair sur ses objectifs et garder la tête sur les épaules», ajoute le jeune directeur du cabinet Ribatis.

Autre point à souligner : les entrepreneurs ont parfois hâte de décrocher des contrats et réaliser des bénéfices. «Or, entreprendre est un acte qui s’inscrit dans le long terme», rappelle le patron d’Original Invest. Patience et persévérance sont essentiels pour pouvoir tenir sur le chemin de la création de richesse au jour le jour. «Mon entreprise a enregistré une croissance soutenue au niveau RH dès les premiers mois pour faire face aux commandes de nos clients. Or, le corollaire de la croissance est la peur qui hante le manager à chaque fin de mois : suis-je en mesure de payer autant de salaires et de charges sociales?», reconnaît le DG de Global Navigation. Sur ces problèmes quotidiens se greffent ceux de la vie personnelle.

Eviter de changer de train de vie

Les premiers mois nécessitent une mobilisation totale. On ne compte plus les nuits blanches et les week-ends au bureau. Pour les célibataires, cette surcharge peut ne pas avoir d’effet grave sur l’équilibre personnel, sauf, bien évidemment, si le physique ne suit pas. En revanche, pour quelqu’un qui a fondé une famille, l’adhésion du conjoint est essentielle. Dans le cas contraire, le créateur risque des scènes de ménage de nature à refroidir son enthousiasme.

La tentation de tout laisser tomber est courante chez les jeunes entrepreneurs, surtout durant les trois premières années. La vie de l’entreprise est pourtant faite de hauts et de bas. C’est ainsi qu’à côté des interrogations et des obstacles, il arrive aussi à l’entrepreneur de réussir à décrocher des marchés, d’avoir affaire à des clients bons payeurs. Dans ce cas, l’erreur serait de vouloir gagner de l’argent très rapidement et facilement. «C’est une pure illusion. Lors de la facturation, l’idéal est de facturer le coût avec une marge correcte, pas plus», souligne le directeur du cabinet Ribatis. Si les affaires tournent bien, le jeune est aussi tenté de changer de mode de vie. «C’est le piège à éviter : ne surtout pas adopter un train de vie de riches dès le premier règlement encaissé», avertit
M. Benhachou.

Au-delà de ces témoignages, chaque aventure entrepreneuriale reste unique. Les recettes de la réussite ne peuvent servir qu’une fois que l’entrepreneur se met à l’épreuve au quotidien pour mieux relever les défis de la gestion des ressources humaines et des clients.

la vie economique


         
 
                         
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