La place casablancaise est en baisse de 1,2%



La place casablancaise est en baisse de 1,2%

Alors que la place casablancaise est en baisse de 1,2%, celles de Jordanie et d’Egypte sont en hausse de 1,9% et 10,2%. 65 sociétés cotées au Maroc contre 67 en Tunisie, 242 en Jordanie et 385 en Turquie. Le Maroc fait mieux que la Tunisie côté volume, mais demeure loin derrière les autres pays.

 
La Bourse de Casablanca s’est nettement redressée ces dernières semaines. Elle a ramené sa contre-performance depuis le début de l’année à -1,2% à la mi-novembre contre -11% en août, sachant qu’elle avait clôturé l’année 2012 sur une baisse de 15%. La confiance des investisseurs semble donc se rétablir progressivement, compte tenu notamment de la stabilité politique et économique du pays. Cela dit, si la place casablancaise se porte moins mal, elle ne fait pas forcément mieux que les bourses des pays voisins ou à économie comparable qui évoluent pourtant dans un contexte moins favorable. L’Egypte et la Jordanie, par exemple, s’en sortent bien cette année; leurs indices ont enregistré, depuis début janvier, une progression respectivement de 10,2% et 1,9%. Les Bourses de Tunis et d’Istanbul ne se sont contractées que de 2% et 2,70% dans l’ordre en dépit des fortes perturbations politiques et sociales que connaissent ces pays.
 
En effet, la Bourse de Tunis subit de plein fouet le contexte actuel marqué par la multiplication des manifestations, le retard pris dans la formation du gouvernement et dans la mise en place d’une nouvelle Constitution. Cette situation pousse les investisseurs étrangers à liquider leurs positions sur le marché, sachant qu’au début de l’année, les prémices d’un redressement politique les avaient encouragés à s’y repositionner. Ils ne génèrent actuellement plus que 22,3% des transactions avec un solde vendeur, contre plus de 25% au début de l’année.
Il faut dire que «le marché tunisien est spécial. D’un côté, il est représenté dans sa majorité de PME. D’un autre, les investisseurs nationaux détiennent pour la plupart des plans d’épargne actions, ce qui limite leurs sorties du marché au vu des avantages fiscaux qui y sont liés», explique un analyste. Du coup, le volume d’échanges demeure faible à près de 46 MDH en moyenne quotidienne. Ceci n’est pas forcément négatif puisque la configuration du marché tunisien a contribué à limiter sa casse.
 
Huit introductions en Bourse à Tunis, sept à Istanbul et quatre au Caire
 
Cette conjoncture défavorable aurait pu enfoncer davantage le marché si certaines sociétés cotées n’avaient pas pris des mesures afin d’attirer les épargnants. Elles ont ainsi procédé à nombre d’opérations, appréciées par le public, à l’instar des rémunérations exceptionnelles ou des attributions d’actions gratuites. De même, compte tenu du resserrement des conditions de financement par les banques, les sociétés, surtout les PME, n’ont eu d’autre recours que de passer par le marché financier pour lever des fonds. D’ailleurs, 2013 est qualifiée d’année record en termes d’introductions en Bourse avec 8 opérations, ce qui porte le nombre de sociétés cotées à 67. Ainsi, avec une baisse limitée des cours des actions et l’entrée en bourse de 8 sociétés, la capitalisation boursière du marché a atteint 68 milliards de DH.
 
Le marché d’Istanbul affiche, pour sa part, une contre-performance de 2,70% depuis début janvier sous l’effet notamment des différentes manifestations sociales qu’a connues le pays et qui se sont transformées en troubles politiques. Cette contraction n’est que momentanée puisque la bourse turque est connue pour être la plus performante de la région. Pour rappel, elle a progressé de plus de 50% en 2012, soit la plus forte performance au niveau de l’Europe et des pays à économie comparable (à côté de l’Egypte). En outre, la bourse est considérée parmi les plus grandes de la région. Avec une capitalisation de 2 584 milliards de DH, elle draine quotidiennement un volume moyen de 11,4 milliards de DH «qui est amené à augmenter encore plus avec le redressement de la situation actuelle», note notre source. Elle englobe 385 sociétés cotées et a accueilli 7 introductions en bourse au titre de cette année. Par ailleurs, sur le plan économique, les fondamentaux du pays demeurent solides. En effet, L’économie du pays a affiché une croissance de 2,10% sur le 2e trimestre et de 1,50% sur les trois premiers mois de l’année. De plus, Moody’s Investors Service a été la deuxième agence de notation internationale à relever la note de crédit de la Turquie à l’investment grade.

La Bourse d’Amman, elle, se trouve pénalisée par son positionnement dans une région à fortes tensions géopolitiques. Bien qu’elle opère dans un climat interne de stabilité politique et économique, les investisseurs craignent une possible contagion des risques voisins. Quoi qu’il en soit, elle a réalisé une progression de 2% contre une baisse du même ordre à fin 2012. Il faut dire qu’elle est classée en tête de peloton des bourses arabes attractives, vu la part des investisseurs étrangers dans le volume des transactions qui se situe à 37%. Cela tient d’abord au maintien du rythme de croissance économique du pays qui a affiché 3,2% sur le second trimestre de l’année au lieu de 2,6% un trimestre auparavant. Ensuite, la bourse draine des volumes intéressants d’environ 15 milliards de DH, ce qui la place parmi les marchés financiers les plus actifs. Enfin, elle totalise 242 sociétés cotées avec une capitalisation boursière d’un peu plus de 224 milliards de DH et dispose d’une diversité sectorielle importante, ce qui encourage le placement et multiplie les opportunités de réaliser les plus-values.
 
La Bourse du Caire est, quant à elle, un cas particulier, car, en dépit de la fragilité politique et économique du pays et la frilosité des investisseurs, elle a réussi à hisser sa performance à 10,5%. En fait, «le marché demeure soutenu par les investisseurs étrangers arabes», explique un professionnel. D’ailleurs, le poids global des investisseurs étrangers demeure important à près de 25,2% contre 30% au début de l’année 2012. Les échanges sur le marché sont toujours dynamiques et s’élèvent à 962 MDH en moyenne par jour grâce, entre autres, à la mise en place d’un marché à terme qui contribue à améliorer la liquidité de la place et à la préserver contre les renversements de tendance. «Ce marché à terme reste certes petit, mais il joue quand même son rôle et renseigne sur le degré d’avancée d’une place boursière par rapport à une autre», souligne notre professionnel. Par ailleurs, la bourse a accueilli 4 nouvelles sociétés portant le nombre des sociétés cotées à 212 et la capitalisation boursière à 477 milliards de DH. En tout cas, «le marché égyptien regorge d’opportunités de placement, mais il reste très volatil au vu des soulèvements que vit le pays. D’autant que les indicateurs économiques du pays ne sont pas très encourageants», ajoute-t-il. Le taux d’inflation ressort à 11% et le taux de croissance à 2,3% au 2e trimestre. Néanmoins, en cas de reprise économique et politique, il demeure à côté de celui de la Turquie, parmi les marchés de la région qui devraient enregistrer un afflux massif des capitaux étrangers.
 
Finalement, si certains pays de la région pâtissent de tensions socio-politiques internes, notamment l’Egypte et la Tunisie, entraînant ainsi une volatilité de leurs marchés financiers, l’atonie de la place casablancaise tient à d’autres facteurs. C’est en effet le manque de dynamisme des investisseurs, couplé à l’absence de papier frais (aucune introduction en Bourse depuis janvier 2012) ou encore d’incitations fiscales qui ont induit cette léthargie. De plus, les investisseurs étrangers, qui ont déserté le marché progressivement depuis le déclenchement de la crise en 2008, ne sont toujours pas de retour, préférant saisir les opportunités de placement dans d’autres pays émergents. Dans ce contexte, les volumes peinent à se redresser, avec une moyenne quotidienne qui s’établit aujourd’hui à 96 MDH, et une capitalisation boursière qui a fondu comme neige au soleil, à 444 milliards de DH. Les analystes contactés recommandent aux intervenants et aux pouvoirs publics de tirer des leçons des expériences voisines et lancent un appel pour mettre en place les mesures nécessaires afin de redynamiser le marché, surtout que «les investisseurs ne jugent pas une bourse en fonction de ses avancées technologiques, mais plutôt en fonction de sa profondeur et du degré de sa liquidité», met en garde un professionnel.
 

Le Maroc toujours cher par rapport aux pays à économie comparable


Hormis le degré de liquidité d’un marché, les investisseurs prennent en considération son niveau de valorisation. Dans ce cadre, le Maroc demeure toujours cher par rapport aux bourses voisines malgré le cycle baissier dans lequel il s’est inscrit depuis 2008. Ainsi, au moment où le PER de la place casablancaise se situe à 15, il s’établit à 14,4 en Egypte et 14,5 en Jordanie. Il est de 11 en Turquie et de 12,9 en Tunisie.
En revanche, en termes de rendement de dividendes, le Maroc est mieux placé. Le rendement du marché casablancais atteint 4,3% contre 3,8% en Tunisie et 2,5% en Turquie. La Jordanie et l’Egypte restent en tête avec respectivement 4,6% et 6,7%.

 
Ibtissam Benchanna. La Vie éco


         
 
                         
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