La gestion de TPE en période de crise



Problème de trésorerie, baisse du volume d’activité, etc. : la crise financière met à mal les entreprises. Comment y faire face ? Le point avec un expert.

En tant qu’avocat spécialisé dans les affaires de PME en difficulté, quels sont selon vous les bons réflexes à acquérir pour éviter le pire ?

Jean-Charles Simon, avocat chez Simon Associés*, spécialiste des entreprises en difficulté :

En fait, il y a deux situations : quand on intervient avant la crise, avant la cessation de paiement, ou lorsque l’on peut intervenir en amont.
Les TPE-PME ont tout intérêt à intégrer une gestion du risque en interne. Souvent les dirigeants de petites structures ne savent pas que ces stratégies existent. Ce n’est pourtant pas long à mettre en place, et cela se révèle fort utile.

Comment savoir si une entreprise est déjà en situation de crise ? Quels en sont les signes forts ?
Dans mon activité, j’ai recensé une soixantaine d’indicateurs forts. Dès qu’il y a baisse de trésorerie, du chiffre d’affaires, des allongements de délai de paiement, un passif plus ou moins stable, alors, il y a risque…
En terme de prévention, il s’agit tout simplement de surveiller ces indicateurs : son carnet de commandes, son découvert, la part représentée par le plus gros client, etc. Des éléments simples mais qui, surveillés de près, permettent d’indiquer rapidement si l’entreprise court un risque.

Quelle démarche adopter pour une telle stratégie ?
Il faut tout d’abord que le chef d’entreprise sache organiser ses priorités. Le chef d’entreprise doit se poser la question : suis-je capable de gérer ce ce que va m’arriver ? Le plus souvent, évidemment, la réponse est « non ». Le chef d’entreprise devra donc s’entourer des bonnes personnes. Mon premier conseil : arrêtez-vous une journée et posez-vous des questions : quels sont mes principaux problèmes, quel est le niveau de ma trésorerie dans les 6 prochains mois ?
La deuxième étape consiste à se poser la question de l’organisation. Le chef d’entreprise doit instaurer un dialogue avec son expert-comptable, son avocat. Ceci dans un but important : le chef d’entreprise doit prendre du recul, ce qui est très rare dans les PME, contrairement à des entreprises plus grandes où le dirigeant est entouré de managers, de responsables de différents services, etc.
La troisième étape est celle du diagnostic. Souvent, dans une TPE, le dirigeant a les réponses en lui. C’est à ce moment que l’on peut mettre en place différentes actions : augmenter la capacité d’auto-financement, démarcher de nouveaux clients pour se donner de l’air, etc. Quand de vrais problèmes émergent, le rôle de l’avocat est capital pour avoir une autre vision des actions à mener en priorité.

Peut-on attaquer sa banque en cas de problème ?
Oui. Mais en fait, les banques ont fait attention, elles ont suivi des procédures, des ratios. Il est donc difficile de les attaquer. La responsabilité du « banquier dispensateur de crédit » peut difficilement être mise en cause aujourd’hui après le abondantes jurisprudences qui ont fait suite à la crise immobilière et à l’explosion de la bulle internet.

Quelle est votre analyse du contexte de crise que traverse notre économie ?
Aujourd’hui, tout le monde a peur. Même si l’activité des entreprises ne baisse que de 10 %, tout le monde réagit comme s’il s’agissait d’une chute de 30 à 40 % ! Nous ne sommes pas encore dans un contexte de dégringolade généralisée de l’activité. Mais il est vrai que je suis assez pessimiste sur l’avenir d’un système qui a par ailleurs montré ses limites. Depuis 6 mois, j’ai noté une très fort hausse des PME en difficulté qui viennent me voir. Et ce ne sont pas que des petites entreprises, au contraire : le paysage de l’entreprise en difficulté a profondément évolué.


Les points clés à retenir :

1 : Anticiper les difficultés en surveillant de près des indicateurs clés (client, trésorerie, marché…)
2 : Prendre du recul : un chef de TPE a souvent la « tête dans le guidon ». Ne pas hésiter à s’arrêter une journée entière pour se poser les bonnes questions.
3 : Mettre en place une cellule de crise : dans une TPE, cette « cellule » peut être constituée de salariés issus de différents services, associés à un expert-comptable par exemple.
4 : Savoir déléguer et s’entourer de conseils : clubs de chefs d’entreprise, experts-comptables, avocats, coachs vous aideront à vous poser les bonnes questions et à introduire des réponses adaptées.
5 : Communiquer : la communication en interne et en externe est aussi importante que la gestion de trésorerie en période de difficulté.


tpe-pme


         
 
                         
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