La demande extérieure et l’agriculture devraient favoriser la reprise en 2013



La demande extérieure et l’agriculture devraient favoriser la reprise en 2013
L’exercice de prévision est classique en cette période de l’année. Le prochain exercice inspire déjà aux spécialistes diverses lectures sur les indices de performances de l’économie, selon les secteurs. Dans cette perspective, le Haut commissariat au Plan (HCP) a publié récemment une note d’analyse dans laquelle il donne sa vision de ce que nous réserverait 2013. Notamment un taux de croissance de 4,3%, qui serait, explique-t-on, un des taux les plus élevés dans la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et relativement proche du niveau enregistré en 2011, en l’occurrence 5%.Ce niveau prévisionnel de croissance, explique-t-on au HCP, est attribué à une reprise des activités du secteur primaire de l’ordre de 5,8% par rapport à l’année en cours, ainsi qu’au maintien du dynamisme des activités non agricoles. Les activités du secteur secondaire dégageraient, pour leur part, une valeur ajoutée en progression de 4,9% en 2013 au lieu de 4,4% en 2012, mais le secteur tertiaire afficherait 3,7% au lieu des 4,2% actuels.

Un contexte international difficile

Concernant l’évolution en volume des emplois du produit intérieur brut (PIB), la contribution de la demande intérieure à la croissance globale de l’économie s’élèverait à 6,2 points en 2013 contre 3,5 points en 2012, à la suite de l’augmentation de la consommation des ménages de 4,5% en volume au lieu de 2,3% cette année. L’évolution de l’économie nationale en 2013 serait à mettre principalement au crédit de la demande mondiale adressée au Maroc et qui promet d’évoluer à la hausse de 4% contre 2,2% en 2012. Elle serait aussi imputable à la production céréalière moyenne au titre de la campagne agricole 2012-2013 qui devrait tourner aux alentours de 70 millions de quintaux, selon les spécialistes. Il faut mettre tous ces paramètres dans leur contexte international et rappeler que le climat économique mondial n’est en ce moment guère au beau fixe, ce qui signifie que tout ne sera pas rose pour le Maroc. À titre d’exemple, l’inflation qui risque de repartir en 2013 à la hausse, passant de 2,1% aujourd’hui à 2,6% l’année prochaine. Sous l’effet de l’augmentation des importations, un creusement du déficit en matière de financement de l’économie et une baisse de l’épargne nationale sont appréhendés.

Le décalage entre le taux d’épargne nationale (26,3% du PIB) et le taux d’investissement brut (35,6% du PIB) générerait, pour sa part, un besoin de financement de l’ordre de 9,3% du PIB, après le niveau de 8,6% enregistré cette année. «Ces déséquilibres se traduiraient par la baisse du stock des réserves en devises qui devraient couvrir 3,9 mois d’importations des biens et services en 2012 au lieu de 5,1 mois en 2011. Compte tenu du rôle des avoirs extérieurs nets (stock de devises) dans les contreparties de la masse monétaire, les tensions sur la liquidité continueraient de marquer le secteur bancaire cette année, exigeant la poursuite des interventions de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire», explique-t-on notamment dans l’analyse développée par le HCP.

Prônant la prudence, celui-ci précise par ailleurs qu’«avec des taux de plus en plus élevés et devenus de toute évidence insoutenables, les besoins de financement de notre modèle de développement, selon les estimations pour 2012 et les prévisions pour 2013, soumettraient les marges de manœuvre des politiques budgétaires et monétaires à rude épreuve dans un contexte international marqué par des incertitudes géoéconomiques, financières et politiques, croissantes». C’est dans ce contexte que le train de réformes institutionnelles, entreprises par le Royaume, prend toute son importance. C’est aussi ce train de réformes qui donne au pays ses capacités de résilience face à la crise ambiante à l’international. Ces réformes, rappelons-le, devraient permettre au Maroc d’assainir ses Finances publiques, de moduler les programmes et les plannings de ses investissements publics, de rompre avec l’économie et les situations de rente au profit d’une meilleure mobilisation de l’épargne et de l’investissement productif.

Les prévisions du Haut commissariat au Plan pour l’exercice 2013 font, pour finir, de la place aussi à des projections réalistes en matière de salaires et de pouvoir d’achat. Dans un modèle basé sur la demande finale intérieure, où la création d’emplois est passablement moyenne en ce moment, l’impact sur la balance commerciale risque d’être important, surtout qu’une grande partie de la demande est satisfaite par les importations. Les experts prévoient d’ailleurs une dégradation de la balance commerciale de 0,64% vers 2015 si la dynamique du commerce extérieur n’est pas repensée dès aujourd’hui. Chose qui promet, soulignons-le, d’être amorcée en 2013 avec plus d’énergie. Et pour cause : une stratégie réaliste, mais agressive est en cours d’élaboration pour booster l’export et, ce faisant, mieux équilibrer la balance commerciale.

Repères

Une augmentation de la consommation des ménages est prévue autour de 4,5% en 2013 au lieu des 2,3%, cette année.
La production céréalière moyenne au titre de la campagne agricole 2012-2013 devrait tourner aux alentours de 70 millions de quintaux.
Une dégradation de la balance commerciale de 0,64% est prévue vers 2015 si la dynamique du commerce extérieur n’est pas repensée dès aujourd’hui.


Ilham Lamrani Amine, Le matin


         
 
                         
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