La communication interne en quête de reconnaissance



La communication interne en quête de reconnaissance
Souvent ballottée entre les fonctions RH et la communication externe son rôle est sous-estimé.
Stratégique a plus d’un titre, elle permet de désamorcer des conflits et de mieux impliquer le personnel dans la vie de l’entreprise.Une triple compétence exigée pour y réussir

Denos jours, le fait de communiquer au sein même de l’entreprise est devenu indispensable. Que ce soit pour dévoiler de nouveaux projets, désamorcer une crise, améliorer la cohésion d’une équipe ou pour décloisonner les différents services ou encore lorsqu’il est question de restructuration, de suppressions d’emplois. De plus en plus usitée dans les grandes entreprises, la communication interne joue à la fois le rôle de chaîne de transmission d’information transversale en même temps qu’elle est censée donner un feed-back sur le pouls des troupes.
Que l’on sonde l’encadrement moyen ou le personnel d’exécution, les réponses sont toujours les mêmes : ils souhaitent être informés directement sur l’évolution de l’entreprise et ses enjeux, ainsi que sur la politique de l’emploi et des salaires.
Bref, aussi bien côté de l’entreprise que celui des salariés, l’importance de la communication interne est systématiquement mise en avant. Mais dans la réalité, il faut bien le dire, le poids de cette fonction est souvent beaucoup moins significatif que celles des autres dans les décisions stratégiques et son contenu limité au strict minimum. Dans beaucoup d’entreprises, les petites et moyennes en particulier, si elle existe, la fonction est confiée aux directeurs des ressources humaines ou de la communication.
Un enquête menée en 2004 par le cabinet Diorh sur la fonction RH corrobore cet état de fait : la fonction «com’ interne» reste le maillon faible de la structure RH, même si plus de la moitié des 105 entreprises sondées dispose d’un plan de communication interne (précisons que plus de la moitié d’entre elles sont des multinationales). Cette enquête nous apprend que les réunions sont citées dans 90% des cas comme moyen d’information. Les entreprises utilisent également les notes écrites ou les tableaux d’affichage respectivement dans 88 et 84% des cas. L’intranet ne vient qu’en quatrième position avec 71 %.

Profession : parler de la vie de l’entreprise
La communication interne n’est pas utilisée uniquement pour les besoins directs de l’activité. Elle permet aussi d’encourager l’esprit d’équipe. Près de 70,2 % des entreprises organisent des repas en groupe ou des soirées conviviales. Les compétitions sportives (42,6 %), les récompenses incitatives (48,9 %) ou encore les journées team building (38,3 %) renforcent la cohésion des équipes. Les chartes ou les projets d’entreprise ne sont pas en reste. Plus de 60 % des entreprises les ont. Toutefois, l’élaboration de tels projets est pour la plupart effectuée par les dirigeants (57,8 %). L’ensemble du personnel n’est impliqué qu’à hauteur de 32,8 %.

Et le responsable communication interne dans tout cela ? Son travail consiste avant tout à parler de la vie de son entreprise. Dans une société bien structurée, c’est théoriquement un poids lourd qui a l’oreille du DG et qui maîtrise parfaitement les différents produits et métiers ainsi que le cadre institutionnel dans lequel agit l’entreprise. Il fait partie des premiers à devoir monter au front pour rassurer et expliquer la démarche de l’entreprise en cas de problème. Cela requiert de la réactivité et un grand sens de la persuasion. Mais il lui faut aussi savoir anticiper pour faire en sorte qu’on n’en arrive pas à de telles situations. «Une action de communication mal négociée peut provoquer des dégâts», prévient Meriem Tadlaoui, responsable communication dans un office public.

Rédaction de lettres d’information à destination des employés, réalisation de vidéos montrant le fonctionnement de tous les services de l’entreprise, organisation de séminaires, préparation des discours officiels : le champ couvert par le chargé de la communication interne est extrêmement vaste.
Mais ce n’est pas tout. Le responsable de communication interne doit désormais posséder une triple compétence : en communication et en information, mais aussi en ressources humaines et en technologies de l’information. Une telle fonction requiert une expertise très pointue en matière de développement du contenu du site internet, journaux internes, revues et communiqués de presse, conventions des cadres, séminaires, incentives ainsi qu’une cohésion avec le département ressources humaines. C’est un métier à part au sein de l’entreprise. «Malheureusement, ces missions sont souvent réparties entre les responsables RH et les chargés de communication externe», fait noter Meriem El Kerzazi, responsable recrutement au sein du cabinet Diorh.

De manière générale, ce sont les candidats issus d’écoles de journalisme, de formation RH ou de communication qui sont aptes à exercer dans la fonction. Côté perspectives de carrière, les opportunités sont fonction de la taille de l’entreprise. On trouve des chargés de «com’ interne» qui peuvent basculer vers les ressources humaines ou le marketing. Certains profils peuvent, tout au plus, prendre en charge des responsabilités plus importantes ou des budgets plus importants à gérer. La rémunération varie selon le secteur et la taille de l’entreprise. Par exemple, dans une grande entreprise, elle peut atteindre 15 000 DH nets. Ce salaire descendà 8 000 DH dans une PME.

Fiche technique

Tout sur le poste

Mission. Rattaché au directeur de la communication, à la direction générale ou à la direction des ressources humaines, le responsable de l’information et de la communication internes assure la communication, entre les différents services, mais surtout entre la direction et les salariés, et vice-versa. Parmi ses actions : faire connaître l’entreprise et ses produits ou services à tous les salariés, couvrir toute l’actualité de l’entreprise, et s’occuper de la communication sociale de l’entreprise. Mais son rôle ne se limite pas à communiquer vers les salariés. Il doit aussi faire remonter l’information vers les hautes sphères de l’entreprise. Ainsi, il doit recueillir le sentiment de chacun et le communiquer au sommet. Cela permet aux dirigeants de comprendre comment telle situation est perçue, d’améliorer la gestion du personnel et, surtout, de répondre aux préoccupations des salariés.

Qualités requises. Diplomatie, charisme, capacité d’écoute et de compte-rendu, sens du contact, bonne expression orale et écrite ainsi qu’un sens développé de l’initiative.

Formation. Plusieurs formations peuvent convenir à ce métier notamment en ressources humaines, études en journalisme ou en communication.

Salaire. De 6 000 à 8 000 DH nets pour un débutant. Après expérience, les salaires peuvent dépasser les 10 000 DH nets.
source : enquête DIORH fonction RH, 2004


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