La Sonasid inaugure de nouvelles possibilités d’approvisionnement

La Sonasid ouvre la voie vers un nouveau mode d’approvisionnement en acier en procédant à un démantèlement d’un bateau immobilisé au port de Dakhla. Une initiative pionnière au Maroc qui renouvelle l’engagement environnemental du sidérurgiste national.



La Sonasid inaugure de nouvelles possibilités d’approvisionnement
La Sonasid, acteur majeur de la sidérurgie au Maroc, ne tarit pas d’idées pour combler la demande croissante en matière de ferraille au Maroc. La plus récente et la plus notable est le démantèlement du «Rémora», bateau frigorifique de 15 m de long, immobilisé au port de Dakhla depuis 2008. L’acquisition de l’embarcation s’est faite lors d’une vente aux enchères organisée en mai 2012 afin de désengorger les quais du port. L’acquéreur a ensuite rapatrié le vaisseau, qui n’était plus apte à naviguer en raison d’une avarie dans son système de réfrigération, vers le port de Jorf Lasfar, proche de l’une des aciéries appartenant à Sonasid. Cette initiative louable est une première au Maroc, car l’objet de cet achat n’est autre que la récupération de l’acier composant l’épave du «Remora» et de le réintégrer dans le cycle de production sidérurgique, tout en rendant un fier service à l’environnement et en sécurisant la navigation maritime. Autre point positif, La Sonasid s’affranchit également de la nécessité d’importer de l’acier pour couvrir la demande actuelle.

Une démarche écologique et économique

Pour sa première expérience de recyclage de bateaux, la Sonasid a joué la carte de la prudence en faisant le choix de se conformer aux normes européennes. En amont l’ANP et Sonasid ont mis en œuvre les conditions de sécurité nécessaires pour préparer l’opération d’amarrage du bateau en cale sèche.

Le «Remora» a dans un premier temps été vidé de tout son fuel recyclé dans le four du laminoir de Jorf Lasfar. Toutes les ouvertures du bateau ont ensuite été colmatées pour éviter toute entrée d’eau, et les éléments mobiles fixés pour garantir la stabilité du bateau et sécuriser son transport en mer. Cette opération dite de toilettage a été auditée par un bureau de contrôle agréé. Après son avis favorable, le bateau a pris le large, remorqué jusqu’au port de Jorf Lasfar après une traversée de 7 jours. Une équipe de près de
30 personnes à temps plein a été mobilisée durant toute la période de découpage au port de Jorf Lasfar. Trois mois d’efforts pour démonter un géant d’acier, par blocs de 15 tonnes. Ces blocs d’acier sont ensuite acheminés au site de Sonasid à Jorf Lasfar pour les redimensionner par oxycoupage puis transportés dans le parc à ferraille et introduits dans le four de l’aciérie pour fusion.
Près de 1 700 tonnes de ferrailles de bonne qualité ont pu être recyclées pour produire son équivalent en acier liquide.

Une option pour couvrir la demande

La réhabilitation du «Rémora» pourrait ouvrir la voie vers de nouvelles options d’approvisionnement en acier au Maroc. Sonasid voit sa demande s’accroître depuis 2005 et a consenti à investir dans deux nouvelles aciéries, dont celle de Jorf Lasfar pour la bagatelle d’un milliard de dirhams. Mais dans un marché fortement dominé par la Chine (350 millions de tonnes d’acier par an, soit 31% de la consommation mondiale), il devient difficile de s’approvisionner.
L’option du démantèlement de bateaux pourrait réduire le recours à l’import de matière première tout en promettant une source d’approvisionnement à bas prix. Une vision enthousiaste qu’il faudra tempérer, car le recours massif à une telle pratique dépend largement de la disponibilité des épaves et de la capacité de Sonasid à se conformer aux normes environnementales nécessaires pour le démantèlement à grande échelle, sans pour autant impacter les coûts de production d’acier.
 

La Sonasid, un habitué de la récupération

La Sonasid n’en est pas à ses premiers pas dans l’art de récupération de matériaux. Sonasid entreprend de commercialiser la scorie noire, un coproduit ou résidu du four électrique qui est utilisé avec succès depuis plus de 20 ans en Europe et en Amérique du Nord comme stabilisant dans la construction des routes et autoroutes. L’entreprise propose une alternative au granulat nécessaire pour la construction de routes, allégeant le recours aux carrières. Sonasid produit 100 000 tonnes de scories par an, ce qui correspond à une trentaine de kilomètres de routes/an et une première route expérimentale de 2 km a déjà été réalisée fin 2012 pour relier le douar Lakouacem (commune Moulay Abdellah à El-Jadida) à la route nationale n° 1 (El-Jadida - Safi) en utilisant la scorie.

Repères

  • 40% de la consommation d’acier de Sonasid vient des fournisseurs locaux (ferrailleurs).
  • Sonasid répond à une demande annuelle dépassant les 700 000 tonnes (53% du marché en 2010).

Yassine Ahrar, LE MATIN


         
 
                         
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