L'industrie textile est menacé par les importations en sous-facturation et la contrebande



L'industrie textile est menacé par les importations en sous-facturation et la contrebande
Le durcissement du contrôle aux frontières n'a pas encore permis d'endiguer les pratiques anti-concurrentielles. Peu compétitifs, les industriels locaux disent se garder d'investir. En dehors du plan de soutien au secteur annoncé en septembre 2011, aucune autre forme d'aide n'est prévue par l'Etat.

L’amont du secteur textile (filature, tissage, teinture) est menacé. «On peut considérer qu’il est quasi inexistant dans la mesure où les industriels importent la quasi-totalité de leurs intrants alors qu’il est possible de les fabriquer localement !», déplore Mustapha Sajid, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) qui ajoute que «sans amont textile, il ne peut y avoir d’industrie textile !». Le Maroc a donc, explique en substance le président de l’Amith, tout intérêt à développer cette branche.

Le problème majeur est que l’industrie locale reste peu compétitive par rapport aux produits asiatiques où les importations de certains pays européens, notamment l’Espagne et l’Italie, déclarées selon l’Amith en dessous de leur valeur réelle. Du fait qu’ils n’ont pas payé la totalité des droits de douane, «les importateurs peuvent vendre le tissu à deux dirhams le mètre alors que le prix réel est de 10 DH», fait remarquer un industriel. Cette sous-déclaration concerne surtout les produits asiatiques. Pour ceux qui proviennent d’Europe, le contournement de la règle d’origine permet de réaliser un gain de 25% sur les droits de douane. Les fabricants locaux de tissus et de fils, déjà peu compétitifs, sont désarmés face à ces pratiques et, par conséquent, s’abstiennent d’investir. Certains d’entre eux soulignent que cette concurrence déloyale explique l’échec de grands projets d’investissements comme Legler, en liquidation judiciaire, ou encore Fruit Of the Loom. Et pour le patron d’une grande entreprise de tissage, les problèmes de l’amont ont été aggravés par le démantèlement tarifaire.

Les industriels du textile importent aujourd’hui 80% de leurs intrants

Les industriels prévoient une croissance des importations si rien n’est fait pour contrecarrer l’impact de la sous-facturation et des importations illégales. Et pour preuve, ils évoquent les statistiques de l’Office des changes qui font état d’une hausse de 27,8% des importations de tissus, de fils en coton et fils synthétiques en janvier 2012 par rapport à janvier 2011, à 808,2 MDH. Par exemple, le volume de tissus de coton provenant de l’étranger se monte à 785 tonnes contre 670 tonnes pour le même mois de 2011, soit une hausse de 17%. D’autres demi-produits et produits finis sont à l’avenant.

Pour Mustapha Sajid, il n’est pas question de baisser les bras. En effet, un travail est entamé, depuis deux ans, en collaboration avec le ministère du commerce et de l’industrie et l’Administration des douanes. Il s’agit essentiellement du contrôle des importations en sous-déclaration et du contrôle de la traçabilité des tissus et fils importés. Les résultats sont encore limités. L’Amith estime que d’autres mesures concrètes doivent être prises pour renforcer cette branche. Le Maroc ne peut se permettre, soulignent les industriels, de sacrifier l’amont car il est déterminant pour le développement des exportations textiles et pour répondre à la demande croissante du marché local qui pèse aujourd’hui 40 milliards de DH.

Au ministère du commerce et de l’industrie et des nouvelles technologies (MCINT), on indique que ce pan de l’industrie textile n’est certes pas compétitif mais qu’il n’est pas non plus dans une situation critique. Des mesures spécifiques de soutien ne sont donc pas à l’ordre du jour, explique un responsable.
A ce jour, le seul dispositif qui existe est intégré dans le plan de soutien du secteur annoncé en septembre 2011 par les pouvoirs publics et qui permettrait au secteur de surmonter ses fragilités. Ce plan est basé principalement sur  l’encouragement à deux types d’opérateurs : les agrégateurs pour doper les exportations et les converteurs pour assurer la disponibilité des matières premières. Le converteur intervient en amont du secteur, dans les filières de la filature, du tissage, du tricotage et du traitement de la matière (teinture, impression et apprêt). Il doit aussi répondre à des critères pointus. Un converteur est tenu de réaliser au moins 200 MDH de chiffre d’affaires additionnel à l’horizon 2016, contribuer à la création des matières finies et des tissus, et permettre le développement des produits. Sa stratégie doit comporter une offre de services et de produits concurrentiels de même qu’une politique d’approvisionnement identifiant les fournisseurs et définissant le niveau de stock optimal. Dans une première phase l’objectif était de sélectionner trois converteurs, cinq agrégateurs et cinq distributeurs. L’évaluation et la sélection des candidatures sont confiées au cabinet Valyans retenu sur la base d’un appel d’offres du MCINT. Le processus a été apparemment perturbé par le changement  de gouvernement. En attendant, les industriels de l’amont sont obligés de compter sur leurs propres moyens pour survivre.

Aziza Belouas
www.lavieeco.com



         
 
                         
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