L'économie réelle marocaine à l'abri des retombées néfastes de la crise financière mondiale



L'économie réelle marocaine à l'abri des retombées néfastes de la crise financière mondiale
L'économie réelle marocaine est bien protégée des retombées néfastes de la crise financière mondiale, grâce à des facteurs endogènes politiques et macroéconomiques lui évitant de subir de plein fouet l'impact de la conjoncture de récession émanant des pays les plus développés, a affirmé M. Josep Pique, ancien ministre espagnol et expert international dans l'Immobilier.

S'exprimant mardi à Casablanca lors d'un séminaire organisé par l'Association pour le Progrès des dirigeants (APD), en partenariat avec la CGEM, sur "les mutations du marché immobilier international : quelles opportunités d'investissement immobilier et touristique pour le Maroc", M. Pique a expliqué que l'une des caractéristiques de l'économie marocaine est le secteur immobilier qui recèle d'énormes atouts en termes d'investissements notamment étrangers.

Cependant en Espagne, a-t-il noté, le secteur immobilier est entré dans un cycle de stagnation avec un volume de stock supérieur à un million de logements non vendus.

Abordant les causes directes de ce phénomène hispano-espagnol, l'expert avance que la capacité de résorption du marché domestique est limitée à 300.000 logements.

Pour lui, cette limite devrait être lue comme un prélude d'une récession accompagnée d'une rétraction de la demande intérieure dans un contexte macroéconomique marqué par une espèce de méfiance manifestée, en premier lieu, par les consommateurs, les épargnants et les investisseurs potentiels vis-à-vis du secteur.

A cela s'ajoute un autre phénomène nouvellement intrinsèque à l'éclatement de la bulle immobilière, à savoir la perte de confiance des établissements bancaires occidentaux en leurs propres capacités de sortir de cette tourmente financière tout en s'appuyant sur leurs moyens propres, sans faire appel, par conséquent, au secours étatique.

Donc "à quelque chose malheur est bon", l'économie marocaine sortira saine et sauve, pour ne pas dire très renforcée, de cette grave crise financière que le monde n'a jamais connue depuis celle de 1929, à une seule condition que le Maroc passe, sans tarder, à l'élaboration d'un plan d'action destiné à vulgariser ses énormes atouts économiques aux investisseurs étrangers, notamment ceux des pays du Golfe, a-t-il lancé.

Ce qui corrobore cet optimisme est que l'économie mondiale est en passe de vivre un basculement vers le sud, a-t-il estimé, notant que dans un avenir très proche, on verra que la part actuelle de productivité économique des pays les plus industrialisés, communément appelés G7, passera de 70 pc à 40 pc.

Selon M. Pique, cette mutation fait que les pays fortement industrialisés deviendront par la force des choses de plus en plus importateurs de produits des pays émergents dont fait partie le Maroc qui dispose d'offres largement diversifiée destinées à l'exportation. Voilà donc pourquoi, selon lui, l'économie réelle marocaine ne sera pas touchée au même degré que les économies des pays occidentaux.

Par ailleurs, le séminaire a été marqué par d'autres interventions focalisées sur la dynamique des secteurs immobilier, touristique et bancaire.

S'agissant de l'immobilier, l'accent a été mis sur la solvabilité de ce secteur qui reste loin de satisfaire une demande en accroissement continu stimulé par une forte urbanisation que connaît le Maroc.

Pour M. Youssef Ben Mansour, président de la Fédération Nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), si l'Espagne a un surplus de 100.000 unités de logement qui ne trouvent pas dans l'immédiat d'acquéreur, le Maroc souffre, au contraire, d'un déficit estimé par les professionnels à 100.000 logements sociaux, malgré les efforts louables fournis par des entreprises nationales.

Cela veut dire clairement, poursuit-il, qu'il y a de la place pour d'autres entreprises nationales et étrangères voulant investir dans l'immobilier, l'un des secteurs clés du développement au Maroc.

Pour lui, le secteur du bâtiment est appelé vivement à relever le défi lancé par la Vision 2010 qui ambitionne d'atteindre les 10 millions de touristes en 2010, et qui a été renforcée par l'élaboration des axes de la vision 2020.

MAP
Mardi 25 Novembre 2008


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