Jouer sur la rémunération pour motiver les équipes



En cette période, ne nombreux collaborateurs s'attendent à un cadeau de fin d'année de la part de leurs employeurs. Et pour cause, si les entreprises profitent du mois de décembre pour faire l'inventaire et faire le bilan des réalisations afin de mettre en place les objectifs attendus pour 2012, les collaborateurs eux font le point sur les efforts fournis et les prouesses accomplies pour prétendre, soit à de nouvelles fonctions, si l'organisation de l'entreprise le permet ou à défaut à une revalorisation du salaire ou encore une augmentation de la rétribution.

C'est dire que l'employeur doit penser deux fois avant de prendre telle ou telle décision, car il y va de la compétitivité de la société. Et pour cause, des employés satisfaits et épanouis surprennent même leur boss par la qualité du travail fourni et le degré d'implication, toujours dans la bonne ambiance. En effet, si l'entreprise dispose d'une équipe performante et harmonieuse, tout marchera comme sur des roulettes. De même, cela permettra de développer un sentiment d'appartenance qui propulsera la société aux premiers rangs, au niveau national et pourquoi pas au niveau international.

A contrario, des salariés opprimés ou encore mal payés ne peuvent donner le meilleur d'eux-mêmes s'il n'y a pas de reconnaissance de la part des patrons. Résultat, la qualité baisse d'une manière très visible, au grand bonheur de la concurrence qui n'attend que ce moment de faiblesse pour récupérer les parts de marché. Pis encore, ces mêmes concurrents viennent débaucher les bons éléments qui sont mécontents et qui aspirent à une situation meilleure.
Certes, c'est la loi du marché. Les plus forts détiennent les rênes et les faibles restent à la traîne en attendant des jours meilleurs où ils pourront prendre le dessus, mais pour cela il faut se réveiller tôt et se doter de tous les ingrédients pour atteindre cet objectif.

Heureusement qu'au Maroc tout n'est pas noir. Il y a des entreprises structurées qui savent valoriser le capital humain, car à technologie égale, ce sont les hommes et les femmes qui créent la différence. Dernièrement, le palmarès du meilleur employeur a primé cinq société. Ce sont leurs employés qui leur ont donné cette chance pour se distinguer en tant que meilleure place où il fait bon de travailler. Cette initiative permettra d'améliorer davantage les pratiques RH exercées dans les entreprises nationales et de donner plus de visibilité aux personnes qui aspirent à plus de bien être en plus d'un bon package rémunération.
Les entreprises qui l'ont compris profitent de cette fin d'année pour récompenser les plus méritants et les encourager de plus en plus pour donner le mieux d'eux-mêmes. Leurs boss vont même jusqu'à jouer sur la rémunération variable pour motiver les équipes afin de les encourager à fournir plus d'effort pour atteindre des objectifs réalisables, car à la fin c'est une opération win-win. Il n'y a rien de telle que le fait de faire de la méritocratie le pilier de la réussite de l'entreprise, comme nous l'explique Ali Serhani Consultant RH & Directeur Associé au Cabinet GESPER Services.


«Toutes les entreprises structurées parlent de fixe et de variable ou bonus»

Ali Serhani, Consultant RH & directeur associé-Cabinet RH Gesper Services

Comment les patrons peuvent-ils faire de la rémunération variable une source de motivation ?
Pour aller droit au but je dirais Oui et ce, lorsque la rémunération variable proposée est très attrayante cela ne sera pas uniquement une source de motivation. En deux mots le message de l'employeur à l'adresse de son salarié est très clair : «si l'entreprise gagne via tes résultats tu gagneras aussi et pas uniquement des clopinettes» donc c'est un rapport gagnant-gagnant qui est établi entre les deux. Il faudrait que cette rémunération soit tellement alléchante que le salarié travaillera comme un forcené pour l'obtenir même s'il a un très bon salaire fixe. Bien sûr il ne faut pas demander l'impossible au salarié. Il ne faut pas lui assigner des objectifs que même «Hercule», s'il était parmi nous, ne pourrait atteindre. Il faut lui demander le «top du top» des résultats mais dans la limite de ce que la raison peut accepter. Par contre si le salarié est un bras cassé autant le remercier. Et si l'entreprise elle-même est une «poubelle» plutôt qu'une entreprise alors le salarié se devra rapidement de fuir avant qu'elle ne pollue son esprit et mette en péril ses compétences et ses qualités.

Quels sont les éléments de rémunération les plus utilisés ?
Actuellement, toutes les entreprises structurées parlent de fixe et de variable ou bonus. Pour rappel, nous ne parlions de variable, il y a de cela quelques années, que lorsque il était question des commerciaux. Aujourd'hui la majorité des entreprises structurées proposent à tous les salariés, quelle que soit leur fonction, une partie variable qui est versée en fonction des résultats réalisés par tout un chacun. Exemple : Une excellente campagne de communication permettra au Directeur de la communication et à son équipe de recevoir un excellent bonus annuel, notamment si l'image de l'entreprise a été rehaussée grâce à une excellente campagne de communication. Un Directeur des Achats et/ou de Logistique percevra une excellente commission si la politique d'optimisation des coûts a permis à l'entreprise de faire d'excellentes économies lesquelles, en temps de crise et dans certains cas, mettent les entreprises à l'abri du besoin de financement externe.
Ils demeurent bien entendu que les Rois des commissions restent les commerciaux (Directeurs, Responsables, Agents commerciaux), ce qui est tout à fait normal car plus l'entreprise vend plus le chiffre augmente et ne l'oublions pas la raison d'être d'une entreprise c'est de faire du profit rien que du profit, bien sûr après avoir honoré ses obligations légales, fiscales, sociales et parfois même, par les temps qui courent, où l'on parle beaucoup de solidarité et de RSE, d'honorer ses obligations sociétales.
Pour clore, nul besoin de m'attarder sur les éléments classiques de la rémunération, à côté des salaires fixe et variable de la rémunération classique, que sont certains avantages en argent et/ou en nature ou sous forme de financements onéreux de formations diplômantes.

En cette fin d'année, les collaborateurs s'attendent à un «cadeau» de la part de leur Boss. Vu la crise que connaissent certaines entreprises, comment leur faire passer le message que pour cette année par exemple il n'y aura «rien» sans, bien sûr, créer un climat de méfiance ?
Vous savez il y a un proverbe marocain que j'affectionne beaucoup et qui dit que «parfois les choses sont tellement visibles que même un aveugle pourrait les voir».
Nous sommes alors devant deux cas. Le premier : L'entreprise se porte très mal et tout le monde le sait aussi bien en interne qu'en externe. Par conséquent, pas besoin de vous faire un dessin pour comprendre que tout va mal. Donc, dans ce cas, si les salariés ou leurs délégués demandent un cadeau ou des primes alors là autant leur trouver un psychiatre et le plus rapidement possible. Qu'ils remercient le ciel qu'ils perçoivent toujours leur salaire et qu'ils n'ont pas été licenciés pour baisse d'activité.

Deuxième cas : L'entreprise se porte bien et l'employeur veut jouer à l'imbécile en voulant se montrer malin et en faisant croire que tout va mal pour ne pas augmenter ses salariés ou leur verser une prime et pendant ce temps ils récupèrent des dividendes plus qu'alléchants. Dans ce cas le climat social sera et restera exécrable vu que l'employeur est, passez-moi l'expression, un «menteur». On ne lui demande pas de partager les gains mais tout simplement d'encourager les plus méritants en leur versant une part des bénéfices et faire de la méritocratie le pilier de la réussite de l'entreprise. Donc ce n'est pas sorcier. Tout est clair : il suffit, aussi bien du côté des salariés que celui des employeurs, de bien ouvrir les yeux et d'avoir un peu de bon sens.

Comment éviter qu'une décision à l'encontre des attentes des collaborateurs soit une source de démotivation et cause une baisse de la productivité ?
A mon avis, cette question vient compléter la précédente. Je pense que tout dépend de la communication. Il faut savoir communiquer à temps et bien, c'est-à-dire pas de langue de bois que cela soit avec le personnel, les délégués ou les syndicats, au sein de l'entreprise.
Quand la situation est catastrophique dites-le et faites partager vos problèmes avec votre personnel sinon le navire coulera et avec lui le sort de plusieurs familles. Il faut tout expliquer au personnel via les soupapes que sont la DRH et les délégués du personnel. Si vous communiquez et si vous êtes transparent vous n'aurez jamais de problèmes ni avec votre personnel ni avec vos syndicats ni avec vos fournisseurs. Cependant si vous êtes le genre de personne à avoir un double langage et bien, à vous de récolter ce que vous avez semé avec toutes les conséquences que cela peut engendrer comme problème tels que les grèves par exemple.

Que conseillerez-vous aux managers ?
A mon humble avis, posez-vous la question si vous êtes effectivement des managers au sens moderne et éthique du terme. Si la réponse est un «oui» incontestable, je leur demanderai alors de passer à l'étape suivante qui consiste uniquement à méditer sur cette citation de l'ancien Président américain Théodore Roosevelt : « Le meilleur manager est celui qui sait trouver les talents pour faire les choses, et qui sait aussi réfréner son envie de s'en mêler pendant qu'ils les font.» Les derniers mots de cette citation sont très importants car nous avons parfois cette tendance dans notre pays à tout vouloir contrôler jusqu'à brimer les compétences au sein de l'entreprise sans oublier de toujours vouloir contrôler l'information en se disant que «celui qui détient l'information détient le pouvoir» alors qu'en fait, dans une entreprise, on ne détient rien sauf que l'on retarde la résolution de certains problèmes qui finissent par nous exploser en pleine figure à un moment où l'on ne s'y attend pas.
   
   
   
   


         
 
                         
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