Irrigation : 400 millions de DH pour le pompage solaire

Le pompage solaire a été intégré aux initiatives déjà lancées et visant l’économie d’eau en irrigation. Une rencontre, présidée par les ministres Aziz Akhannouch et Fouad Douiri, est prévue ce lundi à Rabat pour éclairer l’opinion publique sur ce projet.



Irrigation : 400 millions de DH pour le pompage solaire
Entreprises agricoles, optez pour un pompage à énergie solaire. Et l’État vous aidera. 400 millions de DH sont en effet mobilisés afin de permettre aux agriculteurs de s’équiper de pompes à eau fonctionnant grâce à l’électricité produite à partir de panneaux solaires. L’irrigation devient de cette manière moins coûteuse et donc plus accessible, d’autant plus que le Maroc jouit d’un gisement solaire considérable avec plus de 3 000 heures par an d’ensoleillement, soit une irradiation de près 5 kWh/m²/jour.
Pour convaincre, les différents partenaires associés au Programme national de promotion du pompage solaire dans les projets d’économie d’eau en irrigation se donnent rendez-vous ce lundi à Rabat au siège du ministère de l’Énergie. Un programme qui, pour rappel, a fait l’objet d’une convention conclue à l’occasion des Assises de l’agriculture tenues à Meknès le 23 avril. Les partenaires sont le gouvernement, en l’occurrence les départements de l’Agriculture et de l’Énergie, l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE) et le Crédit Agricole du Maroc (CAM). Cette rencontre, devant être présidée par les ministres Aziz Akhannouch et Fouad Douiri, a donc pour objectif d’éclairer l’opinion publique sur ce projet «prometteur pour notre pays», selon le ministère de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement.
D’après l’ADEREE, les systèmes de pompage solaire ont confirmé, sous d’autres cieux, leurs viabilité, compétitivité et maturité dans les exploitations agricoles. Raison pour laquelle le pompage solaire a été intégré aux initiatives déjà lancées visant l’économie d’eau en irrigation. Ce projet permettra l’installation d’un parc de 3 000 systèmes photovoltaïque de pompage, dont la puissance totale cumulée installée serait de l’ordre de 15 MW-Crête, et intervient au niveau de plusieurs axes complémentaires. D’abord, l’axe Labellisation et normes, à travers l’élaboration des spécifications et des normes de qualité, exigibles pour les systèmes de pompage solaire de l’eau à des fins d’irrigation, et la labellisation et certification des équipements performants. Ensuite, le projet porte sur le renforcement des capacités en mettant en œuvre des modules de formation spécifique, ainsi qu’un accompagnement et un appui technique. Puis, le volet Communication et sensibilisation, via des campagnes ciblées auprès des agriculteurs, des entreprises agricoles et de leurs organisations professionnelles représentatives. Enfin, le projet intègre un soutien financier à travers, notamment, une aide spécifique de l’État, couplée à un crédit consenti par le groupe CAM.
À en croire un spécialiste d’installations des dispositifs photovoltaïques, la subvention reste conditionnelle.
Il est ainsi nécessaire de réaliser une installation d’irrigation au goutte-à-goutte après étude d’une société spécialisée, notamment par un ingénieur agronome. En outre, la subvention ne doit pas dépasser 50% du coût de l’installation, dans la limite de 75 000 DH. De plus, l’agriculteur ou l’entreprise agricole ne doit jamais avoir bénéficié de l’aide de l’État accordée au titre de l’équipement en irrigation localisée ou de complément et être éligible à l’aide étatique dans le cadre du Fonds de développement agricole, conformément à la réglementation en vigueur. Le bénéficiaire est censé également obtenir une attestation d’approbation préalable délivrée par les services compétents du ministère de l’Agriculture, notamment une autorisation pour le forage du puits.
D’après l’ADEREE, le secteur agricole représente environ 6% de la consommation énergétique nationale, concentrée principalement au niveau des équipements d’irrigation, des tracteurs et moteurs, des séchoirs et des bâtiments d’élevage (blocs de traite dans l’élevage bovin, climatisation et chauffage dans l’aviculture, matériels d’alimentation). L’irrigation s’inscrit désormais en droite ligne de la politique nationale d’efficacité énergétique, qui prévoit 12% d’économie à l’horizon 2020. Ainsi, et afin d’accompagner le secteur agricole dans la réduction de sa facture énergétique et de son empreinte carbone, l’ADEREE intervient aujourd’hui au niveau des deux leviers permettant de maitriser la consommation énergétique : développer les énergies de substitution, à travers ce programme dédié à la promotion du pompage solaire, et réduire la consommation d’énergie, via un programme d’optimisation de la performance énergétique des exploitations agricoles, lancé en partenariat avec le Crédit Agricole du Maroc. Ces programmes ont incité le gouvernement, l’ADEREE et le CAM à coordonner leurs efforts pour la convergence et la synergie entre le Plan Maroc vert et la Stratégie nationale énergétique.
 

Le poids de l’agriculture irriguée

D’après le département de Aziz Akhannouch, l’agriculture irriguée au Maroc, bien qu’elle n’occupe que 15% des superficies cultivées, contribue à environ 45% en moyenne de la valeur ajoutée agricole et intervient pour 75% des exportations agricoles. Cette contribution est plus importante pendant les années de sècheresse (70% durant la campagne 1994-1995, année sèche) où la production des zones Bour est sévèrement affectée. Par ailleurs, le secteur irrigué contribue en moyenne à hauteur de 99% à la production sucrière, 82% aux cultures maraîchères, 100% aux agrumes, 75% aux fourrages et 75% à la production laitière. Il assure également près de 120 millions de journées de travail par an, soit environ 1,65 million d’emplois, dont 250 000 permanents. En outre, l’irrigation a permis au Maroc l’amélioration des revenus des agriculteurs qui ont été multipliés par 5 et jusqu’à 13 fois dans certains cas.

Repères
  • L’agriculture irriguée au Maroc contribue à environ 45% en moyenne de la valeur ajoutée agricole et intervient pour 75% des exportations agricoles.
  • Le secteur agricole représente environ 6% de la consommation énergétique nationale, concentrée notamment au niveau des équipements d’irrigation.

Moncef Ben Hayoun, LE MATIN


         
 
                         
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