Industrie pharmaceutique : Sothema réagit au rapport du Conseil de la concurrence



Industrie pharmaceutique : Sothema réagit au rapport du Conseil de la concurrence
Dans un communiqué, le management regrette que le rapporteur du Conseil ait refusé, malgré les invitations répétitives de Sothema, de visiter son unité de fabrication d'insuline pour constater l'important investissement consenti par le laboratoire.

Le feuilleton affaire de l'insuline n'est pas terminé. Hier, Sothema, unique fabricant de l'insuline au Maroc depuis 1982, a réagi au rapport du Conseil de la concurrence qui «contient nombre d'allégations infondées qui nuisent à sa crédibilité et à son sérieux affiché depuis son démarrage en 1976», lit-on dans le communiqué qui nous est parvenu.

Sothema, qui accuse son concurrent Novo Nordisk/Laprophan, d'abus de position dominante en pratiquant des prix prédateurs, estime que le Conseil de la concurrence a ignoré les intentions manifestes de Novo Nordisk de pousser Sothema à arrêter la fabrication en adoptant des prix en dessous de son prix de revient dont tous les éléments sont connus du Conseil de la concurrence, tandis qu'aucun élément sur le prix de revient de Novo Nordisk, dont le produit est importé et distribué par Laprophan, ne lui a été communiqué. Il convient de rappeler à ce titre que dans son rapport sur le litige opposant les deux laboratoires (le différend est né d'un marché de 2.5 millions de flacons d'insuline mixte remporté en 2010 par Laprophan), le Conseil de la concurrence a jugé que la politique tarifaire de Novo Nordisk/Laprophan ne revêt pas le caractère de prix prédateurs, et qu'elle n'a pas pour finalité d'écarter Sothema du marché public de l'insuline.

Ainsi, le conseil n'a pas statué sur le point relatif au dumping. Un jugement considéré comme injuste par le plaignant qui, dans le même communiqué, précise, par rapport à l'important écart de prix entre marché privé et appel d'offres, que malgré le fait que son PPM (Prix public Maroc) est seulement de 85 DH contre 196 DH celui de Laprophan et malgré que sa part de marché privée représente à peine 15 % contre 85 % de son concurrent, l'autorité du marché n'a pas jugé utile de tenir compte de cette domination de marché privée qui permettait à Laprophan de réaliser des compensations et partant de soumissionner aux appels d'offres à des prix 10 fois plus bas. Un autre point a suscité la réaction de Sothema, celui lié à l'évolution et les variations des prix de soumission de Sothema de 2000 à 2010. Le laboratoire pharmaceutique, qui a décidé de délocaliser son usine de production d'insuline en Algérie, a rappelé que le ministère de la Santé achetait l'insuline à 80 DH le flacon avant que Sothema n'obtienne la même année une AMM (Autorisation de mise sur le marché) pour fabriquer le princeps de l'insuline humaine sous licence Lilly. Ce qui a permis de fabriquer à des prix inférieurs à 40 DH.

Le management a tenu a rappeler aussi qu'à partir de 2006, date de la fabrication du générique, Sothema a considérablement baissé ses prix de soumission à moins 30 DH et a fait jouer la concurrence en faveur du ministère de la Santé. «Malgré la différence des prix de revient entre le princeps et le générique fabriqué par Sothema, le conseil de la concurrence a analysé l'évolution des prix des soumissions depuis 2001 en faisant fi des différences entre les deux produits, ce qui a biaisé l'analyse et crée la confusion», indique-t-on dans le communiqué. Ce n'est pas tout, la réaction de Sothema à son accusation de vouloir évincer Polymedic ne s'est pas fait attendre.

En effet, à un moment où le conseil s'étonne que le ministère de la Santé refuse d'accorder à ce dernier une AMM pour l'importation, Sothema insiste sur le fait que cette autorisation lui a été accordée pour fabriquer l'insuline et non pas pour importer. Sothema a rappelé qu'en 2005, Polymedic a bénéficié d'une dérogation d'importation du ministère de la Santé et c'est la seule fois où il a soumissionné et remporté un appel d'offres. «Cette dérogation lui a été accordée en guise d'encouragement afin de démarrer sa fabrication, chose qu'il n'a jamais faite jusqu'à aujourd'hui. Sothema regrette que le rapporteur du Conseil de la concurrence ait refusé de se rendre chez Polymedic pour vérifier si effectivement ce dernier fabriquait l'insuline comme il est autorisé à le faire ou non», précise-t-on dans le même document. Il semblerait que ce dossier n'est pas prêt à être clos.

Dérogation d'importation
L'Association marocaine de l'industrie pharmaceutique (AMIP) avait saisi le ministère de la Santé pour réduire les dérogations d'importation après avoir constaté que la part des médicaments fabriqués est passée de 85 % en 2005 à seulement 65 % en 2009. Une copie de la lettre de l'AMIP a été adressée au Conseil de la concurrence. Sur la base du recours de l'AMIP, Sothema a, d'ailleurs, saisi le ministère de la Santé afin de respecter le règlement qui consiste à ne pas accorder de dérogation d'importation des médicaments, y compris d'insuline, sauf si les fabricants locaux présentaient
un problème technique
temporaire.

Recul de la part des médicaments fabriqués
- Le ministère de la Santé donne parfois des dérogations d'importations de médicaments quand les fabricants locaux présentent des problèmes techniques.
- La part des médicaments fabriqués est passée de 85 % en 2005 à seulement 65 % en 2009.

Le matin


         
 
                         
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