Industrie du papier-carton : La profession négociera son contrat programme en 2014



Industrie du papier-carton : La profession négociera son contrat programme en 2014
Ça bouge à la Fédération de l’industrie forestière, des arts graphiques et de l’emballage (Fifage). La corporation compte lancer début 2014 une étude globale sur le secteur. Objectif : dresser un état des lieux des trois filières et tracer les perspectives de leur développement. Selon le président de la Fifage, les conclusions de cette étude stratégique devront servir de trame à l’élaboration du contrat programme du secteur prévu la même année. «Le projet d’étude devrait également apporter un focus sur le métier des imprimeurs dont le développement est confronté actuellement à des problèmes structurels», développe Mounir El Bari.

La négociation du contrat programme ne sera pas une mince affaire pour la Fifage. À commencer par le poste énergie qui pèse lourd dans les coûts de production. «Le coût lié à l’énergie reste très élevé par rapport à nos concurrents directs, dont l’Espagne qui utilise le gaz algérien et l’Égypte où ce coût est trois fois moins élevé que chez nous. Cela plombe donc les performances de notre secteur», déplore le patron de la Fifage. Et la situation ne devrait pas s'arranger avec la récente décision du gouvernement d’indexer les prix de certains produits pétroliers, dont le fuel lourd, sur le cours du baril. Une source d’énergie largement utilisée dans les industries du papier et du carton. «Il faut savoir que l’énergie pèse 20% du prix de revient du papier et l’augmentation du prix du fuel industriel ne fera qu’alourdir les charges liées à ce poste», assène El Bari. Comme pour les autres secteurs de l’économie, la profession dénonce cette décision du gouvernement. «L’indexation a été décidée sans mesures d’accompagnement, d'autant plus que notre industrie est parmi les plus énergivores et les plus capitalistiques», conteste un professionnel qui a requis l'anonymat.

Pour le président de la Fifage, le gouvernement aurait dû consulter les professionnels, notamment ceux qui sont directement concernés par l’indexation. La solution selon les industriels du papier et du carton ? Il faut que l’État subventionne les programmes d’efficacité énergétique aussi bien au profit des PME que des grandes entreprises qui, aux yeux de Mounir El Bari, demeurent fragiles malgré leur taille. C’est d’ailleurs une proposition que la profession entend défendre bec et ongles lors des négociations du projet de contrat programme avec le gouvernement. En attendant, la corporation appelle l’État à organiser «d’urgence» les Assises de l’efficacité énergétique en vue de lancer des plans d’action «pertinents» et en faire profiter les secteurs sinistrés et fragiles.
Au sein de la profession, les idées pour désamorcer la pression du poste énergie sur les coûts de production ne manquent pas. Certains proposent au gouvernement de donner un véritable coup de fouet aux opérations de prospection du gaz naturel notamment dans la région du Gharb où le potentiel est jugé indéniable et où se concentrent d’ailleurs les plus grandes unités de production du secteur. «Le gaz naturel est une source d’énergie plus compétitive et plus propre. Pourquoi donc ne pas en booster la production dans la région où sont installés les poids lourds de l’industrie du carton, tels que CMCP et GPC ?» s'interroge El Bari.Malgré ses lourdes charges, le secteur arrive à tirer son épingle du jeu.

En effet, contrairement aux autres industries comme la sidérurgie qui plient sous les effets du dumping, les filières représentées à la Fifage sont compétitives. Un constat que confirme son président : «après le démantèlement des droits de douane avec l’Union européenne, notre premier fournisseur et client, mais aussi le premier concurrent du secteur papier/carton, et la signature de l’Accord d’Agadir, notre secteur a consenti beaucoup d’efforts pour rester compétitif et a pu donc conserver des milliers d’emplois».

Sauf que cette robustesse est aujourd’hui prise entre le marteau du renchérissement des coûts de l’énergie et l'enclume d’un process recyclage mal organisé.Ce maillon de la chaîne, à savoir le recyclage des vieux papiers et cartons, nécessite, selon la Fifage, des interventions d’urgence pour améliorer son efficacité. «La profession est actuellement en train de peaufiner un mémorandum d’entente à soumettre à l’appréciation du gouvernement», annonce El Bari. «La Fifage s’intéresse depuis plusieurs années à la collecte et au ramassage des vieux papiers et cartons, en raison de son importance dans la chaîne de valeur du secteur. Ainsi, notre Fédération a signé une convention avec l’association l’Heure joyeuse pour une opération pilote de collecte des vieux papiers et cartons dans l’un des quartiers du grand Casablanca. La ville génère plus de 60% des déchets papiers/cartons ramassés», explique le patron de la Fifage. La campagne lancée en 2012 concerne le quartier Maârif qui, à en croire El Bari, concentre le plus important volume de déchets ménagers contenant du vieux papier et du carton. «Normal, puisqu’à Maârif, il y a une concentration de supérettes, d'écoles et de ménages. Nous avons confié à un cabinet casablancais une étude pour identifier la problématique de ramassage dans ce quartier par les chineurs et le potentiel de ce quartier. L’étude est en phase de finalisation et de validation», détaille El Bari. À l’en croire, le ramassage et la collecte ne dépassent pas actuellement les 30%, contre 65 à 75% dans les pays européens notamment.
 

Un marché alléchant pour les géants mondiaux

Actuellement, quatre gros acteurs seulement opèrent dans le secteur du papier. Il s’agit de Med Paper, Lex Papier, CMCP et GPC. Avec une production annuelle de 500 000 tonnes, ils couvrent 40% de la consommation locale. Une performance qui demeure trop faible aux yeux du président de la Fifage puisqu’elle équivaut à peine à 15 kg de papier par an par habitant, contre 150 kg dans certains pays européens et plus de 200 aux États-Unis. On est donc loin du compte.

«Le potentiel de développement est là et beaucoup de grands groupes internationaux s’intéressent au marché marocain. Ainsi, après l’arrivée d’International Paper à travers le rachat de CMCP, d’autres grands groupes comptent s’installer au Royaume», affirme El Bari. Selon lui, une grande société arabe est en train de s’installer dans la région de Kénitra. L'unité est spécialisée dans la fabrication du papier impression écriture (papier blanc photocopie).
«Pour le carton ondulé, il y a eu l’annonce en juin dernier de l’arrivée de l’Espagnol Europac. Intéressé par le marché des équipementiers automobiles, il a choisi de s’installer à Tanger», affirme El Bari.


Saïd Naoumi, LE MATIN


         
 
                         
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