IDE : les bénéfices réinvestis augmentent ainsi que les dividendes transférés

Les bénéfices réinvestis à fin septembre 2012 se sont établis à 3.1 milliards de DH et les dividendes transférés à 11 milliards de DH. La hausse de ces revenus est liée à l'augmentation du stock des investissements étrangers au Maroc.



IDE : les bénéfices réinvestis augmentent ainsi que les dividendes transférés
A l’exception de 2008 où ils ont baissé de 51,2%, les bénéfices réinvestis des investissements étrangers au Maroc s’inscrivent globalement dans une tendance haussière. De 590 millions de DH en 2005, ils se sont établis à près de 4,5 milliards de DH en 2011 et à 3,1 milliards à fin septembre 2012, selon l’Office des changes (les résultats pour l’ensemble de l’exercice 2012 étant publié fin mars 2013). En 2011, ils ont tout de même reculé de quelque 18%, mais la raison ne tient pas à une contre-performance économique, mais plutôt à l’importance des dividendes transférés. Ceux-ci ont culminé à 12,6 milliards de DH, un record. A fin septembre 2012, les dividendes transférés atteignent déjà un montant de 11 milliards, toujours selon les indications de l’Office des changes.

Si l’accroissement des dividendes transférés (vers les maisons mères) ajoute au déficit du compte courant de la balance des paiements, les bénéfices réinvestis, eux, subissent un double enregistrement dans la balance des paiements : ils sont comptabilisés au débit de la rubrique “Revenus” du compte courant, puis intégrés comme investissements étrangers, dans le compte financier, un peu plus bas.

Cela pour dire que lorsqu’on parle de hausse des investissements étrangers, il ne s’agit pas toujours d’investissements nouveaux en totalité. Une partie de cette hausse provient précisément des bénéfices non distribués, réinvestis sur place.

Mais comme le montre le graphique ci-dessus, les dividendes transférés sont de loin plus importants que les bénéfices réinvestis. C’est un choix légitime des opérateurs. Et il faudra s’attendre à voir augmenter ces deux indicateurs, compte tenu du stock élevé des investissements étrangers au Maroc.

Selon les derniers chiffres disponibles à ce sujet, l’encours des investissements étrangers au Maroc s’élève à 655,42 milliards de DH, en 2011, en hausse de 2,6% par rapport à 2010. Sur ce total, plus de 58% sont des investissements directs ; les 42% restants étant constitués d’investissements de portefeuille et d’autres investissements comme les crédits commerciaux, les prêts, etc.
Naturellement, tous ces investissements génèrent des revenus qui, suivant les arbitrages qui sont faits, seront rapatriés sous forme de dividendes ou réinvestis sur place.

Les revenus des investissements marocains à l’étranger se limitent à 3,9 milliards de DH

Le seul hic c’est que, en ce moment, les finances extérieures sont pressurisées, non pas à cause de ces revenus, il ne faut pas se méprendre, mais pour des raisons à la fois conjoncturelles (recul de la demande étrangère adressée à l’économie marocaine et renchérissement des matières premières) et structurelles (faiblesse des exportations). Mais, même marginalement, ces rapatriements, parce qu’intervenant dans une période difficile, ajoutent un peu au déficit du compte courant. Ceci est un constat, sans plus. On pourrait en dire autant de l’augmentation de la dette extérieure publique. Celle-ci génère également, bien entendu, des revenus pour les créanciers. En 2011, par exemple, les charges en intérêts et commissions de la dette extérieure publique se sont établies à 5,7 milliards de DH, dont 3,04 milliards pour la dette extérieure du Trésor et le reste pour celle contractée par les entreprises et établissements publics, notamment l’ONE (27,6 milliards de DH), ADM (21,6 milliards), ONEP (9,1 milliards), ONCF (5,8 milliards)…

Ces charges en intérêts de la dette, comme le reste, alourdissent aussi le déficit extérieur.
Pour résumer, la rubrique «Revenus» du compte courant a dégagé un solde négatif de 16,6 milliards de DH en 2011. Sur les neuf premiers mois de 2012, ce déficit s’établit déjà à 15,1 milliards de DH. Mais cette rubrique, il faut vite le préciser, est structurellement déficitaire. Et comment peut-il en être autrement avec des investissements marocains à l’étranger extrêmement faibles en comparaison avec ceux opérés dans l’économie nationale. En 2011, les investissements marocains à l’étranger, y compris les prêts consentis, ont généré à peine 3,94 milliards de DH. De toute façon, la préoccupation des pouvoirs, ce n’est pas d’améliorer le niveau des revenus reçus, mais surtout les recettes touristiques, celles des exportations en général, d’un côté, et de maîtriser autant que faire se peut les importations. Le déclenchement par le ministère du commerce et de l’industrie du mécanisme de la défense commerciale s’inscrit dans cette logique

La défense commerciale activée pour maîtriser les importations

Le lundi 18 mars 2012, l’Office des changes publie une circulaire (n° 03/2013) dans laquelle il informe les intermédiaires agréés (c’est-à-dire les banques) de la décision prise par le ministre de l’industrie, du commerce et des technologies de l’information, de soumettre à la procédure de surveillance, à partir de cette date (18 mars), les importations de papier en ramette A4 en provenance du Portugal. La circulaire indique qu’une enquête anti-dumping est diligentée par le ministère du commerce et de l’industrie et que, ce faisant, les importateurs de ce produit doivent préalablement solliciter un visa du ministère du commerce extérieur.

Par le passé, il y eut des mesures pareilles, pour d’autres produits, comme la céramique, par exemple, ou encore récemment le contreplaqué de Chine… Mais désormais, le gouvernement, face au creusement vertigineux du déficit commercial et, plus globalement, des difficultés des finances extérieures, a décidé de recourir à la défense commerciale toutes les fois que cela est jugé nécessaire.

Salah Agueniou
www.lavieeco.com


         
 
                         
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