Guerre des routes : Mauvaise conduite, inadvertance des piétons, non-respect de l'autre, routes chaotiques



Guerre des routes : Mauvaise conduite, inadvertance des piétons, non-respect de l'autre, routes chaotiques
Nul besoin de rappeler qu'au Maroc, les routes tuent et elles tuent beaucoup trop. Deux fois plus que la guerre d'Afghanistan l'an dernier : 4162 morts sur nos routes, selon la direction des routes du ministère de l'Équipement et du Transport.
A cela s'ajoutent 12 992 blessés graves (plus de six jours d'hospitalisation) et 85 915 blessés dit légers. Nous avons dépassé les 100 000 victimes de la route par an : 103 069 victimes.
Les routes marocaines tuent vraiment trop et causent beaucoup trop de blessés aussi, en comparaison avec les autres pays. Le Comité National de Prévention des Accidents de la Circulation (CNPAC) a rapporté le nombre de tués au nombre de véhicules automobiles : ce rapport indique qu'un véhicule tue 13 fois plus au Maroc qu'en France, et 18 fois plus qu'en Suède, pays champion de la sécurité routière. Comparé à ce dernier pays nous n'avons pas le climat défavorable de pluie, vent, brouillard, neige, verglas, des journées d'hiver qui sont plus des nuits, ni des problèmes d'abus d'alcool. Nous pourrions donc même faire mieux qu'eux. Les efforts du ministère de l'Équipement et du Transport dans son plan stratégique national pour la sécurité routière au Maroc en 2004 ont porté des fruits puisque pour la première fois le nombre de blessés graves a diminué, de 9% en 2004 et de 11% en 2005. Le nombre de morts n'a diminué qu'en 2005, de 7%.

Preuve qu'une amélioration est possible ! Cependant le nombre des accidents qui avait aussi diminué a, en 2006 déjà dans le cas des accidents hors agglomérations, connu la sidérante augmentation de 21% et encore de 8.5% en 2007. Et cela continue malheureusement, en 2009 la hausse des accidents est de presque 10%, alors que les tués ont augmenté de 0,84%. De ce retour de la tendance à la hausse de 2007, il résulta qu'en février 2008 le Maroc lança un plan de sécurité routière d'urgence dont l'effet des mesures n'a pas encore pu être véritablement évalué, conçu autour du mot d'ordre du premier plan : « Changeons de conduite ». Bien qu'on distingue formellement entre accidents causés par le véhicule ou par le conducteur, et qu'on place dans la première catégorie presque 20% des cas car environ le tiers des véhicules impliqués dans un accident ont plus de 15 ans d'âge, il ne faut pas se leurrer, c'est bien l'élément humain qui en est presque toujours la cause déterminante : la mauvaise conduite du conducteur, ou du piéton. Les causes des accidents sont, toujours selon les experts du CNPAC, le non-respect du code de la route mais aussi des facteurs comportementaux.

Pour la première catégorie il s'agit principalement de : vitesse excessive, dépassement inapproprié, distance insuffisante, non-respect de la signalisation, perte de maîtrise du véhicule, et non-usage de la ceinture de sécurité. Dans le second groupe, il y a la fatigue, la somnolence, le stress, le tempérament inapproprié, le manque de courtoisie et de civisme. «La conduite automobile peut être envisagée de différentes manières, à l'américaine, où chaque citoyen doit pouvoir conduire en bonne sécurité. Par ailleurs, chez nous il me semble que c'est comme une espèce de compétition pour montrer son courage si ce n'est son audace», précise un conducteur. Et d'ajouter : «Cela commence par les totalement inutiles coups de klaxon avant que le feu passe au vert, et l'escalade mortelle continue jusqu'aux refus de priorité et aux feux rouges grillés. Nous avons des vrais psychopathes qui roulent en totale liberté.»

Il a suggéré d'un ton triste qu'à l'opposé la sécurité routière peut s'accroître par le bon-sens civique de chacun, par des gestes simples de courtoisie tels qu'indiquer ses intentions de changer de direction par l'usage des clignotants, ou la présélection dans la bonne piste. «Simplement, le fait de contrôler la pression de ses pneus peut faire la différence entre un accident mortel pour un piéton ou une grosse frayeur par la réduction de la distance de freinage», ajoute-t-il. Il est opportun que l'État prenne des mesures actives, par la prévention et l'information, l'exigence de meilleure formation mais aussi par l'inspection plus rigoureuse des véhicules, l'instauration d'une meilleure signalisation et, entre autres, l'usage de plus nombreux radars.

Révision du Code de la route
Pour ce qui ne peut pas être obtenu par la bonne volonté des citoyens, il ne reste malheureusement à l'État que la dissuasion pour y arriver. Cela doit être appliqué dans tous les pays, par une réglementation plus précise et plus contraignante, ainsi que par son application stricte et sévère. Ainsi en février 2008 le Code de la route a été revu en prévoyant des amendes plus lourdes pour les contrevenants, et une meilleure protection des piétons. Il comporte aussi l'introduction progressive du permis à points, c'est-à-dire que chaque infraction constatée selon son importance conduira à la perte de points, qu'il faudra ensuite récupérer en effectuant une formation. D'un total initial de 24 points, par exemple, une infraction grave telle que le fait de ne pas s'arrêter complètement à un stop correspondra au retrait de 4 points. Il faut pousser encore.

lematin.ma


         
 
                         
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