Grippe aviaire: Sensibiliser sans alarmer



La vigilance requise en période de migration des oiseaux
Scientifiques et autorité sanitaires mobilisés

LE spectre de la grippe aviaire plane toujours surtout entre les mois de février et avril, période où plus de 500.000 oiseaux représentant plus 200 espèces migrent à travers le Maroc. Le cheptel avicole national (poules, dindes et canards) est aussi un facteur à risque s’il est touché par le virus.
L’année dernière, les autorités sanitaires et les Eaux et Forêts ont pris leurs précautions pendant la période migratoire. Heureusement, aucun cas n’a été détecté. Les instances sanitaires européennes notamment françaises ont, d’ailleurs, examiné plus de 6.000 oiseaux provenant d’Afrique et du Maroc. Opération qui n’a révélé aucun cas de grippe aviaire. «Cela dit, le risque existe mais il ne faut pas alarmer la population et dramatiser la situation», a indiqué le Pr Ghali Iraqi, directeur du CHU Moulay Youssef à Rabat. C’était à l’occasion du 22e congrès sur les maladies respiratoires, organisé à Fès du 2 au 4 mars. Cette rencontre qui a bénéficié du parrainage du ministère de la Santé est une initiative de la Société marocaine des maladies respiratoires.
Selon le Pr Iraqi, il y a deux possibilités de transition du virus par les oiseaux migrateurs. D’une part, ils peuvent héberger le virus sans être malades et le transmettre en se mêlant aux volailles domestiques élevées à l’air libre. Raison pour laquelle les autorités européennes ont confiné des volailles dans des enclos pour empêcher tout contact. Le virus peut se propager d’autre part, via les importations clandestines de volailles malades. «Les autorités marocaines ont mobilisé différents départements : santé, vétérinaires, Eaux et forêts, Sûreté….pour assurer un contrôle permanent mais le pays n’est pas à l’abri d’une infection clandestine», note un responsable du ministère de tutelle, surtout s’il s’agit d’importations clandestines de volailles malades. Et le risque actuel est que ce virus puisse se transmettre d’homme à homme.
L’OMS a fait un certain nombre de recommandations et la mobilisation est presque générale pour lutter contre ce fléau. «En cas de grippe saisonnière, il faut observer en premier lieu des règles d’hygiène strictes, éviter la promiscuité et se laver régulièrement les mains, etc. Les vaccins préventifs sont conseillés ainsi que certains antiviraux. En cas de pandémie de grippe aviaire et pour éviter que les pires scénarii catastrophes ne se réalisent, il est primordial que la population soit informée et préparée», est-il indiqué.
A noter que le Maroc a par ailleurs été le premier pays d’Afrique à développer un plan national de lutte contre la pandémie. «Les autorités ont fait beaucoup d’efforts, reconnaît le Pr Iraqi. «La sensibilisation a été immédiate. C’est important car c’est le meilleur moyen de limiter les dégâts en cas d’infection», indique-t-il.
De fait, l’enjeu économique est de taille. Il faut donc prendre toutes les précautions mais il s’agit de «sensibiliser sans alarmer la population». La Fédération de l’aviculture a annoncé plus de 500 millions de DH de pertes en 2006 parce que les gens n’ont pas consommé de volailles et autres dérivés. «Alors qu’il n’y a aucun risque de transmission du virus si la viande est bien cuite à plus de 60° pendant au moins 5 minutes. Le risque persiste surtout chez les éleveurs et les personnes qui travaillent dans le traitement des volailles», précise le Pr Iraqi.
Pour l’ensemble des intervenants, il serait temps de penser à dédommager les aviculteurs, comme ce qui se fait ailleurs, pour les inciter à aviser les autorités en cas d’apparition de la maladie dans leurs élevages. «C’est ainsi qu’on peut éviter une catastrophe nationale», souligne un professionnel du secteur.
De fait, la vigilance doit être de mise. Les aviculteurs, surtout les personnes qui vivent dans la campagne et les entreprises opératrices dans le secteur de l’aviculture doivent appliquer certaines mesures de précaution comme par exemple s’équiper de masques, de savons antibactériens, et d’antiviraux (Tamiflu). Elles doivent surtout alerter les autorités au moindre soupçon.

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Virus

LA grippe aviaire peut être due à plusieurs types de virus influenza virus A et concerne la population aviaire (volaille, oiseaux). Le virus peut toucher d’autres espèces animales. Les risques pour les êtres humains concernent principalement des personnes en contact direct et fréquent avec des secrétions d’animaux atteint par le virus, ainsi que par la consommation de produits non cuits.
Aujourd’hui, le plus grand risque que représente le virus aviaire est qu’il s’adapte à l’homme et qu’une transmission interhumaine se développe.
Selon l’OMS, des cas de grippe aviaire qui ont touchés l’homme ont été identifiés en Afrique, en Egypte, en Asie, au Moyen-Orient et dans le Caucase.


L'Economiste


         
 
                         
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