Fraude sur internet : les sites marchands réclament la généralisation du 3D Secure

En cas de litige lié à un paiement frauduleux par internet, les sites marchands sont considérés comme responsables et sont tenus de rembourser la victime. Certains sites ont bloqué le paiement par carte bancaire étrangère, beaucoup plus exposée à la fraude que la carte locale.



Fraude sur internet : les sites marchands réclament la généralisation du 3D Secure
Les cas de fraude à la carte bancaire sur internet ont beau être rares au Maroc, ils existent bel et bien et leur impact sur l’activité de certains sites marchands peut parfois s’avérer important. C’est le cas notamment d’une fraude constatée dernièrement chez un voyagiste en ligne marocain. Des billets d’avion d’un montant total de près de 60 000 DH ont ainsi été réservés avec une carte étrangère frauduleuse et des papiers d’identité falsifiés. «Nous contrôlons le nom du porteur de carte, mais pas le nom du voyageur», justifie le site marchand. «Nous avons déjà mis en place des procédures internes pour identifier le porteur de carte mais cela alourdit notre process. En attendant que les banques se dotent de la technologie 3D Secure, nous allons devoir quand même les renforcer, et certainement en arriver à contrôler l’identité du voyageur», ajoute le voyagiste en ligne.

Bien que la fraude par carte bancaire marocaine reste possible, la plupart des cas observés jusqu’ici concernent des cartes bancaires étrangères. Raison pour laquelle bon nombre de sites marchands, en particulier les sites de deals ou les sites «e-commerce» tels que Livremoi.ma, ont bloqué le paiement par carte bancaire étrangère. Pour les voyagistes en ligne, bloquer ainsi les cartes étrangères n’est pas la solution. Alors, même si la fraude est loin de toucher les sites marchands de la même façon, l’impérieuse nécessité de mettre en place des procédures claires devient de plus en plus pressante. Dans son chapitre 2 dédié à la vente à distance de produits, de biens et fourniture de prestations de service, la loi 31-08 édictant des mesures de protection des consommateurs prévoit un ensemble de mesures protégeant aussi bien le consommateur que le site marchand. Néanmoins, en attendant la publication des décrets d’application tant attendus, personne n’est à l’abri.

Une assurance pour les e-commerçants ?

«Selon la réglementation sur les transactions par carte bancaire, usitée entre les émetteurs de cartes (représentant les porteurs) et les acquéreurs (représentant les sites marchands), le porteur dispose d’un délai de 45 jours pour contester la transaction. Il s’ensuit un échange de documentation sur la transaction entre les deux parties. Généralement, le porteur de carte obtient raison dans un litige portant sur un paiement en ligne», explique Ismaïl Bellali, DGA au Centre monétique interbancaire (CMI). «Si la procédure de traitement du litige aboutit à donner raison au porteur de carte, le transfert de responsabilité est opéré sur le site marchand, et le porteur de carte est remboursé», conclut M. Bellali. Dans ce cas, le porteur de carte est remboursé du montant exact de la transaction par un crédit sur son compte bancaire. Cette solution est pourtant loin d’être la panacée. Il revient tout d’abord au porteur de surveiller scrupuleusement sa carte bancaire, et l’état de son compte pour repérer, et donc contester le plus rapidement possible une fraude. La véritable faille est justement du côté de l’identification du porteur de carte lors de la transaction. «Aujourd’hui, n’importe qui peut utiliser une carte sur Internet en ayant au préalable recopié les numéros ou subtilisé la carte un court instant. Le vrai titulaire sera toujours en possession de sa carte et ne fera donc pas opposition», explique un site marchand. «Il faut que le client prouve qu’il a été volé dans des délais raisonnables. Il faut également que nous ayons accès à la déclaration de perte», réclame un autre e-commerçant. Ce dernier évoque même le souhait de voir des assurances accompagner les e-commerçants dans leur activité. «Les parties prenantes, qu’il s’agisse du CMI ou des banques, doivent prendre les devants et accélérer la mise en place du 3D Secure», renchérit ce dernier.

Seuls le Crédit du Maroc et la Banque Populaire utilisent le protocole 3D Secure pour le moment

Très développé à l’étranger, 3D Secure est un protocole développé par Visa et Mastercard qui permet au titulaire de la carte de payer sur internet grâce à un code supplémentaire. Cette technique permet au e-commerçant d’être dédouané en cas de fraude. C’est la banque émettrice de la carte bancaire qui assume la responsabilité. Au Maroc, seuls la Banque Populaire et le Crédit du Maroc l’appliquent. «Des banques ont annoncé avoir mené jusqu’au bout le projet technique et que la solution est en cours de déploiement. Nous savons également que toutes les autres banques travaillent sur ce projet afin d’être prêtes avant le délai précisé initialement, à savoir le 31 décembre 2013», affirme Ismaïl Bellali. L’arrivée prochaine d’un deuxième opérateur de paiement, filiale de S2M, devrait de toute façon bousculer la donne en la matière.
 

Anne-Sophie Martin
www.lavieeco.com



         
 
                         
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