9 Septembre 2010

Forum Maroc/Espagne : Le grand marché des affaires



Forum Maroc/Espagne : Le grand marché des affaires
· Plus de 200 opérateurs au rendez-vous.
· Tous les secteurs économiques sont concernés.
· Maroc Export et l’Icex signent une convention.

Archicomble hier matin le grand salon du Sheraton Casablanca. De nombreux participants à la réunion inaugurale du forum maroco-espagnol d’investissements et de coopération ont dû garer leur voiture très loin du site de la rencontre. De fait, plus de 250 chefs d’entreprises marocains ont fait le déplacement pour rencontrer leurs homologues ibériques. Et, les principaux secteurs économiques étaient représentés: agroalimentaire, électronique, composants automobiles, métallurgie, énergie, textile et cuir ainsi que les services (cf. L’Economiste du 2 mars).
Côté espagnol, la participation est aussi fort diversifiée et cible aussi bien le développement des échanges que la conclusion de partenariats. «C’est que le Maroc n’est pas seulement un pays voisin mais aussi un marché naturel d’expansion de l’économie espagnole», souligne Silvia Iranzo, secrétaire d’Etat au Commerce.

Parier sur les réformes
D’où la position privilégiée qu’occupe d’ores et déjà le Royaume dans les relations économiques et commerciales de l’Espagne avec l’étranger. La valeur des échanges extérieurs entre les deux pays a atteint près de 59,4 milliards de DH en 2008. L’Espagne occupe la deuxième place en tant qu’investisseur étranger au Maroc avec 15% du total des investissements directs étrangers (IDE). A ce titre, plus de 500 entreprises espagnoles sont installées au Maroc. «De plus, ces ordres de grandeur ne semblent pas subir les contrecoups de la crise économique mondiale. Au contraire, les prévisions des échanges commerciaux vont au-delà du contexte conjoncturel», constate Iranzo. Le cadre institutionnel mis en place depuis la réunion au sommet du 16 décembre 2008 atteste de la volonté de pérenniser ces relations. D’autres instruments comme l’Accord de promotion et de protection réciproque des investissements, conclu en 2005, ou encore la convention de la non double imposition signée en 1985, ont permis d’importantes avancées. «Pour toutes ces raisons, l’Espagne parie sur le Maroc, sur ses réformes et ses plans sectoriels», affirme la secrétaire d’Etat espagnole du Commerce. «Ces plans sectoriels bénéficient aussi de mesures d’accompagnement», précise Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur. A commencer par les mesures généralisées à tous les secteurs de l’industrie et des services. A titre d’illustration, le ministre a rappelé que les projets d’investissement de plus de 200 millions de DH font l’objet de convention avec le gouvernement. Ainsi, ils bénéficient d’une subvention équivalente à 7% du montant total de l’investissement. Dans les domaines de l’aéronautique, des composants automobiles et de l’électronique, les projets éligibles à une subvention de 10% ne requièrent qu’un montant d’investissement plafonné à 5 millions de DH. Par ailleurs, l’une des nouveautés apportées par le plan Maroc vert réside dans l’ouverture des terres agricoles aux investisseurs étrangers. Et pour témoigner de l’accompagnement dans les domaines de l’infrastructure, la formation et la logistique, Maâzouz a rappelé que le budget d’investissement public s’élève cette année à 137 milliards de DH. Ceci sans perdre de vue que les partenaires espagnols ont aussi la possibilité d’accéder librement aux marchés de l’accord Quadra par le biais du cumul de la règle d’origine. Et, demain, c’est le marché des pays de l’Union de l’Afrique de l’ouest qui sera accessible. Ce qui a amené Youssef Alaoui, vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), à lancer l’idée de mutualiser les efforts pour aborder ce marché. D’autant plus que des champions nationaux, y compris des banques marocaines, se sont bien positionnés. Option désormais aisément réalisable avec le partenariat scellé hier entre Maroc Export et l’Icex (Institut espagnol du commerce extérieur). En vertu de la convention signée, les deux partenaires s’engagent à partager les expériences et les informations sur les divers marchés où ils opèrent. L’échange concerne aussi la formation et les techniques de promotion et de pénétration des marchés. Cette convention, qui court sur une année renouvelable tacitement, sera déclinée en actions.

Mercredi 4 Mars 2009