Forte opposition à la réforme de la compensation des produits de base



Forte opposition à la réforme de la compensation des produits de base
Les classes moyennes craignent une augmentation du budget alimentaire.
Les catégories aisées la justifient comme contrepartie de la contribution fiscale.
C’est la «patate chaude» que se refilent les gouvernements qui se sont succédé. La réforme de la compensation fait craindre des réactions vives au niveau des différentes catégories sociales. Ce chantier, qui nécessitera du temps comme c’est le cas au Brésil ou au Chili qui ont mis en place le ciblage, a fait l’objet d’une enquête réalisée par le ministère des Affaires générales et économiques. Financée par la Banque mondiale, cette étude a testé deux produits: la farine nationale de blé tendre et la bonbonne de gaz dont le prix n’a pas bougé depuis 1995.

Les résultats sont surprenants et justifient en quelque sorte les appréhensions face à tout projet de réforme. Si le système est connu, il n’en reste pas moins que le citoyen lambda n’a pas une idée claire sur les produits pris en charge ou encore sur les montants que la subvention engloutit chaque année. Ce qui renvoie au manque de communication sur les produits, une lacune rattrapée récemment via des spots télévisés et des campagnes dans les journaux.

Selon l’enquête, le système de compensation est considéré «comme normal, acquis, plutôt juste, et profitant à tous les citoyens». De plus, aucune nécessité de réformer le système n’est perçue et ce, quel que soit le niveau d’éducation. Même les catégories aisées ne sont pas prêtes à se passer de la subvention des produits de base. Celle-ci étant jugée justifiée puisqu’elle est assimilée «à une contrepartie de la contribution fiscale».
Les ménages modestes se considèrent «dépendants» de la compensation et demandent à ce que l’aide sur les produits de base se poursuive. Selon les simulations réalisées par le ministère des Affaires générales et économiques, «sans les subventions aux produits consommés, le taux de pauvreté aurait été de 11,3% au lieu de 8,9%». Du coup, le nombre des pauvres aurait augmenté de plus de 700.000 pour s’établir à 3,5 millions de personnes en 2007. De même une hausse du prix de la farine nationale de blé tendre ainsi que celle du prix du sucre se traduiraient par le basculement de 4% des personnes vulnérables vers la classe des pauvres.
Pour les classes moyennes, la subvention est assimilée à «un droit devant profiter à tous les citoyens». Cette catégorie socioprofessionnelle estime «qu’elle ne peut s’en passer. Le budget alimentaire risque d’augmenter sans compensation». Autrement dit, cette classe «de consommateurs» craint de réserver une part importante de son budget aux produits de base au détriment d’autres produits.

Pour ces trois catégories sociales, la décompensation est difficile à accepter. Sur la bouteille de gaz vendue à 40 dirhams et dont le prix réel est de 120 dirhams, le seuil psychologique toléré varie entre 43 à 50 dirhams. Et là tout dépend de la catégorie socioprofessionnelle.

Une augmentation du prix de la bouteille de gaz à 50 dirhams est jugée inacceptable par les couches aisées. Les réponses reprises dans l’enquête donnent une idée sur l’état d’esprit qui prévaut: «Au-delà de 50 dirhams, c’est comme si je payais 100 dirhams puisque la monnaie que l’on me rendra aura une faible valeur» ou encore «si le prix atteint 45 dirhams, il faut absolument protester, sinon ils vont continuer à augmenter tous les prix».

Même en mettant en avant des programmes d’aides sociales, les seuils psychologiques d’acceptabilité d’une augmentation des prix ne changent pas. Les classes aisées et moyennes parlent de «méfiance vis-à-vis de l’Etat et de la non-transparence des opérations». Même si le principe de solidarité est partagé, ces deux catégories préfèrent «qu’elle ne passe pas par l’Etat».
De leur côté, les catégories socioprofessionnelles basses préfèrent miser sur «le très concret prix de la bouteille de gaz» au lieu de «tabler sur une aide incertaine de l’Etat».

L’augmentation du prix du fuel reportée

Prévue pour la fin du mois d’octobre, la hausse du prix du fuel industriel de 550 dirhams la tonne est reportée. La décision devant revenir au prochain gouvernement. La décompensation du prix du fuel industriel devait se poursuivre. Car, à terme, ce produit ne devrait plus bénéficier d’une subvention de l’Etat, ou seulement dans une certaine limite.

L'économiste


         
 
                         
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