Formation continue, un investissement rentable



La formation est indispensable pour accompagner les mutations économiques.
Déterminer avec précision les besoins, choisir le bon organisme, suivre et évaluer le programme... sont des conditions de réussite.


«La formation peut apporter beaucoup, comme elle peut ne constituer qu’un coût inutile», prévient Youssef Tahiri, consultant en management et développement des ressources humaines. «Tout dépend du niveau de professionnalisme de la fonction “formation’’ dans l’entreprise. Or, c’est souvent à ce niveau que des insuffisances existent». Si dans le discours, la formation semble intégrée comme une composante incontournable du changement et de la réussite de l’entreprise, sa gestion est souvent défaillante en termes de compétences.
Pour être véritablement rentable, elle exige un bon encadrement, une bonne préparation et un accompagnement de bout en bout. Elle doit surtout être intégrée à une vision stratégique globale de l’entreprise.
Alors, la formation peut devenir un réel investissement, pour l’entreprise comme pour le salarié. Elle permet alors d’acquérir de nouvelles compétences, de développer la motivation et la créativité des collaborateurs, d’anticiper les innovations, d’accroître aussi la rentabilité comme la qualité des produits et services.

La formation est mieux perçue si elle est intégrée à la stratégie de management

«En matière de formation, il y a encore deux mondes au Maroc», déplore Khalid Benghanem, directeur du développement des ressources humaines à la BMCI. «D’une part, les filiales des multinationales et les grandes entreprises structurées où le niveau de la fonction RH, avec la formation comme principale composante, atteint aujourd’hui des standards assez comparables à ce qui se passe dans les grandes firmes des pays développés. D’autre part, un grand nombre d’entreprises, où la RH n’est encore qu’une appellation sans contenu réel et où la formation est davantage perçue comme une dépense qu’un réel investissement».
Même constat et même regret chez M.Tahiri. «Globalement, et à l’exception des grandes entreprises organisées, la culture RH n’est pas suffisamment ancrée dans la politique et la stratégie d’entreprise. La formation, qui n’est pas toujours conçue et gérée comme un véritable investissement, répond davantage, quand elle existe, à des contraintes ponctuelles ou conjoncturelles. Dans beaucoup de cas, elle n’est pas intégrée à une politique RH», résume-t-il. C’est pourtant la condition de son succès. Déterminer avec précision les besoins, choisir le bon organisme, suivre et évaluer la formation, reconnaître en termes de statut ou de rémunération le bénéficiaire de la formation... sont aussi autant d’étapes nécessaires.

La formation n’est pas la seule réponse aux dysfonctionnements de l’entreprise

La formation sera d’ailleurs d’autant mieux perçue qu’elle sera intégrée dans cette stratégie de management. «Dans une entreprise où la culture formation est développée, cette dernière est perçue, au même titre que d’autres pratiques et systèmes de management, comme une condition incontournable de la performance et de la compétitivité du développement tant individuel que collectif. Dans un autre contexte, elle peut être ressentie comme une perte de temps et d’argent, voire comme une remise en cause des compétences».
Aujourd’hui, la formation est de mieux en mieux reçue par les bénéficiaires, comme une récompense, une opportunité offerte, un moyen d’améliorer sa situation professionnelle et personnelle. En outre, «la formation est le moyen de renforcer son employabilité dans l’entreprise, mais aussi sur le marché du travail», insiste-t-on au cabinet Diorh, soucieux de la flexibilité de l’entreprise. Elle serait donc un garde-fou de plus contre les risques de chômage. Reste aux salariés à juger de cette employabilité extérieure en faisant la différence entre des formations à valeur ajoutée professionnelle hors entreprise et d’autres formations, comme celle par exemple d’un logiciel «maison», qui ne peut avoir d’utilité à l’extérieur.
Le Maroc prend conscience du fait que sa position concurrentielle dans l’économie mondiale est étroitement liée à sa capacité à asseoir et consolider ses compétences, particulièrement dans les domaines les plus directement liés à l’économie du savoir. Mais les secteurs de haute technologie ne sont pas les seuls concernés. Tous les acteurs économiques sont concernés par la création de savoirs et la construction de compétences, qu’ils évoluent dans des petites ou grandes entreprises, privées ou publiques. La formation gagne ainsi peu à peu ses lettres de noblesse.
Mais, aussi indispensable soit-elle, elle ne sera jamais la réponse à tous les dysfonctionnements de l’entreprise. «La formation peut résoudre beaucoup de choses, mais ce n’est pas une baguette magique !», prévient M. Tahiri. «Considérer que la formation peut tout résoudre ne peut qu’aggraver certaines situations et, finalement, finir par la discréditer. Ignorer les insuffisances organisationnelles, transférer les incompétences du management sur celles des collaborateurs relève de cette logique néfaste». Intégrée dans une stratégie globale, pour être rentable, la formation doit avant tout être pensée .

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