Finance islamique : la cohabitation est possible avec le système bancaire classique

Les produits islamiques font plus de 1 100 milliards de dollars de chiffres d’affaires à travers le monde et leur croissance progresse de 23% par an.
Un colloque sur la place de la finance islamique a été organisé par l’ISCAE.
Les participants ont été unanimes à souligner que ce système de finance à toute sa place au Maroc et qu’il n’est pas incompatible avec les banques conventionnelles.



Finance islamique : la cohabitation est possible avec le système bancaire classique
Avec les crises qui secouent le système financier conventionnel depuis 2007 et pour faire face aux problèmes de manque de liquidité dont souffrent les banques classiques, le système des finances islamiques apparait de plus en plus comme une alternative fiable. Ce système connait, en effet, un essor remarquable. Une croissance à deux chiffres qui dépasse les 23%, un chiffre d’affaires qui avoisine les 1 100 milliards de dollars et une présence dans les plus grandes capitales européennes, autant d’éléments qui font de ce mode de financement la solution qui permettrait d’atténuer les effets de la crise.
C’est dans ce cadre que l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE), en collaboration avec le groupe Al Maali For Islamic Finance Consulting, a organisé un colloque sur le thème «la finance islamique au Maroc, quelles perspectives ?» Cette rencontre a été une occasion propice pour les différents intervenants de rappeler l’importance de ce mode de financement et les différents avantages qu’ils pourraient procurer à une économie «stable et en cours développement» comme celle du Royaume. En ouverture de ce colloque, Rachid M’Rabet, directeur du cycle doctoral à l’ISCAE, a précisé que le Maroc avait opté pour la commercialisation des produits islamiques via des banques de la place. En effet, trois banques marocaines proposent depuis quelque temps des produits tels que «Mourabaha», qui est un contrat en vertu duquel la banque achète un bien en vue de le revendre au client avec une marge bénéficiaire qui fait objet d’un commun accord entre les deux parties dès le départ. Ces banques proposent également le produit «Ijara» qui consiste en la location par la banque à son client d’un bien qu’elle possède.
Toutefois, le chercheur en finance islamique Sidi Mohamed El Omari Alaoui reste sceptique quant au lancement de ces produits dans le cadre fiscal actuel. Selon ce spécialiste, ce cadre prévoit une surtaxation de ces produits, les rendant beaucoup plus chers que les produits classiques. Sachant toutefois que dans plusieurs cas de figure, des contrats dans le cadre des finances islamiques devraient être exonérés d’impôt, selon l’expert en fiscalité. Intervenant en début de cette rencontre, Mahfoudh Barouni, président du conseil d’administration de Zitouna Takaful (Compagnie d’assurance islamique en Tunisie), a appelé à une plus grande ouverture vis-à-vis de ces produits, réclamant un traitement juridique semblable à celui des banques classiques.
M. Barouni a souligné que les deux systèmes bancaires se croisent dans nombre de points, précisant ainsi que l’idéal serait d’opter pour une cohabitation entre les deux. De son côté, Ali Alami Idrissi, directeur général d’Optima finance consulting, a rappelé dans son intervention que le système islamique est un système financier liant le capital financier à l'industrie et au commerce sans recours à l'intérêt. Autrement dit, il s’agit d’un système lié uniquement à l’économie réelle, donc conforme aux règles de la Charia. M. Idrissi a précisé ainsi que, dans ce cas, la banque et le client partagent les pertes et les profits, ce qui est l’un des éléments clés de la finance islamique.
En clôture des travaux de ce colloque, les participants étaient unanimes à dire que les produits proposés par la finance islamique sont «effectivement» des produits alternatifs et qu’il ne s’agit pas d’un «simple habillage» des produits financiers proposés par les banques conventionnelles.
 

Cinq piliers

Nées et développées au début des années 1970, les finances islamiques puisent leurs fondements dans les principes de Charia islamique.
Ce mode de financement se distingue du système conventionnel par une mise en avant de l’éthique et de la morale dans les transactions financières.
Exigeant plusieurs règles, les finances islamiques ou alternatives optent pour des transactions financières fondées sur un actif tangible, ce qui permet un partage des pertes et des profits qui peuvent résulter de cet actif. Ces éléments font en sorte que les investissements dans ce domaine soient liés à l’économie réelle et dans un cadre licite. Ainsi, la finance islamique se base sur cinq piliers principaux :
• L'interdiction du Riba (usure),
• L'interdiction du Gharar (spéculation) et du Maysir (incertitude),
• L’investissement dans des secteurs proprement licites,
• Un partage au niveau des profits et aussi des pertes,
• Investissement lié à des actifs tangibles de l'économie réelle.
Cinq produits
  • Les finances islamiques proposent des produits diversifiés et qui sont très répandus dans les pays qui ont adopté des cadres fiscaux adéquats pour ce genre de financement. Parmi ces produits, cinq sont les plus populaires :
  • • La Moudaraba : c’est un partenariat d’investissement où la banque joue le rôle de l’investisseur en finançant le projet dans son intégralité. L’entrepreneur doit, de son côté, assurer la gestion du projet. La rémunération est déterminée au préalable sous forme de pourcentage de bénéfices pour le gestionnaire. Les pertes dans ce cas sont assumées par le bailleur de fonds.
  • • La Mousharaka : il s’agit là d’un contrat entre la banque et son client en vertu duquel les deux parties apportent des capitaux pour le financement d’un projet. Les modalités de partage des bénéfices sont déterminées dans le contrat, et les pertes sont aussi partagées en fonction de la contribution de chacun des actionnaires.
  • • La Mourabaha : c’est un contrat de vente. En effet, la banque se procure le bien requis par le client et le lui revend moyennant une marge qui est définie dans le contrat principal, ce contrat comporte, outre la marge de la banque, la période de remboursement.
  • • L'Ijara : dans ce cas de figure, la banque achète des machines et des équipements afin de les mettre entre les mains du client sur le moyen terme. Durant cette période, la banque conserve le titre de ces acquisitions. L’avantage de ce contrat est l’absence des pénalités en cas de retard de paiement des mensualités.
  • • L'Istisnaa : il s’agit là d’un financement progressif. Au terme de ce contrat, qui est un contrat de fabrication, le vendeur accepte de fournir à l’acheteur, dans des délais fixés et à un prix convenu, des biens après leur fabrication. Ces règles sont déterminées selon un cahier des charges entre les deux parties.

LE MATIN


         
 
                         
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