Femmes : comment rassurer les recruteurs



Femmes : comment rassurer les recruteurs
Congés maternité, problèmes de garde d'enfant, bébés malades... Les recruteurs sont parfois réticents à embaucher des mères de famille ou des femmes en âge de le devenir. Avec Femmes, tous les conseils pour réussir vos entretiens d'embauche, ajustez votre tactique et faites valoir vos droits si le recruteur va trop loin.

les candidats se voient quasi systématiquement poser des questions d’ordre personnel, normalement interdites par la loi. Ces questions ne sont pas réservées aux seules candidates femmes, mais les responsables des ressources humaines reconnaissent souvent insister davantage avec elles sur le sujet de l’organisation familiale.
Enfants, situation maritale, conjoint, âge… des recruteurs donnent ici leurs conseils pour répondre simplement et habilement à ces questions.

Etes vous mariée, célibataire... ?

Avec ce type de question, le recruteur va, cette fois, vraiment trop loin. Que cherche-t-il à savoir exactement ? Plusieurs choses sans doute…. Si vous pourriez avoir prochainement des enfants… Si vous êtes mobile… Si vous êtes obligée de travailler (parce que vous êtes seule à subvenir à vos besoins)… Si votre disponibilité est pleine et entière en cas de surcharge de travail… Si vous êtes équilibrée, etc. D’où, parfois, l’insistance du recruteur :
« Vous êtes une vraie ou une fausse célibataire ? ».

Face à ce type de question, il convient de se demander pour quelles raisons le recruteur la pose. La seule justification valable est celle d’une mobilité immédiate et surtout d’une expatriation, pour laquelle l’entreprise peut avoir à prendre en charge l’installation de la famille, la scolarité des enfants, la recherche d’un emploi éventuel pour le ou la conjointe.

En résumé. Quelle est votre situation maritale ?
Que faut-il répondre...
La bonne attitude consiste à demander pour quel motif on vous pose la question. Ensuite, libre à vous de décider de dire ou non la vérité. Vous n’êtes absolument pas obligée de vous justifier. Attention, si vous précisez que vous vivez en couple, attendez-vous à une question sur la profession de votre conjoint. Si vous dites que vous êtes divorcée et que le poste comporte de nombreux déplacements ou une expatriation, prévoyez de nouvelles questions du recruteur sur l’organisation des gardes alternées et les solutions en cas de pépin de santé des enfants.

Quelle est la profession de votre conjoint ?

Ce type de question n’est pas nécessairement considérée comme relevant de la sphère privée, les recruteurs invoquent la concurrence, la mobilité ou le niveau social pour justifier leur curiosité. Mais là encore, il vous appartient de répondre comme bon vous semble. Il est fréquent que dans un couple, l’homme et la femme exercent des professions similaires, voire dans le même secteur d’activité. Nombre de rencontres ont lieu dans le monde professionnel ! Concrètement, si vous travaillez dans la banque, et que l’on pousse à l’extrême la logique de non-concurrence, cela reviendrait à ce que l’un des deux ne puisse pas travailler !

En résumé . Quelle est la profession de votre conjoint ?
Que faut-il répondre...
Tout d’abord, il faut éviter de mettre le sujet sur le tapis surtout si vous savez que la profession de votre conjoint peut représenter un obstacle à votre embauche. Cette information permet surtout au recruteur de faire le lien avec votre mobilité professionnelle sachant que dans l’esprit des recruteurs, c’est encore souvent la femme qui suit son mari. Si le conjoint est prof dans l’Éducation nationale, on sait qu’il aura besoin en début de carrière de cumuler des points avant de pouvoir demander une mutation, on peut donc supposer une bonne stabilité géographique du couple.

Voulez-vous des enfants ?

Les recruteurs sont unanimes, cette question est parfaitement ridicule. Il serait étonnant qu’une femme n’en veuille pas si elle jeune. Elle ne sait pas forcément encore si elle va en avoir tout de suite, mais poser la question ne m’apporte rien, d’autant que la réponse peut être faussée par l’envie de décrocher le poste. N’empêche que pour un recruteur, embaucher une femme de 30 ans qui n’a pas d’enfants, c’est tout simplement… la panique ! Pourtant une femme a, en moyenne, deux enfants (voire moins). Sur quarante ans de vie professionnelle – même si l’on prend en compte le congé parental – le temps d’absence est finalement minime.

Que faut-il répondre...
Si votre réponse est non, cela peut être jugé bizarre et suspect, mais si la réponse est oui, alors le recruteur peut craindre un manque de disponibilité. » Que dire alors ? « Ce qui est important, poursuit-elle, c’est de ne pas se mettre dans une situation de victime et de montrer que sa vie privée est gérée. » Autrement dit, si on vous demande : « Voulez-vous des enfants ? », à moins que vous ne soyez enceinte, la meilleure réponse est la suivante : « Si je postule un emploi, c’est parce que je n’ai pas l’intention pour le moment d’avoir des enfants, mais je sais qu’un jour, pas dans l’immédiat, j’aurais sûrement des enfants. »
Et ce, que vous vouliez ou non des enfants, à court ou à long terme.
Si vous en voulez… Vous pouvez toujours jouer franc jeu si le projet est réellement imminent à condition d’avoir affaire à une entreprise ayant une politique sociale favorable aux femmes, c’est-à-dire, bien souvent, dans les grands groupes. Tout d’abord, vos employeurs ne sont pas dupes. Ensuite, à partir du moment où vos compétences ont été reconnues, vous serez a priori embauchée même si vous décidez d’informer vos employeurs d’un désir d’enfant très proche. D’ailleurs, l’expérience prouve aussi qu’une entreprise, si elle vous a sélectionnée et qu’entre-temps vous êtes tombée enceinte, acceptera souvent de patienter jusqu’à la fin de votre congé maternité pour vous embaucher. À l’échelle d’une carrière, on n’est jamais à quatre mois près.

Si vous n’en voulez pas… L’entreprise n’est pas le lieu pour exprimer un désir d’enfant qui tarde à être réalisé. Et si, réellement, vous ne souhaitez pas d’enfant, l’entreprise n’est pas non plus un lieu où l’on doit justifier ou mettre en exergue ses choix de vie privée.

Si vous êtes enceinte, toutefois, un minimum d’honnêteté s’impose. « La maternité peut changer les priorités et la façon de voir les choses d’une femme, estime Christelle Tong-Cuong, consultante à Lyon. La grossesse n’est sans doute pas le meilleur moment pour chercher du travail, mieux vaut attendre un peu. » Pour Aurélie, recrutée alors qu’elle était enceinte (voir témoignage en encadré), il n’était d’ailleurs envisageable de chercher un emploi dans cette situation qu’en passant par son réseau et qu’en prévenant l’entreprise avant le premier entretien.

Et le deuxième, c’est pour quand ? Si votre premier enfant a entre 2 et 5 ans, la question pourra prendre parfois une forme plus sournoise : « Vous avez déjà un enfant, vous en voulez un deuxième ? », d’où toute la difficulté de trouver un nouvel emploi dans cette situation. L’ambiguïté est telle que nos recruteurs ont souhaité garder l’anonymat sur ce sujet. « À partir du moment où une femme n’a qu’un seul enfant, les recruteurs s’attendent automatiquement au deuxième. Quand elle en a deux, c’est vrai qu’ils se sentent soulagés ».

Avez-vous des enfants ?

Avoir des enfants a évidemment un impact sur sa vie professionnelle, cela veut dire qu’on pourra difficilement demander à la candidate un déplacement au pied levé. Certaines fonctions, commerciales par exemple, demandent une plus grande disponibilité en soirée pour des manifestations ou des dîners avec des clients… Par ailleurs, cela pousse aussi de connaître l’âge des enfants et le mode de garde. Ces informations me donnent une idée de l’organisation de la candidate pour à la fois profiter de sa vie de famille et mener sa vie professionnelle.

Que faut-il répondre...
Si une candidate se tient sur la défensive et pense que, si elle dit qu’elle a deux enfants, ça va nécessairement poser un problème, cela risque de se voir et cela n’est pas très rassurant pour l’employeur, la meilleure des réponses est donc : « Si je travaille, si j’ai choisi ce métier, si je postule à ce poste, c’est parce que j’ai l’organisation ou la structure nécessaire pour gérer le quotidien. » « La candidate a aussi le droit de répondre ce qui l’arrange, autant être d’un cynisme absolu, si on vous demande si vous avez des enfants et comment ils sont gardés, répondez que le travail passe avant tout et que vous êtes super organisée.

Décliner son âge

Le sujet est éminemment sensible. Si vous n’avez pas donné votre date de naissance sur votre CV, attendez-vous à ce qu’on vous pose la question. Parfois votre interlocuteur n’ira pas plus loin. L’information lui servira juste à mieux comprendre votre parcours.

25-45 ans, les âges de tous les possibles. Mais pour bon nombre de DRH, c’est bien plus la possible maternité que votre date de naissance qui inquiète. De 25 ans environ jusqu’à 40-45 ans (l’âge de la ménopause), ils vont se demander si vous ne venez pas dans leur entreprise pour faire des enfants. La discrimination envers les femmes joue ici à plein régime, car il n’y a pas de solution. Soit vous avez eu trois enfants ou plus avant 30 ans, le recruteur pourra alors imaginer que vous n’agrandirez pas davantage votre famille, mais juger que votre CV manque d’étoffe. Soit vous justifiez d’un CV bien rempli, avez entre 30 et 40 ans et pas d’enfants… et vous devinez la suite !. Être âgée de 30 à 35 ans et ne pas avoir d’enfant ou n’en avoir qu’un seul, peut susciter, chez certains recruteurs et futurs employeurs, des interrogations sur une naissance à venir .

Après 40 ans, la problématique change. Soit vous avez déjà occupé un poste à responsabilités et, dans ce cas, le recruteur n’aura pas trop de doutes sur vos compétences (puisque vous avez déjà une carrière derrière vous) et il sait que vous ne lui poserez pas de congé maternité et que vos enfants commencent à grandir (en cas d’expatriation, seul ce dernier argument pourrait être un obstacle). Soit vous voulez donner un nouveau coup d’accélérateur à votre carrière, mais à cet âge, pour beaucoup d’entreprises, il est déjà trop tard, car tout se joue entre 30 et 40 ans. Beaucoup estimeront que si on ne vous a pas confié de responsabilités auparavant, c’est parce que vous ne le méritiez pas, en oubliant que vos congés maternité ou parentaux ont pu vous faire manquer des opportunités.

L'entreprise.com


         
 
                         
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