Enseignement supérieur : La démarche qualité progresse



Amélioration du processus d’accréditation des filières.
Mais l’évaluation institutionnelle encore à la traîne.
Création de l’agence nationale d’évaluation en stand-by.
La qualité est une question déterminante dans la bonne gestion de l’entreprise et de l’université. Cette dernière a pour priorité, et c’est la loi qui le dicte, la mise en place d’une démarche qualité, passant par un système d’évaluation recommandé par la charte de l’éducation nationale et la loi n°01-00 et soutenu par des projets européens tels que le programme Tempus. L’université ne cesse de multiplier les rencontres et les débats pour sensibiliser et pour associer tous les partenaires (administration, enseignants…) à la démarche qualité. Une question qui a fait l’objet d’un débat, en février 2010, organisé par l’Université Hassan II-Casablanca sur le thème de «l’apport et la mise en place de l’audit interne à l’université».

Dernièrement, à l’occasion de la semaine qualité, une journée a été organisée par la présidence de l’Université Hassan II-Casablanca, en partenariat avec l’Union marocaine pour la qualité. «La qualité c’est aussi optimiser l’utilisation des ressources» en était le thème central. Des rencontres ont été tenues autour de l’évaluation institutionnelle, afin de faire le point sur les acquis et les faiblesses du système.

L’évaluation a été initiée par la promulgation de la loi 01.00 et de la charte nationale d’éducation et de formation comme mécanisme d’assurance qualité. Le but étant de moderniser l’enseignement supérieur au Maroc et d’identifier les forces et les faiblesses pour une amélioration continue. L’université a réalisé une première évaluation interne en 2006. Ceci a permis de dresser un état des lieux et un tableau des leviers potentiels d’amélioration de l’université. Parmi ces leviers, celui d’organiser l’auto-évaluation d’une manière périodique, de diffuser les résultats de l’auto-évaluation institutionnelle auprès de la communauté universitaire et de mettre en place des structures d’assurance qualité dans tous les établissements.

Le ministère de l’Enseignement supérieur est intervenu lors de cette journée pour faire un état des lieux de la mise en place de la démarche qualité et l’évaluation. Selon les conclusions, il faudrait connaître un nouveau point d’inflexion qui permettrait de faire passer la question de la qualité d’une phase de développement d’initiative individuelle vers un système plus organisé, global, qui permettra de booster la vitesse d’implantation du processus qualité dans les institutions.

Qu’a fait le Maroc depuis l’adoption de la loi 01.00? Cette dernière, qui a repris les dispositions de la charte, prévoit des mesures pour l’assurance qualité: l’accréditation des filières de l’enseignement supérieur public et privé, l’évaluation des établissements, la création d’instances d’évaluation et de régulation et la communication et publication des rapports d’évaluation.

En 2006, a été créée au sein du Conseil supérieur de l’enseignement (CSE) l’Instance nationale d’évaluation dont l’objet est de procéder à des évaluations globales, sectorielles ou thématiques en appréciant les performances pédagogiques et financières par rapport aux objectifs et en se référant aux normes internationales reconnues en la matière.

A cette fin, l’instance apprécie les connaissances, les aptitudes et les compétences acquises par les enseignés au cours des cycles de formation et les modalités de leur contrôle, évalue les avantages que retire la société du système d’éducation et de formation, apprécie l’amélioration de la qualité des services fournis aux élèves et étudiants. Le processus d’accréditation est rodé, mais c’est le projet d’évaluation institutionnelle qui traîne encore.

Le projet vise la mise en place d’un système national d’évaluation institutionnelle. Il s’organisera en 5 axes stratégiques: la mise en place de l’agence en charge de l’évaluation externe, le renforcement des capacités des universités pour la prise en charge de l’évaluation par la création et l’organisation des «unités qualité et pilotage stratégique», l’élaboration d’un référentiel d’évaluation, la formation des RH pour la prise en charge des évaluations internes et externes. L’agence nationale d’évaluation tarde à voir le jour. Une création prévue depuis 2000. Pourtant, l’agence a une place importante dans le plan d’urgence. A rappeler que l’étude de faisabilité a été réalisée en 1998. Il y a un début de coordination des différents départements concernés pour la création de l’agence. Des mesures de sensibilisation à l’évaluation institutionnelle ont été lancées.

Certaines interrogations sont soulevées, à savoir: le niveau d’adhésion des parties prenantes aux objectifs du projet, les possibles résistances au changement, l’efficacité du pilotage stratégique mis en place… Selon la présentation du ministère, les actions à prévoir consistent, entre autres, à définir les enjeux relatifs à la création de l’agence et son impact sur le développement du secteur de l’enseignement supérieur et à délimiter le périmètre d’intervention de l’agence.

Parties prenantes
Charles Tondeur, président de la FAR/MFQ (Fédération des associations régionales du mouvement français pour la qualité) et enseignant à l’Edhec, a fait part de ses expériences en ce qui concerne la mis en place de la démarche qualité dans l’enseignement. Il a parlé d’une expérience de la fédération qui peut être dupliquée dans les universités marocaines, à savoir la mise en place d’un prix du meilleur mémoire en qualité pour les étudiants de licence, master et doctorat.

Comment mettre en place une démarche qualité dans un établissement d’enseignement supérieur? Tondeur présente l’approche par les parties prenantes: les étudiants (concernés par la qualité des programmes, des enseignements et le développement personnel), les enseignants (concernés par le niveau de qualification et la qualité de la recherche), la traçabilité des anciens élèves, la société et employeurs des étudiants (liens avec le monde socio-économique concernant le stage et le recrutement), le système administratif et financier de l’établissement (assurer sa pérennité financière), les salariés non enseignants (conditions de travail, qualité des services rendus aux étudiants) et l’impact environnemental de l’établissement (campus responsable).

L'economiste


         
 
                         
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