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Difficultés scolaires : que faire ?
La réussite scolaire reste de nos jours l’une des plus importantes sources de reconnaissance.
L’enfant doit se montrer à la hauteur, non seulement des attentes du professeur, mais aussi de ses parents qui souvent projettent sur lui un avenir professionnel sous les meilleurs auspices.
Cependant certains enfants cumulent les difficultés à l’école. Problème de concentration, de maturité... on s'interroge pour trouver la solution en cas de difficultés scolaires.


Quelles sont les causes de l’échec scolaire ?

Il y trois grandes causes à l’échec scolaire. Tout d’abord, les causes économiques : un enfant issu d’un milieu social défavorisé aura plus de chances d’être en échec scolaire. Ce sont les grandes idées des sociologues Bourdieu et Passeron. La deuxième cause de l’échec scolaire c’est la maladie : la dyslexie ou encore l’hyperactivité, par exemple. Et enfin la troisième cause, c’est l’institution qui ne s’adapte pas aux enfants qui ont un handicap. Pendant longtemps l’école a culpabilisé l’enfant s’il ne travaillait pas bien à l’école, c’était soit parce qu’il était paresseux, soit parce que les parents n’étaient pas assez présents. Mais elle ne s’est jamais posée la question de savoir ce qu’elle pouvait faire pour réconcilier l’enfant avec le système scolaire.

Et comment l’école pourrait-elle faire pour s’adapter à l’enfant ?

Déjà, je pense qu’il faudrait éviter les redoublements intempestifs. Il y a des enfants qui redoublent inutilement et qu’on met en échec psychologique. Ils lâchent alors prise, sont démotivés. Il faudrait se demander pourquoi cet enfant est en échec, et surtout lui donner les moyens de rattraper son retard à l’école. Par exemple, si un enfant n’a pas suffisamment travaillé en maths, il faudrait mettre en place des cours de maths le soir à l’école, pour qu’il puisse rattraper son retard, et passer dans la classe supérieure.
Des statistiques en ont montré qu’un enfant en échec scolaire qui redoublait avait plus de difficultés que celui qui passait en classe supérieure. Je pense qu’il faudrait aussi impliquer un peu plus les parents dans l’école, surtout pour les catégories les plus défavorisées. Le problème est que les parents parfois démissionnent et ont une certaine résistance à l’école.

Le redoublement vous semble-t-il une solution adaptée ?

Pas forcement. A moins que l’enfant soit en très grandes difficultés, qu’il ait été malade pendant une grande partie de l’année. L’image narcissique de l’enfant qui redouble, c’est : "je suis un mauvais enfant, je suis un mauvais élève", il se décourage et ne fait plus rien. Alors que si on l’encourage, et qu’on lui offre les moyens d’y arriver, il progresse.

Et que pensez-vous des heures de soutien mises en place ?

L’idée était bonne, mais c’est assez décevant, assez insuffisant. Ce sont des heures de soutien qui sont faites à des moments où les élèves sont fatigués, soit en fin de journée, soit entre midi et 2 heures. Les enseignants n’ont pas été formés à ça, ils se contentent souvent de continuer le cours qui a été fait dans la journée, alors qu’il faudrait appliquer d’autres méthodes plus ludiques pour faire apprendre à l’enfant. Je pense aussi que ces heures de soutien ont pour effet de stigmatiser un peu plus ces enfants, qui ont l’impression d’être puni avec ces 2 heures supplémentaires. Les bons élèves qui réussissent bien auront une école allégée, alors que les autres se verront imposer 2 heures supplémentaires. Je pense qu’il faudrait introduire des spécialistes dans les écoles, des orthophonistes, des psychologues, qui connaissent ces difficultés, et que ce soient ces personnes qui prennent en charge les élèves durant des heures de soutien.

Quels conseils donneriez-vous aux parents qui se sentent quelque peu dépassés par l’échec scolaire de leur enfant ?

Il n’y pas de fatalité à l’échec scolaire, il y a toujours quelque chose à faire. Il ne faut pas que les parents baissent les bras, sinon l’enfant aura tendance à se décourager. La première chose à faire est de rencontrer l’enseignant, de lui poser des questions, de lui demander ce qu’il pense des difficultés de l’enfant. Ensuite, il ne faut pas hésiter à consulter un spécialiste. Les parents peuvent d’abord en parler à leur médecin généraliste ou au médecin scolaire, puis consulter un spécialiste selon les difficultés de l’enfant. Les parents ont souvent tendance à se culpabiliser de l’échec de leur enfant, mais ce n’est en aucune manière de leur faute, ils ne sont en aucun cas de mauvais parents. Il est essentiel de dédramatiser et d’essayer de résoudre les problèmes. Il ne faut pas trop confronter l’enfant à ses notes, et son classement dans la classe. Cette attitude serait déprimante pour l’enfant. Et il ne faut pas oublier que l’école est un lieu de vie, pas de marginalisation !

Avis d'un professeur de lettres Modernes en collège

En tant qu’enseignante, que faites-vous quand un enfant a des difficultés à assimiler ce que vous lui apprenez ?

je suis fréquemment confrontée aux difficultés scolaires des élèves. En ne peut pas ne pas se poser cette question. Ce n’est pas parce qu’on enseigne , ou que les élèves sont en difficultés, qu’il faut abaisser ses exigences. Il faut essayer de leur donner les moyens d’accéder à ce qu’on leur apprend. Je fais lire un livre par mois à mes élèves, je ne fragmente pas le savoir, j’essaie de leur ouvrir un univers et de leur donner envie de s’y plonger.
J’essaie aussi de corriger de manière individualisée chaque copie, et lorsque je m’aperçois que la copie de tel élève est criblée de fautes d’orthographe, je lui fais copier et lui réexplique la règle d’orthographe qu’il n’a pas assimilée. Il est essentiel de les intéresser, de les impliquer, c’est pourquoi nous menons des projets de classe ensemble et que je les stimule en passant de l’écrit à l’oral.

En pratique, cela se traduit comment ?

Nous avons réalisé un projet , qui a permis de faire décoller les résultats au brevet. Les élèves ont porté leur projet jusque sur scène, ont pu danser, chanter. Le but du jeu est de les confronter à des choses belles.

Les élèves sont très sensibles. Abaisser le niveau, c’est être dans un mépris d’eux-mêmes. Je les aide, je les contrains aussi, car il faut fixer certaines limites, mais surtout je les stimule, je les pousse au dépassement d’eux-mêmes. Lorsque l’on étudie un auteur comme Victor Hugo, on va visiter ensemble la maison de Victor Hugo, ils apprennent des vers. J’essaie aussi de les écouter individuellement.

Le redoublement vous semble-t-il une solution adaptée ?

Statistiquement, le redoublement n’est pas une bonne solution en soi. Il est vrai qu’il y a des élèves qui ont besoin de plus de temps pour mûrir, certains qui ont besoin d’acquérir les bases de la langue française, mais au niveau du collège le redoublement est rarement fructueux pour l’élève, et son épanouissement.
C’est compliqué pour tout dire, je pense que ça ne sert pas à grand-chose, mais on ne donne malheureusement pas les moyens de faire autrement.

Vous arrive-t-il de vous sentir dépassée par les difficultés d’un enfant ?

Oui. J’exerce dans une zone défavorisée, donc oui cela m’arrive. Le suivi orthophonique peut nous aider. Il est essentiel de créer une jonction dans ce cas-là avec les parents et d’en discuter avec eux, essayer de comprendre d’où vient le problème, s’il est plutôt d’ordre cognitif ou bien comportemental, auquel cas on peut orienter l’enfant vers un psychologue.

Comment un enfant peut-il parvenir à surmonter ses difficultés scolaires ?

Il existe un rapport affectif entre l’élève et le professeur, même si on a tendance à le nier. Une bienveillance s’installe vis-à-vis de l’élève, il faut qu’il ait l’impression qu’il peut tenter sa chance et réussir. Il faut s’entretenir avec les parents et comprendre la façon dont ils considèrent l’école. S’ils ont tendance à dévaloriser l’école, l’enfant, son travail et son rapport à l’école s’en trouveront affectés.
J’ai pu constater que les filles étaient plus contraintes à la maison, dans l’aide aux tâches ménagères et donc qu’elles envisageaient l’école plus comme un moment de liberté. Alors que pour les garçons beaucoup moins contraints au domicile, l’école apparaît vraiment comme une contrainte. Il ne faut pas oublier que la réussite de l’élève repose sur une synergie entre parents, élèves, professeur, direction et vie scolaire.


sante-az



Rédigé par Enfants Webmaster le Mardi 17 Mai 2011 à 23:13