Energie solaire: Nareva dans le projet Desertec



Energie solaire: Nareva dans le projet Desertec
C’est un projet solaire de 400 milliards d’euros dans le Sahara.
Objectif: couvrir 15% des besoins de l’Europe en électricité.
La filiale énergie de l’ONA porte à 17 le nombre d’investisseurs.

Le pharaonique projet solaire dans le désert du Sahara, initié par le groupe allemand DII, séduit de plus en plus d’entreprises. Desertec Industrial Initiative, c’est son nom, vient d’enrôler quatre nouveaux investisseurs, portant ainsi à 17 le nombre de partenaire du projet. Nareva Holding est au nombre de quatre nouveaux entrants dans le projet Desertec. Les trois autres sont le français Saint-Gobain, via sa filiale Saint-Gobain Solar, l’italien Enel et l’espagnol Red Electrica.
«La démarche de la filiale spécialisée dans les métiers de l’énergie et de l’environnement du groupe ONA est stratégique», confie cet expert en énergies renouvelables. «Le solaire est une source d’énergie électrique des plus prometteuses en termes de coûts pour les décennies à venir», ajoute-t-il. En tout cas, cela répond en partie à l’objectif stratégique de la holding, qui est de devenir acteur de référence du marché et dans la région dans les secteurs de l’énergie et l’environnement. De fait, son ambition est de développer plus de 300 MW entre 2010 et 2012.
En signant l’accord d’investissement (1,5 milliard de DH) en mars 2008 avec Lafarge Maroc pour développer et exploiter un parc éolien pouvant atteindre une capacité de 100 MW, dont l’énergie produite sera fournie exclusivement au cimentier, son management est loin d’imaginer se retrouver dans le tour de table des entreprises porteuses de ce qui sera le plus gigantesque projet solaire au monde.
Toutefois, pour Nareva comme pour les 16 autres partenaires, rien n’est encore acquis au sujet des modalités de financement de ce projet dont l’investissement est estimé à 400 milliards d’euros, soit plus de 4476 milliards de DH. «C’est l’équivalent d’une centaine de centrales nucléaires de nouvelle génération», commente Abdellali Jabir, expert en énergies renouvelables.
Selon les premières estimations, à elles seules les méga-installations solaires coûteraient quelque 350 milliards d’euros (plus de 3917,6 milliards de DH). Et la construction du réseau, haute tension, pour transporter l’énergie produite du Sahara vers le continent européen, devrait coûter la bagatelle de 50 milliards d’euros. On en est encore loin. Les initiateurs du projet Desertec disent se donner encore deux ans, jusqu’à fin 2012, pour mesurer exactement sa viabilité.
Le cas échéant, c’est le principe du «à tout seigneur, tout honneur», qui s’appliquera. Pour les premières prévisions, ce sont les foyers allemands qui vont être approvisionnés les premiers en électricité solaire produite au Sahara, au plus tard en 2022. A terme, les initiateurs du projet estiment pouvoir être en mesure de produire 15% de l’énergie consommée en Europe d’ici à quinze ans.
Très peu d’observateurs créditent Desertec d’un bel avenir. Bien plus que les montants financiers en jeu, ils insistent sur les difficultés techniques inhérentes à un tel chantier. En attendant, ce projet, dont certains qualifient de «club vert», est coaché par les deux géants allemands de l’énergie, E.ON et RWE, en plus d’autres poids lourds de l’économie allemande dont Siemens, la Deutsche Bank ou encore le réassureur Munich Re.

L’autre plan solaire
Le plan solaire marocain s’insère parfaitement dans le projet méditerranéen. Ce dernier ambitionne de développer des centrales électriques utilisant des énergies renouvelables, sur les rives sud et est de la Méditerranée, pour une capacité additionnelle de 20 Gigawatts d’ici 2020.
Le Plan marocain entend construire, entre 2015 et 2019, une capacité de production électrique de 2GW. Sa mise en œuvre semble imminente puisqu’un premier appel d’offres devrait être lancé l’automne prochain pour la construction et l’exploitation de plusieurs centrales d’une capacité de 500 Mégawatts à Ouarzazate.
Reste à savoir si les plans solaires marocain et méditerranéen pourraient à leur tour être insérés dans le pharaonique projet Desertec Industrial Initiative.

L'economiste


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