Emploi et Carrière : Mise à niveau intensive en langues à l’Ofppt



L’Office investit 56 millions de DH en masse salariale.
Une «armée» de 676 enseignants est dédiée au programme.
La maîtrise du français, mais aussi de l’anglais et de l’arabe.

Comme dans l’enseignement supérieur, la maîtrise du français est un prérequis pour suivre la formation dans les instituts de l’Ofppt. La majorité des stagiaires ne pouvait pas comprendre les cours étant donné qu’ils ont fait la totalité de leur scolarité au secondaire en langue arabe. La même problématique se pose au premier cycle dans l’enseignement supérieur. Les universités multiplient d’ailleurs des modules de communication pour rattraper ce qui est rattrapable. Les jeunes arrivent pratiquement sans aucune base en français, comme dans les autres langues du reste. Du coup, en français par exemple, les modules partent des règles élémentaires de grammaire, de conjugaison et de l’orthographe,…

Le management de l’Ofppt a décidé d’intensifier des modules de langue française dans ses programmes en y greffant un élément capital: dès cette année, le diplôme sera conditionné à l’obtention du certificat de maîtrise de la langue française, l’équivalent du certificat d’aptitude exigé par les services consulaires français aux candidats désirant poursuivre les études en France.
Ce programme de mise à niveau à langue française, lancé en 2008, s’appuie sur des fondamentaux, explique le directeur général de l’Ofppt, Larbi Bencheikh. Une année après, le volume horaire a été doublé pour être porté à 4 heures par semaine. Ramené à l’année scolaire, cela équivaut à 108 heures. «L’équation est simple», justifie le directeur général qui investit 56 millions de dirhams en masse salariale dans ce programme: la maîtrise du français est clairement un élément discriminant à l’employabilité de jeunes diplômés. A la sortie, les techniciens sortis du réseau de l’Ofppt sont censés interpréter les notices, communiquer avec leurs collègues, avec le client,…
Sur un total de 676, 378 dispensent le français, 121 l’arabe et 3 sont affectés à l’enseignement de la langue espagnole. En masse salariale, cela coûte 56 millions de dirhams par an à l’Office de la formation professionnelle.

L’Office dispose de huit laboratoires de langue répartis dans son réseau. Ces laboratoires sont équipés de dernières technologies en matière d’orthophonie, etc. L’anglais et l’arabe complètent le programme de mise à niveau des langues qui mobilise une armée de 676 formateurs, des contractuels pour la plupart.

Si la formation continue est le métier originel de l’Office de la formation professionnelle, ce dernier s’est peu à peu transformé presque en une «université» bis. Cette transformation ne semble guère gêner le management qui y voit «une attractivité de l’établissement auprès des ménages». Il fut un temps où s’inscrire dans un institut Ofppt était perçu comme dévalorisant; aujourd’hui, le chômage des diplômés de l’université a tout changé. Beaucoup de jeunes préfèrent apprendre un métier opérationnel pour maximiser leurs chances d’intégration sur le marché de l’emploi.
Sur les 220.000 emplois créés en 2008, plus de la moitié seraient des lauréats de la formation professionnelle. Résultat, les guichets des instituts de l’Ofppt sont pris d’assaut. Pour l’année en cours, 220.000 jeunes sont inscrits dans le réseau de l’Office dont de plus en plus de jeunes bacheliers avec mention.

Régionalisation, financement,…
L’Ofppt a du mal à concrétiser certaines de ses ambitions. Il n’a toujours pas encore réussi à faire passer l’idée déjà ancienne, d’introduire des licences professionnelles dans son cursus. Le projet se heurte certes à des contraintes juridiques, mais également, aux résistances de l’enseignement supérieur qui ne verrait pas d’un œil cette incursion dans ce qui est perçu à Rabat comme une exclusivité de l’Education nationale. Même le projet d’établir des passerelles avec les écoles supérieures publiques, pourtant validé par le conseil d’administration, n’est pas allé au-delà de «bonnes intentions».
Face à l’explosion de la demande, il faut réfléchir à de nouveaux financements pour pérenniser le système. C’est une étude confiée au cabinet Deloitte qui dégagera des scénarios qui seront soumis à l’appréciation du gouvernement. La contribution des entreprises à travers la taxe de formation professionnelle restera le socle du financement du dispositif. Il reste l’augmentation des transferts émanant du budget de l’Etat. Sur ce point, rien n’est acquis.
L’autre projet structurant sur lequel planche actuellement le management de l’Ofppt en s’appuyant sur une étude de KPMG, est la décentralisation. L’idée est de concéder une large autonomie aux entités régionales de l’Ofppt qui deviendraient des centres de profit. Le schéma proposé par les experts de KPMG devrait être validé d’abord par le conseil d’administration.

leconomiste.com


         
 
                         
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