Eau potable : le Maroc investit 1.5 milliard de DH dans 6 projets de dessalement


L'ONEE exploite déjà une dizaine d'installations de petite taille. D'ici 2016, 200 000 m3 d’eau potable sortiront des unités de dessalement chaque jour contre 65 000 m3 actuellement. Le grand projet d'Agadir d’une capacité de 100 000 m3/j attend toujours son adjudicataire.



Eau potable : le Maroc investit 1.5 milliard de DH dans 6 projets de dessalement
En dépit du mauvais état de ses finances, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) ne réfrène pas ses investissements. Loin de là, puisque ces derniers restent même particulièrement importants, notamment pour accompagner la volonté de l’Etat de multiplier les installations de dessalement. Outre l’extension d’une installation à Tan-Tan, qui doit être mise en service dans les prochaines semaines, l’office planche actuellement sur 5 projets. Il s’agit aussi bien d’installations de traitement d’eau de mer que d’eaux saumâtres naturellement salines. Dans ce dernier cas, on parle techniquement de déminéralisation mais le langage courant consacre la formule plus généraliste de «dessalement». Il n’est donc pas étonnant de voir une installation de dessalement d’eau à des centaines de kilomètres de la mer, à l’image de ce qui se passe justement au Maroc. Actuellement, le pays compte une dizaine d’installations, principalement dans le Sud, toutes de petite et moyenne taille. Pour rappel, l’ONEE s’est rapidement mis au dessalement avec une première installation en 1975 à Tarfaya, d’une capacité de 75 m3/j. «Chaque jour, 65 000 m3 d’eau sont traités par dessalement (ou déminéralisation). Au total, l’ONEE a investi près de 1 milliard de DH», confie Khalid Tahri, directeur technique et ingénierie à la branche eau de l’ONEE. L’office passe donc à la vitesse supérieure et compte investir environ 1,5 milliard de DH d’ici 2016 dans 6 projets.

Parmi ces 6 projets, le plus avancé est sans conteste celui de Tan-Tan qui est d’une capacité de 9 000m3/j. Suit celui de Dakhla, d’une capacité de traitement de 17 000 m3 par jour, qui sera livré d’ici la fin 2014. Les travaux sont confiés à un groupement maroco-italien. Ceux du projet d’extension de l’unité existante à Boujdour, d’une capacité de 7 000 m3/j, seront très bientôt entamés. Du côté de Khouribga, dont le projet est d’une capacité de 26 000 m3/j, il ne reste qu’à choisir l’adjudicataire. Si tout se négocie comme prévu, le chantier sera ouvert au début de l’année prochaine. A Zagora, l’appel d’offres est toujours en cours et la remise des offres est prévue pour le 8 mai. D’une capacité de 5 250 m3, cette nouvelle installation est en réalité l’extension de la station de déminéralisation de Tagounite. La mise en service de cette nouvelle installation est prévue pour 2015. Enfin, le plus grand projet de dessalement jamais vu au Maroc tarde encore à se réaliser. D’une capacité de traitement de 100 000 m3/j, cette installation a pourtant mobilisé les professionnels. Sept candidats internationaux sont pré-qualifiés mais aucun nom ne circule, à l’exception de celui du groupement Abengoa Water-InfraMaroc (groupe CDG) dont on sait qu’il a déposé une offre.

L’objectif est de tripler la capacité d’ici 2020

Aujourd’hui, tout est encore en train de se jouer. Du côté de l’ONEE, on explique ce retard -l’appel à manifestation d’intérêt date de 2007- par le fait que le projet est, outre son gabarit, le premier contrat de «gestion déléguée» dans le domaine du dessalement au Maroc. En effet, l’adjudicataire sera également l’exploitant de l’installation pour 20 ans. Malgré le caractère inédit du projet, l’ONEE espère désormais que les travaux démarreront début 2014. En s’appuyant sur ces nombreux projets, il ambitionne de tripler la capacité de traitement d’ici 2016 : dès que les 5 projets en cours seront opérationnels, le Maroc produira un peu plus de 200 000 m3 d’eau potable par dessalement chaque jour. Et l’office ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. D’autres études sont en effet en cours pour étudier l’éventualité de mettre en place de nouvelles installations, notamment à Al Hoceima, Sidi Ifni et Laâyoune. Cette ambitieuse approche de l’office public figure comme l’une des priorités pour répondre aux problèmes de rareté et d’accessibilité des ressources conventionnelles en eau, et ce, en dépit de son coût.

Il faut en effet compter en moyenne 10 000 DH/m3 pour s’équiper d’une technologie de dessalement d’eau de mer. Pour la déminéralisation, tout dépend du taux de minéralisation de l’eau à traiter. Idem pour le coût de revient. Si le cours mondial moyen est de 6 DH/m3, il ne faut pas oublier que divers éléments entrent en jeu. Le coût de l’énergie et de la prise d’eau, le montage financier, la qualité de l’eau à traiter et la taille même du projet influencent grandement le coût de revient. «En dépit d’un coût de la technique élevé, du fait principalement de la facture énergétique, la solution reste compétitive», affirme Khalid Tahri. Le couplage solaire/dessalement pourrait bien résoudre bon nombre de ces inconvénients. A noter par ailleurs que le dessalement n’est pas l’apanage de l’ONEE puisque certains privés s’y mettent pour irriguer leurs exploitations agricoles.

15 000 usines de dessalement d'eau de mer dans le monde

 
Les techniques de dessalement d’eau de mer –principalement osmose inverse et électrodialyse– se retrouvent bien sûr avant tout dans les zones fortement arides à arides. C’est ainsi que le Proche et Moyen-Orient, les États-Unis et le bassin méditerranéen (Espagne, Libye, Tunisie, Italie, etc.) sont les principaux pays équipés d’installations de dessalement. La plus grande usine de dessalement se trouve justement à Jebel Ali, aux Émirats Arabes Unis avec une capacité de 900 000 m3/j. En Israël, celle d’Ashkelon produit 320 000 m3/j. On estime aujourd’hui à plus de 15 000 le nombre d’unités de dessalement d’eau de mer à travers le monde. Elles produisent plus de 56 millions de m3 d’eau potable par jour sur une capacité mondiale de production en eau potable de l’ordre de 500 millions de m3/j. Les nouveaux projets continuent de se multiplier à l’image de la future usine de dessalement d’eau de mer de Carlsbad, en Californie, qui sera alors la plus importante du pays avec ses 204 000 m3/j. Idem en France où, outre les petites installations actuelles, dont celle de Belle-Ile ou du Cap Corse, le pays étudie la possibilité de s’équiper de nouveau sur la côte Atlantique.
 

Anne-Sophie Martin
www.lavieeco.com



         
 
                         
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