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Croissance verte : Un modèle de développement alternatif
La croissance verte n'est pas simplement une des options qui s'offrent pour les Nations, mais une nécessité urgente pour redonner de la vigueur aux économies et créer un modèle de développement alternatif porteur de progrès.
Les experts sont formels : Les effets du changement climatique se ressentiront profondément sur la croissance économique, le développement et la sécurité de chaque pays dans le monde. Elle doit donc constituer un point de mire stratégique aux niveaux politiques les plus élevés. Cependant, il est nécessaire d'appréhender la problématique de la croissance verte dans une perspective plus large intégrant de façon équilibrée, outre les dimensions environnementale et économique, la dimension sociale. Il s'agit en effet de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs, estiment les analystes. La démarche de développement durable offre ainsi une possibilité exceptionnelle pour l'humanité, sur le plan économique, de créer des marchés et des emplois, sur le plan social, de lutter contre l'exclusion, sur le plan politique, de réduire les pressions sur les ressources, qui risquent de conduire à des violences, et sur le plan de l'environnement, de protéger les écosystèmes et les ressources vitales, selon les termes mêmes de l'ex-secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan. Action internationale urgente Pour le Prix Nobel de la paix et président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, R. K. Pachauri, l'action internationale est aujourd'hui urgente et essentielle pour faire face au changement climatique. «Nous ne pouvons plus tolérer tout débat sur la nécessité d'agir «, a-t-il averti. Il s'agit surtout aujourd'hui d'emprunter la voie d'une économie qui ouvrira la voie à la «route la plus propre» pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En effet, face à la crise actuelle dont l'issue finale n'est pas encore totalement maîtrisée, si les plans de relance pour donner une nouvelle impulsion aux économies nationales sont biens conçus et bien mis en oeuvre, ils peuvent ouvrir la voie à une nouvelle croissance verte, faiblement émettrice de carbone et peu énergivore. Les plans de relance déjà annoncés par 34 Nations s'élèvent à environ 2 250 milliards de dollars américains, complétés par de nouvelles initiatives d'autres pays, ils doivent aider à catapulter l'économie mondiale dans le XXIe siècle, à condition d'éviter de soutenir des industries mourantes, de perpétuer les modèles de production obsolètes et les mauvaises habitudes de consommation d'hier, estiment le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon et l'ancien président américain, Al Gore. En effet, selon l'analyse de ces décideurs à l'échelle internationale, continuer à injecter des milliers de milliards de dollars en investissements dans des infrastructures qui reposent sur le carbone et à subventionner les industries qui reposent sur les combustibles fossiles reviendrait à commettre la même erreur qu'avec les prêts hypothécaires à risque. Les politiques publiques actuelles ou en perspective pour la relance économique doivent donc changer de paradigme et d'approche en agissant sur l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les transports publics, les nouveaux réseaux intelligents de distribution d'électricité et de reboisement, et en coordonnant les efforts intra et interétatiques afin d'obtenir des résultats rapides. La croissance verte est porteuse d'avenir, à lui seul le secteur des énergies renouvelables représente 2,3 millions d'employés dans le monde, c'est-à-dire davantage que les emplois directs du secteur pétrolier et gazier. Aux Etats-Unis, l'industrie éolienne emploie aujourd'hui plus de monde que l'ensemble du secteur du charbon. La suppression des 300 milliards de dollars de subventions accordés annuellement en faveur de secteurs qui reposent sur les combustibles fossiles permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre jusqu'à 6% et contribuerait à la croissance du Produit intérieur brut mondial. Les investissements dans les énergies renouvelables auront un impact là où les besoins sont les plus importants. Une nouvelle donne verte Pour des raisons morales et humanitaires, les conséquences fâcheuses et néfastes des changements climatiques pour les pays pauvres et en développement interpellent la conscience universelle et invitent la communauté internationale à davantage de solidarité avec les régions éprouvées et vulnérables. Aujourd'hui, des politiques «en faveur des pauvres» sont souhaitables voire salutaires. Pour Jomo Kwame Sundaram, sous-secrétaire général chargé du développement économique pour les Nations Unies, jusqu'à présent, les pays riches ne se sont pas montrés à la hauteur, en dépit des engagements pris à Kyoto, à Bali, et ailleurs, les objectifs prévus et ressources engagées pour atténuer le réchauffement climatique, encore moins pour s'y adapter dans les pays en développement, étaient piètres et dérisoires. Pour réussir, une «nouvelle donne verte» devra s'attaquer à d'énormes défis dans le monde en développement, premier touché -et le plus sévèrement- par les conséquences des changements climatiques, et où une croissance rapide nécessite une expansion massive d'énergie bon marché, explique-t-il. A l'échelle planétaire, plus de 30 millions de tonnes d'équivalent pétrole sont consommés sous forme d'énergie primaire chaque jour, soit 55 kilowatt heures par personne par jour, les pays riches consommant en moyenne plus du double. Pour beaucoup de pays en développement, la consommation se situe bien en dessous de 20 kWh. Il incombe aux gouvernements des pays riches de soutenir ce grand saut vers l'énergie propre dans le monde en développement, puisque c'est «leur prospérité économique fondée sur le carbone qui nous a mené au bord du climat catastrophe», relève Kwame Sundaram. Les gouvernements des pays industrialisés doivent regarder plus loin et au-delà de leurs frontières, en investissant immédiatement dans les filets de sécurité sociaux et dans des programmes qui permettent d'accroître fortement la productivité des plus pauvres et par conséquent empêcher de nouvelles souffrances et contrecarrer les risques. C'est conscient de cette situation que quelque 100 chefs d'Etat et de gouvernement se sont donnés rendez-vous à Copenhague. Face aux enjeux et défis, ils peuvent faire de cette réunion internationale le point de départ d'une reprise économique véritablement durable dont les générations actuelles et les générations futures profiterons pendant des décennies. MAP |
Evènement
EvènementMarrakech : Le Salon « SOLAIRE EXPO » du 09 au 12 février 2012Casablanca : Electricity & Energy expo du 11 au 15 octobreCasablanca : La 1ére édition de l'E-commerce du 3 au 5 Novembre 2011Casablanca : Salon industriel des équipements, des technologies et de la sous-traitance du 14 au 17 septembre
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