Coup d’envoi royal de la Campagne agricole à Meknès

Objectif: cultiver 5,4 millions ha de céréales et de légumineuses.
Feu vert également pour la caravane céréales OCP.
Entrée en vigueur hier 1er octobre de l’ALE agricole Maroc-UE.



Coup d’envoi royal de la Campagne agricole à Meknès

Le lancement par le Souverain de la saison agricole 2012-2013 est un signal fort de sa ferme volonté de faire de l’agriculture le moteur du développement de l’économie du Royaume. En effet, la campagne agricole, lancée lundi 1er octobre à Meknès, a été marquée non seulement par l’inauguration de la Société Nationale de Commercialisation de Semences à l’entrée de Meknès mais aussi par la caravane OCP céréales 2012 dont le coup d’envoi a aussi été donné par le Souverain, en personne.

Cette nouvelle campagne, qui table sur la culture de 5,4 millions d’hectares de céréales et de légumineuses, sera marquée notamment par la poursuite de la mise en oeuvre du programme national d’économie d’eau, l’amélioration du système d’assurance agricole, la promotion de l’action d’appui du fonds de développement agricole et la protection du cheptel.

Placée sous le signe du «partage d’expériences et de savoir-faire au bénéfice de l’agriculture marocaine et des petits agriculteurs», la Caravane céréales OCP, pour sa part, sera ponctuée par une grande interactivité entre les agriculteurs invités, les différents experts agronomes mobilisés pour l’évènement et les divers intervenants à travers des séances de questions/réponses et l’intervention des différents distributeurs OCP. Elle se déroulera en 12 étapes dans les zones céréalières du Royaume à savoir Meknès (Boufekrane), Ain Jemaa, Tlat Bouguedra, Zemamra, Berrechid, Settat, Beni Mellal, Bir Mezoui, Rass Tabouda, Rommani et Had Kourt. Elle s’adresse aux petits agriculteurs de ces zones céréalières du Royaume afin de les aider à mieux comprendre la typologie de leurs sols et à connaître les meilleurs moyens pour améliorer le rendement de leurs cultures céréalières. A cet effet, la Caravane OCP Céréales 2012 mobilise d’importants moyens humains et matériels et déploie sur le terrain un dispositif didactique complet pour atteindre ses objectifs. En effet, en plus d’un laboratoire mobile d’analyse du sol et d’une plateforme informatique abritant la base de données de la carte de fertilité, d’une superficie de 70 m², les initiateurs de cette tournée ont aménagé un village OCP d’une superficie de 2.400 m². Quelque 3.000 petits agriculteurs y seront invités et sensibilisés.

L’OCP met à leur disposition 8 distributeurs et analysera pour eux 240 échantillons de sols. L’Office mobilisera pour cette opération 20 experts agronomes. Ses chercheurs prendront en charge 48 parcelles (d’une superficie de 2 hectares environ chacune) jusqu’à la récolte. A noter que les propriétaires des ces parcelles seront suivis tout au long de la campagne agricole par des agronomes. En matière de sensibilisation, 8 films pédagogiques de vulgarisation seront réalisés et 25 véhicules mobilisés. «Cette Caravane s’inscrit parfaitement dans le cadre du Plan Maroc Vert et souligne l’engagement d’OCP aux cotés de l’agriculture nationale», est-il indiqué. Elle repose sur une volonté de proximité avec les agriculteurs pour mieux comprendre leurs besoins, afin de leur proposer les produits et les services les plus adaptés à leurs sols. Et ce, pour une fertilisation raisonnée dans les exploitations agricoles, un partage d’expérience et de savoir-faire concernant les nouvelles formules d’engrais et leur adaptabilité au marché local, l’utilisation et la mise à profit des données de la Carte de Fertilité. «L’ambition est de faire du Maroc un grenier agricole pouvant résoudre les problèmes liés à la flambée des prix des produits alimentaires dans les marchés internationaux et «assurer la sécurité alimentaire», est-il souligné.
Pour ce dernier volet, Aziz Akhannouch a noté que «l’agriculture est aujourd’hui l’avenir de la Méditerranée et de ses pays riverains». Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime croit dur comme fer que «l’agriculture et l’alimentation doivent rester des priorités stratégiques». «L’augmentation des prix des intrants agricoles est aujourd’hui une donne réelle, leur facteurs de production ayant augmenté, ils ont bien franchi un palier. Toutefois, nous ne pouvons continuer à nourrir la bulle de spéculation sur les produits alimentaires», rappelle-t-il conscient des difficultés et des enjeux. La volatilité des prix devient de plus en plus difficile à contrôler à cause de la spéculation financière. «Cette attitude irrationnelle creuse davantage le gap entre la réalité de la production agricole mondiale et le prix des denrées alimentaires», a souligné Akhannouch. Face à cette fluctuation, «le Maroc a pensé à sa sécurité alimentaire en se positionnant sur les marchés internationaux des produits alimentaires à travers ses avantages comparatifs et la diversité de ses produits, notamment les produits de terroir à forte création de revenu pour les petits exploitants : Faire ce que nous savons faire le mieux mené en parallèle avec une politique raisonnée d’approvisionnement en denrées de base». Aussi, selon Akhannouch, l’utilisation améliorée des espaces agricoles serait d’un grand apport. «Ne faut-il pas revoir les priorités d’attribution des terres cultivables? Nous sommes convaincus qu’il faut davantage consacrer les terres agricoles aux productions alimentaires et moins aux autres productions comme les biocarburants», a-t-il dit. Mais tout dépendra de la pluviométrie.

En attendant, les agriculteurs marocains peuvent se réjouir de l’entrée en vigueur, ce 1er octobre, du nouvel accord agricole de libre échange entre le Maroc et l’Union européenne. Accord qui promet de marquer un tournant important dans les relations entre le Maroc et l’Union européenne. D’autant plus que les deux partenaires se trouvent actuellement devant une future négociation sur la reconnaissance mutuelle des indications géographiques. Figure enfin sur leur agenda une prochaine coopération dans le domaine du développement rural pour lequel l’UE réserve un ambitieux programme.

Les droits de douane suspendus

Le lancement de la campagne agricole de cette année a coïncidé également avec l’entrée en vigueur du décret gouvernemental instaurant la suspension des droits de douane sur le blé tendre. Lequel décret est valable depuis ce 1er octobre. Cette décision, notons-le, survient après l’extension de la période de collecte au mois de septembre afin de permettre aux agriculteurs d’écouler leur production dans des conditions favorables. En fait, la suspension des droits de douane sur l’importation du blé tendre survient dans une conjoncture mondiale caractérisée par la flambée des cours mondiaux des céréales.

A signaler que les importations de blé tendre à partir de cette semaine devront être utilisées durant les derniers mois de 2012 en grande partie pour coupage avec la production nationale et serviront à maintenir le stock en blé à un niveau confortable. En accompagnement à cette mesure, l’Etat a mis en place un système de restitution forfaitaire à l’importation à compter de ce début du mois d’octobre. Cette restitution porte sur la différence entre le prix d’achat du blé à l’international et le prix ciblé par le gouvernement afin de maintenir le prix de la farine au même niveau.


Youness SAAD ALAMI, L'economiste



         
 
                         
  Actualité   Investir au Maroc   Création d'entreprise   Vie d'entreprise   Services   Pratique  
 
  Investissement   Portrait du Maroc     Etapes de création     Gestion     Newsletter     Téléchargements
 
  Economie   Raisons d'investissement     Guide des formalités     Finance     Forum     Vidéo
 
 
  Bourse & Finances   Climat des affaires     Formes juridiques     Marketing     Guichets moukawalati     Galerie
 
    Société & Culture     Opportunités d'investissement     Aide aux PME     Ressources humaines     Liste des CRIs     Liens
 
 
  Entreprise     Fiche d'entreprise     Droits des affaires     Nouvelles technologies         Blogs
 
  Sport       Fiscalité     Emploi & Carrière