Conseil BAM: Baisse du taux directeur, déficit public, finance islamique et bancaraisation



Conseil BAM: Baisse du taux directeur, déficit public, finance islamique et bancaraisation
Au-delà de la baisse surprise du taux directeur à 3% et de la situation de la politique monétaire et financière, Bank Al-Maghrib, qui a tenu son conseil avant-hier,  apporte ses observations sur les dossiers chauds du moment. Déficit public, dévaluation, soutien des PME, Casablanca Finance City… Revue de détails.

Déficit public: «5%, c’est crédible, si…»

Pour Jouahri, les prévisions d’un déficit public à 5% en 2012 sont crédibles, à condition que les mesures soient prises le plutôt possible en 2012. Plus on attend, plus le problème devient difficile, voire insoluble», précise-t-il. Concrètement, le «cuivrier» du Royaume, comme il le dit lui-même sur un ton ironique, estime que le gouvernement doit lancer rapidement le processus de ciblage pour soulager la charge de compensation. Il devra viser les populations les plus démunies qui seraient impactées par une mise à niveau éventuelle des prix au titre de la compensation. Des aides frontales leur seront accordées en conséquence.

PME: Un financement ciblé

Le taux directeur n’est pas le seul levier sur lequel va se baser la banque centrale pour soutenir la croissance. Jouahri insiste sur «un soutien volontariste pour les nouveaux financements des petites et moyennes entreprises». Il a, d’ailleurs, fixé au GPBM (le groupement des banques) des objectifs d’augmentation des financements accordés aux PME(1),  en particulier les crédits d’investissement et d’équipement. En contrepartie, BAM réservera un quart des facilités qu’elle accorde aux banques sur 3 mois à ces financements avec comme collatéraux des effets représentatifs. Concrètement, «chacune des banques fera un reporting trimestriel à la banque centrale», fait savoir Jouahri. Il ajoute que les contrôles se feront sur place au sein de chaque établissement. En fonction des évolutions, «ce ratio pourra être revu et adapté». Attention, prévient le gouverneur, les ratings des sociétés seront particulièrement passés au crible! «Même s’il s’agit de billets représentatifs qui nous mettent en rapport directement avec les banques, il est important que nous puissions regarder la qualité des crédits octroyés aux TPE et PME», renchérit Jouahri. A ce titre, BAM a limité le niveau de crédits qui leur seront accordés à 15 millions de DH.  

Bancarisation: Les 2/3 de la population pour 2014

A l'horizon 2014, BAM a fixé aux banques de bancariser les 2/3 de la population. Suite à une cartographie des implantations bancaires dans le Royaume, il a été constaté que le milieu rural demeure «sous-équipé et sous-développé» en termes de bancarisation, en dépit des formules qui ont été déployées. Par conséquent, «BAM propose son soutien pour tous les efforts pour l’implantation dans le milieu rural». Pour les banques, les implantations dans ce milieu sont pendant plusieurs années perdantes. «C’est  précisément sur ce point que nous sommes en train d’examiner quelle pourrait être l’ampleur de ces pertes», confie le gouverneur. Un système de soutien est d’ailleurs en cours d’élaboration pour permettre aux banques d’atteindre l’objectif fixé, et surtout une meilleure répartition des efforts.

Inflation: «Les prix à la pompe stressés»

Les perspectives de l’inflation à l’horizon du second semestre 2013 demeurent en phase avec les prévisions de la banque centrale à moins de 2%. Dans le cadre de sa politique monétaire,  cette composante est la plus primordiale. Elle guide ses orientations. Avant de baisser le taux directeur, BAM a procédé au stress tests sur les prix à la pompe pour voir si le taux d’inflation va déraper ou pas. Par conséquent, il restera au tour de 2%.

La dévaluation: un remède temporaire

«En comparant une inflation maîtrisée avec le taux de change effectif, il n’y a pas de désalignement du dirham dans sa cotation», souligne Jouahri. Et pour cause, «on fait des performances d’inflation meilleures que celles de nos partenaires», ajoute-t-il. Par conséquent, la dévaluation apparaît, pour BAM, comme un remède temporaire. En effet, la «dévaluation compétitive» ne peut donner que des résultats limités sur une courte période, sans enrailler les difficultés structurelles. Des difficultés ne peuvent être résolues que par l’amélioration de la compétitivité, de l’offre exportable du Maroc, de la qualité de service… Si tous ces éléments ne donnent pas de résultat, Jouahri promet de toucher alors à l’évolution du régime de change. «Nous y travaillons, d’ailleurs depuis deux ans».

Finance islamique

Sur ce point, Jouahri estime que «la loi ne doit donner que les grands principes». Il rappelle d’ailleurs qu’un chapitre a été consacré à la finance islamique dans le projet de la nouvelle loi bancaire. «Nous avons bien étudié la proposition de loi sur la finance islamique déposée au Parlement», indique le gouverneur. Selon lui, celle-ci englobait à la fois la banque, mais aussi l’assurance, les fonds d’investissement… Or, pour Jouahri, il faut les séparer. Par ailleurs, «nous étions intangibles sur certains principes», notamment celui de l’instauration d’une Charia Board au niveau de chaque établissement bancaire. «Celle-ci n’est ni conforme à la Constitution ni au principe de répartition de pouvoir», rétorque le patron de BAM. «Nous proposons une labellisation des produits pour l’ensemble du système bancaire par un sous-comité du Board des oulémas national, en collaboration avec des experts», ajoute-t-il. L’équité fiscale est l’autre point sur lequel revient le gouverneur. «Il n’est pas raisonnable de différencier entre ces deux produits, il faut laisser le choix au client d’opter pour l’un ou pour l’autre en toute équité», affirme Jouahri.      

CFC: Le chantier en bonne marche

Les membres de la place financière de Luxembourg se déplaceront au Maroc pour conclure un accord de partenariat avec le Moroccan Financial Board, le 13 avril. Par ailleurs, le partenariat avec Singapour va dans le bon sens. «Nos partenaires singapouriens viennent de déposer leur premier rapport en ce qui concerne le marché des capitaux et particulièrement le compartiment devises», fait savoir Jouahri.

Le ministre des Finances marocain a demandé au Parlement d’intégrer les textes dans le cadre d’un comité technique (parlementaires et experts du Trésor du ministère des Finances) pour baliser le terrain avant le vote pour ne pas entraver le timing de lancement de CFC. Justement, «nous commençons à avoir plusieurs sollicitations pour l’obtention du statut», affirme Jouahri. Près d’une vingtaine d’institutions seraient intéressées. Selon le gouverneur, une banque japonaise s’intéresse particulièrement au projet. Pour ce qui est de la connectivité, l’avancement est plus contrasté. Malgré certaines nouveautés (mise en place de fast traks pour le passage aux frontières dans l’aéroport notamment), ce chantier se fait doucement.

Moulay Ahmed BELGHITI, L'économiste



         
 
                         
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