Comment renforcer le rôle du rail dans la chaîne logistique globale ?

«D’ici 2040, les investissements mondiaux dans le secteur du transport seront de l’ordre de 10 000 milliards de dollars, dont 50% pour les chemins de fer ! 5 000 milliards de dollars vont être investis dans le système ferroviaire : fret, voyageurs et grande vitesse. La grande vitesse captera 1 200 milliards de dollars ! Le Maroc peut être fier d’être dans cette dynamique pour les prochaines décennies.»
Déclaration de Jean-Pierre Loubinoux, DG de l’Union internationale des chemins de fer à Tanger



Comment renforcer le rôle du rail dans la chaîne logistique globale ?
Après New Delhi et Saint-Pétersbourg, le Congrès mondial sur le fret ferroviaire qui s’est tenu à Tanger du 17 au 19 octobre fera date avec «la déclaration de Tanger» qui clôt cette rencontre internationale.
Le choix de la ville du Détroit, dont le développement est tiré par le port de Tanger Med – qui dispose aujourd’hui de 3 millions de conteneurs avec, à l‘horizon 2015, quelque 9 millions de conteneurs –, riche en plateformes logistiques, est déjà tout un symbole, la ville ayant déjà accueilli plusieurs conférences et salons de logistique.
Ce congrès fera date également par l’annonce faite par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, Lahcen Daoudi, qui a fait état de la création d’une université spécialisée dans les métiers de la logistique, «afin de répondre à la demande accrue en cadres, induite par le développement des projets logistiques mis en place au Maroc». Ce projet sera réalisé en partenariat avec l’Université de Valenciennes et le groupe Alstom, en vue d’accompagner le développement de ce secteur dont les besoins en ressources humaines sont estimés à quelque 60 000 cadres et techniciens.
Si le Maroc a développé de façon significative ses infrastructures maritimes aéroportuaires ferroviaires et routières qui, avec le projet de lignes à grande vitesse, seront connectées aux corridors logistiques internationaux, un retard a cependant été pris dans la mise à niveau des acteurs privés et publics dans le secteur de la logistique.
Les besoins des opérateurs logistiques de rang mondial, tels que Maersk Logistics, Geodis, Graveleau et DHL, qui se sont installés dans la région n’ont pas toujours eu de réponses et le déficit en cadres, ingénieurs et opérateurs de base (magasiniers, caristes, palettises, etc.) s’est fait sentir lourdement. L’optimisation, la planification et l’organisation des flux de marchandises et donc la compétitivité du secteur tout entier s’en ressentent. C’est dire que l’annonce de M. Daoudi a été applaudie, particulièrement par les représentants des pays africains intéressés par cette formation.

Quel développement du fret en Afrique ?

Les perspectives de développement du fret ferroviaire en Afrique, très peu dense pour le moment, pourraient en effet être décuplées selon le directeur de l’UCI, Jean-Pierre Loubinoux, grâce «à l’essor des mécanismes de logistique multimodaux axés sur la complémentarité entre transports ferroviaire, routier et maritime, dans une optique d’interopérabilité à la fois entre les pays et régions et entre les modes logistiques et les besoins en cadres et main-d’œuvre seront importants».
L’actuelle conjoncture de crise financière mondiale ne doit pas masquer les perspectives positives de croissance du secteur à long terme, a-t-il souligné, précisant que le trafic de fret ferroviaire devrait progresser de 8 fois à l’horizon 2050.
Les perspectives de croissance sont particulièrement palpables en Afrique qui ne pèse actuellement que par 2% du volume du fret mondial, a-t-il ajouté. Pour M. Khlie, DG de l’ONCF et président de l’UIC-Afrique, une étude de vision horizon 2025 Afrique a été initiée et traduite en stratégie et plan d’action, formation, investissement.. qui seront portés par les compagnies de chemin de fer africaines. «Nous sommes dans une phase de déploiement sous-régional qui fera, pour ses besoins en investissement, l’objet de présentation à l’Union africaine.
Bien positionné dans la chaîne logistique mondiale, le secteur du rail représente une opportunité en termes de coût, d’environnement et de partenariat pour une Afrique qui dispose de potentiels des plus intéressants».
L’exemple du Maroc avec le détroit de Gibraltar, appelé, comme l’a souligné Mohamed Rabie Khlie, à être la référence de la logistique internationale, est probant.
Il a rappelé les grandes lignes de la Stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique présentée devant le Souverain, qui prévoit la création de 70 zones logistiques, totalisant 3 300 ha, au niveau de 17 villes, avec pour objectifs à l’horizon 2015 de baisser les coûts logistiques par rapport au PIB de 20% actuellement à 15%, de soutenir la croissance économique et de réduire de 35% les émissions de CO2.
L’ONCF a déjà commencé à transporter des conteneurs de Tanger Med vers Casablanca, en partenariat avec des compagnies maritimes qui se déploient vers l’Asie, l’Amérique du Nord, l’Afrique…
Un contrat 2014-2024 est également en préparation entre l’OCP, qui double sa production de phosphates, passant de 30 à 60 millions de tonnes, et l’ONCF qui va continuer à transporter des phosphates parallèlement au pipeline.
Mais si le cap est fixé, avec l’ONCF comme un opérateur de référence, il reste à se donner les moyens de son ambition.
Ces moyens passent par un investissement conséquent dans les innovations technologiques, notamment dans le système logistique ferroviaire, par un investissement dans la formation de la jeune génération de cheminots internationaux aux nombreux métiers du ferroviaire et de la logistique, l’investissement dans le développement de grands corridors ferroviaires inter-régions ou inter-continents permettant un meilleur équilibre des modes de transport.
L’interopérabilité entre les différents modes de transport serait ainsi améliorée «en réussissant la compatibilité technique entre les différents systèmes ferroviaires nationaux et régionaux, la simplification des procédures et la recherche d’une complémentarité partenariale entre les différents acteurs d’une chaîne logistique intégrée au service du client». Une agence sera bientôt créée pour piloter et donner de la cohérence à la stratégie de la logistique nationale.

Farida Moha, Le matin


         
 
                         
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