Comment asseoir son autorité sans braquer les collaborateurs ?



L’autorité est nécessaire pour conduire une organisation, c’est la manière de l’exercer qui peut générer des conflits.
Tenir des discours clairs et directs, éviter le flou, rester à l’écoute..., des principes de base pour exercer son autorité sans conflits.

Dans le langage commun, on évoque couramment l’autorité comme le pouvoir d’obtenir l’obéissance, l’exécution des instructions et des commandes dictées. On parle alors de l’autorité de la loi, des parents, du chef... On discerne : l’autorité suprême, l’autorité civile, l’autorité militaire... Quoi qu’il en soit, en entreprise comme dans toute organisation, elle constitue l’un des axes fondamentaux du management.
«Dans l’entreprise, l’autorité a pour objet de réguler les relations, pour arbitrer quand c’est nécessaire entre des avis contradictoires qui peuvent se transformer rapidement en tensions et conflits. Mais, plus encore, l’autorité a une vertu principale qui est celle de développer l’élan de toute une collectivité vers un but commun et autour d’un projet fédérateur constitué de valeurs», explique Patrick Barrau, coach et directeur associé du cabinet Maroc Devenir. Donc, comprendre son utilité permet de mieux assumer son rôle.
Pour asseoir son autorité, la première chose à faire est de fixer des règles claires dès le début. «Il s’agit des limites à ne pas dépasser, de ce qui est négociable ou pas», précise Mohammed Yousfi, Dg du cabinet LMM QSE. Les règles doivent être simples pour être crédibles.

Allier souplesse et fermeté
En effet, le collaborateur doit savoir, de façon permanente, ce qu’il a le droit de faire ou de ne pas faire et connaître avec précision les conséquences qu’il encourt en cas de non-respect des règles. Ce qui signifie que le collaborateur pourrait donner le meilleur de lui-même s’il évoluait dans un cadre de travail où il se sent en sécurité. Mais cette sécurité, ce cadre de travail idéal, c’est à son manager de les mettre en place. Mounir Essaygh, Dg de M2M Group, le dit autrement : «Une autorité efficace et juste développe chez les collaborateurs une confiance en eux».
Mais «asseoir son autorité suppose aussi qu’il faut savoir ce qui la justifie», explique Patrick Barrau. Généralement, on peut distinguer l’autorité de statut, rattachée à un titre ou à une mission, l’autorité de compétence, liée à un savoir-faire reconnu par ses pairs, ou, enfin, celle du manager ou la propension à endosser le rôle de guide. Il peut s’agir aussi d’une autorité naturelle. Celle-ci se manifeste par une simple aisance relationnelle qui permet d’en imposer.

Dans tous les cas, toute autorité doit reposer sur un dosage entre fermeté et souplesse. On en revient dans une certaine mesure à la «théorie x et y» de McGregor. Les dirigeants qui sont à cheval sur la première voudront en imposer avec une certaine forme de coercition, alors que pour les adeptes de la seconde, il faudra faire confiance pour obtenir l’adhésion des collaborateurs. A chacun de trouver son style en fonction de ses objectifs et de la maturité dont font preuve ses subordonnés.

Seul impératif : tenir des discours clairs et directs. Les non-dits et les propos flous sont les pires ennemis de l’autorité. Ainsi, explique le Dg de LMM QSE : « J’attends toujours d’un collaborateur ou même d’un partenaire externe un minimum de respect de règles comme la ponctualité ou le respect des délais. Cela dit, une fois le cadre fixé, la concertation peut prendre toute sa place. Chaque décision est alors discutée au cours d’une réunion»,
précise-t-il.
Asseoir son autorité c’est aussi assumer ses décisions. « Dans mon quotidien, j’essaie de responsabiliser au maximum. Pour autant, j’exige un droit de regard sur l’état d’avancement des projets», note Anas Benjelloun Zahr, Dg de l’agence Mawazin Com.

A l’évidence, la notion d’autorité comme moyen de diriger une équipe ne se fait l’objet d’aucune contestation, c’est seulement la manière de l’exercer qui diffère. Mais toutes les personnes interrogées mettent en garde contre l’amalgame entre autorité et autoritarisme. Cette dernière attitude est beaucoup plus liée au manque de confiance en soi ou à l’incompétence. A trop forcer dessus, on risque de créer des conflits, sachant qu’à un certain moment, les gens auront tendance à se rebeller. Ne voit-on pas souvent des salariés en grève inscrire sur la liste des motifs du débrayage le caractère difficile de leur patron ?

Pour ne pas aller dans cette direction, il faut «rester cohérent et maîtriser ses humeurs en apprenant à analyser ses émotions», conseille M. Yousfi. Même son de cloche chez M. Barrau qui ajoute que l’autorité efficace est celle qui favorise la confrontation constructive fondée sur une liberté de parole et sur la liberté de dire non. Preuve à l’appui, une enquête chiffrée dans un grand groupe pharmaceutique international a démontré que, dans les structures et les équipes qui favorisaient la confrontation, indépendamment des positions hiérarchiques des différentes autorités, la productivité et la performance augmentaient concrètement de 39 % !

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