Change : Le dirham face aux fluctuations de l'euro



Change : Le dirham face aux fluctuations de l'euro
La baisse de la devise européenne ravive des interrogations sur les perspectives d'évolution future de la monnaie nationale.
Tiraillée entre des tests de résistance bancaires mitigés et le poids de la crise de la dette en zone euro, la devise européenne perd du terrain face au dollar. Eu égard à ces fluctuations, la monnaie nationale risque d'être malmenée.

En raison du poids important dont bénéficie cette monnaie dans le panier de devises qui oriente les décisions des autorités monétaires dans la fixation du cours du dirham, bon nombre d'opérateurs se posent des questions sur les impacts probables de cette nouvelle conjoncture internationale sur l'économie marocaine. Au passage, il faut signaler qu'au cours de la semaine allant du 7 au 13 juillet 2011, le dirham s'est apprécié de 0,32% face à l'euro et s'est déprécié de 1,55% par rapport au dollar.

En variation annuelle, la monnaie nationale s'est inscrite, en moyenne, en baisse de 2,93% contre l'euro. Elle s'est, à l'inverse, appréciée de 14,39%, face au dollar américain. La baisse de l'euro suscite des questions sur les perspectives d'évolution future de la monnaie nationale. D'autant plus que l'on s'attend à ce que les prix à l'importation connaissent une hausse plus accentuée que celle des prix à l'exportation. La balance des échanges extérieurs en valeur dégagerait, en conséquence, une accentuation du déficit en ressources qui devrait représenter 12,2% du PIB en 2011 au lieu de 10,8% en 2010. Certes, l'amélioration de la balance des transferts permettrait de compenser une partie de ce déficit.

Cependant, le besoin de financement des transactions courantes de la balance de paiements atteindrait 4,3% du PIB en 2011. Si le volume de l'investissement brut devait se situer à près de 34,7% du PIB en 2011, les ressources mobilisées sous forme d'épargne nationale ne dépasseraient pas 30,4% du PIB. L'accentuation du déficit commercial resterait, ainsi, à l'ordre du jour, d'autant plus que le ralentissement prévisible des revenus nets en provenance du reste du monde, devrait induire un frein à l'accumulation des réserves en devises et pourrait, en conséquence, affecter les conditions de financement de l'économie.
La contribution des échanges extérieurs nets en volume à la croissance économique nationale, quant à elle, serait à nouveau négative.

Ce résultat serait dû, en fait, à l'accélération de l'accroissement des importations en volume. Ces éléments conjoncturels, malgré leur importance, ne doivent pas occulter, cependant, l'importance des déterminants structurels de l'économie nationale qui est intégrée au reste du monde davantage par les importations que par les exportations.

Il va sans dire que le régime de change actuel a bien servi le Maroc. Le rattachement au panier de monnaies a contribué à la stabilité macroéconomique, en particulier à une inflation maîtrisée. Mais plus de flexibilité permettrait à l'économie marocaine de s'adapter plus facilement aux changements de la conjoncture extérieure. Au-delà de ces fluctuations monétaires et de leurs impacts économiques, les réformes institutionnelles devraient entraîner un renouvellement des approches suivies jusqu'alors en matière de détermination de la parité de la monnaie nationale.

Qui plus est estime le HCP, le modèle de croissance basé sur la satisfaction d'une grande part de la demande intérieure par les importations commence à menacer la soutenabilité de l'équilibre extérieur. La problématique de la diversification des structures de production et de la compétitivité des entreprises serait, plus que jamais, à l'ordre du jour sur le marché extérieur.

La conjoncture actuelle marquée par la fragilité des comptes extérieurs (poids du déficit commercial et charge de la dette extérieure publique plaide pour une démarche prudente pour préserver les acquis macroéconomiques).

Nombreux sont les experts qui notent que la politique de ciblage de l'inflation est à même de s'accompagner, à l'avenir, d'une gestion efficiente des pratiques actuelles de la politique de change pour pouvoir tirer bénéfice de l'ouverture économique.
D'ailleurs, l'objectif à moyen terme des autorités est d'assouplir la politique de change pour aider le Maroc à mieux s'adapter à l'évolution de l'environnement international.

Les opérations d'arbitrage
En mai 2011, le volume moyen des opérations d'achat et de vente de devises contre le dirham, au niveau du compartiment interbancaire, a enregistré une hausse de 9,6% par rapport à la même période de l'année 2010, se situant à 11,1 milliards de dirhams. Selon Bank Al-Maghrib, le volume moyen des ventes de devises par la banque centrale aux établissements de crédit a connu une hausse sensible, passant de près 1,7 milliard à 4,1 milliards de dirhams.

S'agissant des opérations d'arbitrage, réalisées par les banques avec leurs correspondants étrangers, elles se sont élevées à 178 milliards de dirhams en moyenne, au lieu de 89,7 milliards.

Démarche opportune

La mise en place d'un système de ciblage explicite de l'inflation est bénéfique, surtout dans une conjoncture de tensions sur les prix.

Conjuguée à une flexibilité accrue du taux de change, cette démarche permet de gérer la détérioration du solde des transactions courantes.

Le matin


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