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Casanearshore traîne encore des boulets
La concurrence des voisins.
L’atout linguistique s’amenuise. Booster la formation. Casanearshore, La première plateforme de l’offshoring au Maroc. Une première concrétisation aussi de la stratégie «offshoring Maroc 2010» recommandée par le plan Emergence. Elle s’est propagée, par la suite, vers d’autres régions (Rabat, Fès, etc.). Faut-il le rappeler, Casanearshore a été officiellement lancé le 22 décembre 2005. Il s’est propulsé deux ans plus tard au rang de premier centre d’affaires francophone dédié aux activités BPO (Business Process Outsourcing), c’est-à-dire externalisation des processus métiers et ITO (Information Technology Outsourcing qui veut dire externalisation des traitements informatiques). L’attractivité du nearshore casablancais est une conclusion de l’étude McKinsey. Il est démontré que Casablanca figure au top 5 des destinations offshore préférées par les opérateurs francophones. Sur 37 villes, à travers le monde, proposées aux opérateurs francophones intéressés par l’offshoring, Casablanca est jugée être la meilleure destination par ces opérateurs. Deux bémols, cependant, à cette conclusion. Primo, l’étude n’a porté que sur des villes autres que celles d’Afrique du Nord qui partagent avec la ville de Casablanca l’argument de proximité géographique et l’argument langue. Secundo, il faut se rendre à l’évidence que ces conclusions sont déjà anciennes de quelques années. Entre-temps, d’autres pays de la région ont investi ou se préparent à investir le créneau de l’offshoring. La destination pourrait en prendre un coup. Le parc d’activités tertiaires Casanearshore est une plateforme compétitive au plan de ses prestations techniques et technologiques. Mais, les services annexes ne suivent pas forcément comme le transport, une restauration à la portée des bourses des employés (voir encadré). D’ailleurs, des restaurateurs ont déjà mis la clef sous le paillasson. Le parc fait part large, et presque en exclusivité, au nearshore francophone et, dans une moindre mesure, hispanophone. «Notre ambition est de maintenir Casablanca comme la meilleure destination pour le nearshore européen, et de faire de Casanearshore un pôle d’excellence au service des performances des investisseurs internationaux de divers secteurs», avait déclaré un responsable. D’ailleurs, c’est l’application stricte du conseil du cabinet McKinsey. Il faut se positionner, en plus du nearshore francophone, sur le nearshore hispanophone. La contrainte de langue réduit l’éventail des choix. C’est elle qui a commandé le critère géographique. Les capacités linguistiques des Marocains affaiblissent l’offensive marocaine. C’est pourquoi le pragmatisme de l’étude McKinsey recommande uniquement les pays francophones, en l’occurrence la Belgique, la Suisse et la France et le seul pays hispanophone près de nous, à savoir l’Espagne. Chemin faisant, il y aura certainement ratage des opérateurs autres que francophones, anglophones essentiellement. Surtout dans une économie mondialisée où la langue anglaise élargit de plus en plus ses frontières. Par ailleurs, Casablanca doit faire face à une compétitivité accrue venue de ses voisins. La rivalité ne fait que commencer. L’offre incitative et l’offre infrastructures sont d’un très bon niveau, certes. Mais il reste encore des failles. «L’offre Maroc a d’excellents atouts, mais des gaps de compétitivité à combler rapidement», reconnaît la stratégie offshoring Maroc 2010. En matière de formation, il reste encore beaucoup à faire. C’est, au demeurant, le maillon faible des quatre axes de l’offre marocaine (la formation, la promotion, le cadre sectoriel et les infrastructures). Chose que ne cachent pas nos clients de l’Europe. Une délégation européenne en a fait part aux responsables marocains lors d’une visite en 2008 et a même fait acte d’un don financier en vue de soutenir la formation de lauréats adéquats en profils et en nombre. Défi difficile à relever dans un contexte de chute libre du niveau scolaire, cela en dépit de nombreuses commissions depuis le début des années 90 et de nombreux plans dont le dernier-né est le plan d’urgence concocté par le département d’Akhchichine. Par ailleurs, les jeunes salariés de Casanearshore disent souffrir le martyre. D’abord, le parc n’est pas desservi de façon suffisante par un réseau de transport adéquat. La desserte se limite à deux lignes de bus (les lignes numéros 7 et 53) et à quelques autres lignes de grands taxis (à destination du centre-ville, Derb Soltane, Mâarif et Sbata). La ligne 7 relie Sidi Maârouf au centre-ville. La ligne 53 relie Sidi Maârouf à la place Sraghna (Derb Soltane). Les gens qui habitent les nombreux autres quartiers comme Anassi, Salmiya, Sidi Othmane... se débrouillent comme ils peuvent aussi bien pour rejoindre leur lieu de travail que pour rentrer chez eux le soir. «Je dois me lever à 6 heures du matin. C’est un calvaire de tous les jours. C’est le transport clandestin qui nous dépanne parfois. Souvent aussi nous devons emprunter deux bus en plus d’un taxi. Et toujours, nous arrivons en retard à nos bureaux», raconte un jeune. Et même si la défaillance du transport peut être surmontée par les navettes collectives ou un service de transport du personnel, celle du dépassement de la capacité de la voirie est difficile à relever. Restauration La restauration sur place ne fait pas le bonheur des employés. «Il faut compter pas moins de 50 DH pour le déjeuner, soit le quart de notre salaire. Nous préférons aller manger dans les snacks et les laiteries d’à côté», souligne un employé. D’ailleurs, l’enseigne de restauration La Grillardière a plié bagage. Il faut aussi repenser l’espace réservé au stationnement. «Le parking est insuffisant. C’est pourquoi dernièrement des employés du parc garent leurs voitures à l’extérieur. Sans pour autant qu’il y ait un service de gardiennage», indique un salarié. leconomiste.com Lundi 2 Novembre 2009
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