Carrière : Réussir sa période d'essai



Cette étape permettra à l'entreprise de juger les compétences du nouvel arrivant mais également ses qualités personnelles.
Les jeunes cherchent désespérément des stages de pré-embauche ou un premier emploi décent. Pour les chanceux, notamment les pistonnés (car le piston existe encore quoi qu'on en dise), ils n'ont pas de souci à se faire à ce niveau. Pour les moins chanceux, qui doivent se battre pour décrocher un job, cela s'avère très difficile.

Les plus avertis avaient multiplié les stages durant leurs études pour mieux s'imprégner du monde de l'entreprise et ont appris à se faire vendre, vu qu'ils connaissent plus ou moins les attentes des recruteurs. Pour les étudiants qui n'ont pas entrepris ce type d'initiative ou ont effectué seulement le stage de fin d'étude, car ce dernier était imposé par l'école ou l'institut de formation, leurs chances sont réduites comparés aux autres catégories.

Comme Essaid Bellal, directeur du cabinet Diorh, l'avait souligné dans notre Supplément Emploi du lundi 4 avril, la recherche d'emploi commence dès l'obtention du bac et non une fois que les jeunes ont décroché leur diplôme. Il faut affûter ses armes dès la première année des études supérieures.
Ceci dit, pour ceux qui auront la chance de décrocher leur premier job, ils devront réussir avec brio leur période d'essai. Et pour cause, cette dernière s'avère une étape importante qui marquera un tournant dans la vie de ce jeune qui veut plus de liberté, une bonne rémunération, un bon poste et un bon cadre de travail. S'étendant parfois jusqu'à 9 mois, la période d'essai permet à l'entreprise de juger les compétences du nouvel arrivant, mais également ses qualités personnelles pour savoir si leur relation professionnelle pourra fonctionner dans la durée.

Pour le candidat, il doit faire preuve de bon sens et donner le meilleur de lui-même durant cette période. En effet, l'enjeu est de taille, car si son supérieur hiérarchique ne le note pas bien, son recrutement est compromis. Aussi, faut-il que le candidat garde les pieds sur terre et ne fasse pas preuve d'excès de zèle afin de faire bonne impression, car certains comportements pourraient produire le contraire de l'effet souhaité.

Une chose est sûre, la période d'essai sera un nouveau challenge que les jeunes diplômés auront à relever. Il est vrai que pour se faire accepter par les anciens et pouvoir entrer dans le moule, ce n'est pas de tout repos, mais il faut persévérer et bien s'armer en mettant en avant les qualités personnelles et professionnelles, tout en évitant d'entrer en conflit avec les autres collaborateurs, car pour l'employeur une bonne cohésion entre l'équipe prime avant tout. Pour ceux qui croient qu'ils détiennent à eux seuls le savoir et veulent s'en vanter, ils le paieront cher. L'employeur, s'il devra trancher, la balance penchera plutôt du côté de l'équipe existante que de celle de ce jeune qui vient perturber le bon déroulement du travail. Donc, humilité, respect et persévérance sont des atouts irréprochables.

«Surtout ne pas se survendre ou jouer à l'acteur»
Avis de l'expert • Ali Serhani, consultant associé, Gesper Services RH


Comment réussir sa période d'essai ?

En faisant en sorte d'être soi-même c'est-à-dire ce que vous êtes en réalité. Ne jouez pas à l'acteur pendant cette période en vous disant que j'attendrai d'être titularisé pour me détendre ou travailler paisiblement car l'employeur et même après votre titularisation pourra vous remercier du jour au lendemain et ne se posera même pas la question de savoir s'il devrait vous indemniser ou pas. C'est le cadet de ses soucis car les temps ont changé. L'employeur ne peut plus attendre. Pour lui ce qui importe c'est que le travail doit se faire vite, très vite et correctement avec vous ou sans vous. Il vous remerciera et cherchera rapidement votre remplaçant non pas que les ressources humaines sont abondantes mais tout simplement que lui-même ne peut pas faire attendre son donneur d'ordre par exemple.

Enfin si j'ai un conseil à donner aux salariés c'est de se dire qu'ils sont tous en période d'essai et de manière prolongée, car au bout d'une année on pourra toujours vous dire « Adieu » si vous n'êtes pas performant. On vous donnera des indemnités de licenciement en sus des dommages et intérêts et on tournera la page. Vous risquez donc de perdre de très bonnes opportunités si vous vous laissez aller.
Attention je parle là d'une situation dans laquelle on se trouve devant une entreprise structurée et sérieuse qui ne juge que les résultats et non pas dans une entreprise style « moul choukara » où vous êtes viré car vous n'avez pas dit bonjour de manière souriante au patron ou à sa descendance. Pour ces dernières entreprises, période d'essai ou pas, c'est la même chose. Donc n'attendez même pas de finir votre période d'essai. Dites vous que vous avez fait une erreur en intégrant cette entreprise et cherchez votre « bonheur » ailleurs.

Comment faire bonne impression?

La question est de ne pas faire bonne impression. Il faut tout simplement se dire que cette entreprise je l'ai intégrée car on a besoin de moi, donc à moi de leur démontrer ce que je vaux. Il ne faut pas se prendre la tête en vous disant que vous êtes en période d'essai. Dites vous tout simplement que vous avez été embauché pour faire de l'excellent travail et que vous ne quémandez rien du tout car vous avez été choisi en fonction de vos compétences et de vos savoir « faire » et « être » sans oublier vos parcours académique et professionnel. Par respect à votre personne et à ceux qui ont cru en vous, faites le maximum, travaillez dur, montrez que vous êtes la personne idoine et en plus, dites vous qu'il y a certaines règles à respecter dont la première n'est autre que de travailler dur, bien se comporter (car on n'est pas dans la rue avec les potes) et enfin parlez peu. Vous pourrez parler haut et fort à la seule condition que vos droits soient violés ou que votre employeur n'ait pas respecté ses engagements. Dans ce cas, ce n'est pas à l'entreprise de vous remercier mais c'est à vous de dire adieu à cette entreprise puisque sa culture ne correspond aucunement à votre état d'esprit et à vos valeurs. Bien sûr, ceci ne s'applique pas à des personnes qui ont besoin de travailler coûte que coûte ou qui ont été marquées par une période de chômage. Les séquelles de celle-ci font en sorte que ces personnes sont vulnérables. Dans ce cas, un seul conseil faites profil bas mais reprenez ce que j'ai susmentionné à savoir : travaillez dur, ayez un excellent comportement et surtout parlez peu car encore une fois la plupart des problèmes que nous rencontrons au sein de l'entreprise proviennent de nos dires. Parfois vous pensez avoir affaire à des personnes de confiance et vous leur exposez certains problèmes au sein de l'entreprise. Le lendemain c'est toute l'entreprise qui est au courant de ce que vous avez dit mais de manière détournée. Vous êtes illico presto contacté par la hiérarchie et on vous « remonte les bretelles » et on vous dit : « Adieu nous ne vous confirmons pas ». Donc au risque de me répéter et en deux mots travaillez dur, comportez vous de manière humble mais posée sans oublier de tourner votre langue «36.000 fois » et non pas « sept fois » avant de dire quoi que ce soit.

Qu'attendent les responsables RH de ces jeunes en période d'essai ?

Ce qu'ils attendront d'eux toujours, à savoir que pour eux, ces jeunes ne quitteront jamais l'entreprise. En deux mots ils attendent d'eux qu'ils apportent du sang neuf et bien sûr leurs compétences au service de l'entreprise. C'est pour cela qu'ils ont été recrutés. La période d'essai c'est « l'antichambre de l'inconnu ». Je m'explique. Après la fin de celle-ci, soit vous êtes titularisé puisque vous avez donné satisfaction, soit vous êtes « viré » car vous n'avez pas su vous adapter ou faire correctement ce que l'on attend de vous. A vous de savoir ce que vous voulez.

Quelle est la durée idéale pour juger les compétences d'un candidat ? Et comment s'y prendre?

Au risque de déplaire à plusieurs personnes je dirai qu'au bout de 6 mois on peut déjà avoir une idée sur le candidat car on le « pratiquera » au quotidien pendant cette période. Mais le juger de manière impartiale cela devrait prendre normalement une année. L'entretien d'évaluation annuelle est là pour mettre les points sur les « i ». Ceci s'applique aux candidats normaux qui font tout ce qu'ils peuvent pour s'accrocher et font de leur mieux pour répondre à ce que l'on attend d'eux. Cela ne s'applique pas aux « bras cassés ». Ces derniers on peut les reconnaître ou les juger dès la première semaine de leur embauche.

Le matin


         
 
                         
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