Capital investissement : L’activité génère à peine 5 milliards de DH



Les produits sont segmentés.
Mais la carotte fiscale peu attractive.

Alternative au financement bancaire, l’industrie du capital investissement reste encore assez modeste au Maroc. «De 400 millions de DH en 1995, l’activité de capital investissement s’élève maintenant à plus de 5 milliards de DH», explique Azzeddine Guessous, PDG de Maghrebail. Elle représente donc à peine 1% du PIB contre 3 à 4% dans les pays à niveau de développement comparable. «Chaque année, environ 500 entreprises sont éligibles au financement d’une société de capital investissement du fait de leur transparence», déclare Adil Douiri, président de Mutandis.
«Créée en 1993, à l’initiative de la Banque Populaire, Moussahama constitue l’embryon du capital investissement au Maroc. Ensuite, il y a eu CFG Développement, avec un capital de 200 millions de DH», déclare Douiri. Ce dernier avoue qu’à l’époque ce montant était important. La société présidée par Douiri est dotée d’un capital de 777 millions de DH.
«A la différence d’un fonds d’investissement, Mutandis est pérenne parce qu’elle constitue une société d’investissement», précise le président. Elle procède à des acquisitions majoritaires d’entreprises, leur permet de développer une stratégie de conquête de nouveaux marchés, une stratégie de croissance…
«Le capital investissement est passé par une période difficile au cours de la dernière décennie, mais cela a permis de roder l’outil et de mettre en place un cadre réglementaire», ajoute Guessous. Mais depuis quelques années, la courbe ascendante de cette activité s’explique par la naissance de nouveaux fonds d’investissement, l’ouverture du Maroc sur les marchés extérieurs, la signature d’une panoplie d’accords de libre-échange… Douiri estime lui aussi que le marché a maintenant gagné en maturité. Et les produits sont à présent segmentés en fonds de capital-risque, de capital développement, de capital de retournement, de capital de transmission…
Depuis décembre 2005, l’activité de capital investissement est régie par la loi 41-05 relative aux organismes de placement en capital-risque (OPCR). «A l’image des banques, ce cadre juridique prévoit des règles prudentielles pour protéger les investisseurs», explique Mohamed Jerrari, DG du cabinet du même nom. En outre, l’actif d’un OPCR doit être constitué de fonds propres ou de quasi-fonds propres.
Pour lui, l’implication du CDVM dans la supervision de l’activité, notamment à travers le contrôle des opérateurs, constitue une garantie supplémentaire dans ce sens. «De plus, pour éviter des participations croisées, les dirigeants de PME ne peuvent détenir, directement ou indirectement, plus de 20% de l’OPCR», indique le patron du Cabinet Jerrari.
En revanche, la loi 41-05 comporte certaines contraintes. L’article 6 a un impact négatif. «Les fonds de capital-risque sont obligés d’observer le principe d’un ratio d’investissement minimum de 50% de l’actif du fonds des PME», rappelle Jerrari. Conséquence: la marge de manœuvre des sociétés de capital-risque s’en trouve sensiblement limitée. Par ailleurs, l’aspect fiscal est considéré comme non incitatif par les spécialistes.
Quel impact de la crise économique sur l’activité du capital investissement? «L’augmentation des taux d’intérêt dans le système bancaire rend le capital investissement plus attractif. La crise économique peut constituer une opportunité intéressante dans le cadre du capital de retournement. Et enfin, la baisse de la Bourse de Casablanca a un impact négatif sur les perspectives de sortie en OPV, mode le plus fréquent au Maroc», déclare Fawzi Britel, associé gérant à Deloitte...

Un cahier des charges en gestation
Une des 111 mesures contenues dans le pacte Emergence signé entre le gouvernement et le privé concerne la recapitalisation des PME. Les parties signataires s’accordent sur la nécessité de promouvoir les fonds de capital développement. Ainsi, l’Etat s’engage à mettre en place un dispositif financier d’appui au développement à travers la recapitalisation de 300 entreprises sur la période 2009-2015. Ces entreprises seront sélectionnées sur la base d’un cahier des charges, actuellement en préparation. Il s’agit de trois critères d’éligibilité: la qualité de l’opérateur et son expérience, la politique d’investissement proposée, ainsi que sa capacité à mobiliser des ressources financières privées.
A terme, il s’agit de mettre en place trois types de fonds de capital investissement. Le premier sera dédié à la création de l’entreprise, le deuxième à sa transmission, tandis que le troisième sera consacré à son développement. Chaque catégorie de capital investissement est destinée à 100 entreprises.

leconomiste.com


         
 
                         
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