8 Septembre 2010

Bank Al-Maghrib maintient inchangé son taux directeur à 3,25 pc



Bank Al-Maghrib maintient inchangé son taux directeur à 3,25 pc
Le Conseil de Bank Al-Maghrib, qui a tenu mardi à Rabat sa réunion trimestrielle, a décidé de maintenir inchangé à 3,25 pc le taux directeur de la Banque et annonce une croissance économique qui devrait se situer entre 5 et 6 pc en 2009 et un taux d'inflation de 2,6 pc en avril dernier.
Tout en notant l'ampleur et le caractère durable du besoin de liquidité sur le marché monétaire, la Banque centrale a également décidé de réduire le taux de la réserve monétaire de 2 points de pourcentage, pour le ramener à 10 pc à compter du 1-er juillet 2009.

Au niveau des conditions monétaires, les données disponibles à fin avril confirment la poursuite du ralentissement de la création monétaire, précise Bank Al Maghrib dans un communiqué, ajoutant que la hausse annuelle de l'agrégat M3 s'est établie à 9,2 pc, après 10,5 pc au cours des deux derniers trimestres.

Ce ralentissement s'est traduit par la poursuite de la résorption de l'excédent monétaire des agents non financiers. Le rythme de progression du crédit en glissement annuel, bien qu'en décélération continue depuis le 3-ème trimestre 2008, demeure toutefois élevé avec une hausse de 18 pc en avril, précise la même source.

Au total, la prévision centrale de l'inflation et celle de l'inflation sous-jacente, à l'horizon des six prochains trimestres, ont été légèrement révisées à la baisse, comparées à celles publiées dans le Rapport sur la politique monétaire de mars 2009.

La Banque centrale explique cette révision à la baisse principalement par le ralentissement de l'activité domestique et le reflux des prix mondiaux des matières premières, de l'activité et de l'inflation chez les principaux partenaires du Maroc.

L'inflation devrait ainsi évoluer à un rythme inférieur à 3 pc sur les six prochains trimestres. Elle devrait se situer, au 3ème trimestre 2010, autour de 2,6 pc, estime Bank Al Maghrib.

Pour sa part, l'évolution future de l'indicateur d'inflation sous-jacente devrait se maintenir à un niveau modéré en dessous de 2 pc.

L'Institut d'émission estime également que les différents facteurs de risques laissent entrevoir une modération sensible des pressions inflationnistes au cours des prochains trimestres, notamment compte tenu du reflux des pressions émanant de la demande, qui pourraient s'atténuer davantage dans le contexte d'une dégradation plus importante qu'anticipée de l'activité, et des incertitudes qui persistent sur l'évolution de la croissance mondiale.

Dans cet environnement, la transmission de la baisse des cours mondiaux aux prix internes devrait se poursuivre, la volatilité des prix des matières premières, en particulier le pétrole, constituant toutefois une source d'incertitude, ajoute la même source.

Lors de sa réunion trimestrielle, le Conseil de Bank Al Maghrib a analysé et approuvé le Rapport annuel sur la situation économique, monétaire et financière du pays, ainsi que sur les activités de la Banque relatif, à l'exercice 2008, qui sera présenté à SM le Roi Mohammed VI.

Il a également examiné le projet de plan continuité d'activité de la Banque, les actions prioritaires réalisées en la matière ainsi que la programmation des actions futures.


La croissance économique devrait se situer entre 5 et 6 pc en 2009
Bank Al Maghrib a en outre annoncé que la croissance économique devrait se situer entre 5 et 6 pc en 2009, un niveau comparable à celui réalisé en 2008
La Banque centrale estime, toutefois, que la croissance du PIB-hors agriculture s'est inscrite en rupture par rapport à sa tendance observée au cours des quatre dernières années, pour atteindre 1,9 pc au 4-ème trimestre 2008.

Elle ne devrait pas dépasser 2 pc au cours du premier semestre et serait inférieure à 3 pc pour l'ensemble de l'année 2009, au lieu de 4,2 pc en 2008 et 6,5 pc en 2007, ajoute la même source.

L'output gap non-agricole (l'écart entre le PIB réel et le PIB de plein emploi des facteurs), un indicateur pertinent pour l'appréciation du risque inflationniste, devrait toutefois afficher une valeur négative pour l'ensemble de l'année, estime Bank Al Maghrib.

Selon l'Institut d'émission, "la conjoncture internationale défavorable se transmet à l'économie nationale à travers les canaux réels de propagation, essentiellement les exportations de biens et services et les transferts de fonds des Marocains résidant à l'étranger".

Les résultats de l'enquête de conjoncture dans l'industrie de Bank Al-Maghrib pour le mois d'avril confirment la faiblesse de la demande, notamment étrangère, que reflète le niveau bas du taux d'utilisation des capacités de production.

Lors de sa réunion trimestrielle, le Conseil de Bank Al Maghrib a examiné l'évolution récente de la situation économique, monétaire et financière et les prévisions d'inflation à l'horizon du 3ème trimestre 2010.

Il a également analysé et approuvé le Rapport annuel sur la situation économique, monétaire et financière du pays, ainsi que sur les activités de la Banque, relatif à l'exercice 2008, qui sera présenté à SM le Roi Mohammed VI.

Cette réunion a été également une occasion pour se pencher sur le projet de plan continuité d'activité de la Banque, les actions prioritaires réalisées en la matière, ainsi que la programmation des actions futures.

L'inflation a atteint 2,6 pc en avril dernier
Bank Al Maghrib indique par ailleurs que l'inflation en glissement annuel a atteint 2,6 pc en avril dernier, après 3,6 pc en mars, 3,8 pc en février et 4 pc en janvier,
La Banque centrale précise que le ralentissement du rythme de progression de l'inflation s'est poursuivi en avril, en ligne avec l'analyse et les prévisions présentées dans le Rapport sur la politique monétaire de la Banque du 24 mars 2009.

Cette évolution de l'inflation se reflète de manière plus forte à travers l'indicateur de l'inflation sous-jacente, dont sont notamment exclus les produits alimentaires frais à volatilité élevée, qui s'est établie à -0,1pc en avril après une progression de 0,2 pc en mars.

L'Institut d'émission souligne que l'évolution récente de l'inflation reflète la poursuite de la détente des cours mondiaux des produits de base, la baisse de la demande étrangère adressée au Maroc, en liaison avec la détérioration de l'activité chez les principaux pays partenaires du Maroc et, dans une moindre mesure, le ralentissement du rythme de progression de la demande intérieure.

La détente des pressions inflationnistes, notamment celles émanant des prix à l'importation, se retrouve également au niveau des prix à la production industrielle, qui se sont repliés de 17,8 pc en avril, de 18,5 pc en mars et de 6,5 pc en février, après avoir affiché des rythmes de progression exceptionnellement élevés en 2008.

MAP

Mardi 16 Juin 2009