Assurances, un secteur en manque de compétences malgré les opportunités



Le secteur souffre d’un déficit d’image par rapport aux autres professions de la finance.
Pour le recrutement, les compagnies privilégient l’approche directe.
Les besoins en chargés de clientèle s’accroissent en raison de la multiplication des plateformes téléphoniques.


Avis aux jeunes lauréats de l’enseignement supérieur ! Entre les opérations de rajeunissement des effectifs et l’émergence de nouveaux métiers, les chances de trouver un emploi dans le secteur des assurances et d’y faire carrière se sont multipliées ces dernières années. Ceci parce que le secteur est en pleine mutation et le champ de croissance est encore très vaste -à peine 20 milliards de DH de primes en 2008. Des professionnels du secteur indiquent que 30% de l’encadrement devraient partir en retraite dans les toutes prochaines années. C’est dire que les opportunités ne manqueront pas.
Seulement voilà, le secteur, qui emploie actuellement moins de 10 000 personnes, entre salariés et intermédiaires d’assurances (courtiers et agents d’assurances), souffre de plusieurs maux.Tout d’abord, il n’est pas suffisamment attractif auprès des jeunes. Contrairement au secteur bancaire, par exemple, l’assurance souffre encore d’un déficit d’image par certains aspects tels que les salaires qui sont souvent moins élevés. Mais ce n’est pas tout. «A l’inverse des banques, qui jouent la proximité auprès des lauréats, les compagnies d’assurances se montrent trop discrètes», explique un expert du secteur. Elles sont moins présentes dans les salons de recrutement, font peu d’opérations de proximité dans les écoles et universités... Pour cet expert, la raison de ce désintérêt est aussi d’ordre culturel. «De façon générale, l’assurance est perçue de manière négative. Comment voulez-vous alors les sensibiliser aux métiers de l’assurance et des opportunités d’emploi ?», s’interroge-t-il.
Mais là où le bât blesse, c’est que le secteur manque cruellement de filières de formation. Et la suppression, à la fin des années 90, de l’Ecole marocaine des assurances, qui relevait de la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (FMSAR), n’a guère arrangé les choses. Actuellement, seule la Faculté de droit de l’Université Hassan II de Casablanca propose un master en droit des assurances. Le nombre de lauréats étant limité, il est difficile de satisfaire les besoins du marché. Face à ce déficit, la fédération a conclu en 2007 un partenariat avec une école privée spécialisée, le Centre de formation de la profession d’assurances (CFPA) qui organise deux types de formations diplômantes: un Brevet professionnel en assurance et un Brevet de technicien supérieur en assurance .

L’Institut national des statistiques et d’économie appliquée, principal fournisseur d’actuaires
Selon Jamal Maatouk, conseiller juridique et DG du cabinet Juris Land, «le challenge est double pour les compagnies : trouver les bons profils mais aussi les former au métier d’assureur qui est très spécifique. Malheureusement, les compagnies recrutent à bras ouverts des candidats sans pouvoir les accompagner». Et de poursuivre que «le métier demande beaucoup de technicité qui s’acquiert sur le terrain».
Le premier constat qu’on peut dresser est que l’éventail des profils recherchés dans le secteur est très large. A commencer par les métiers spécifiques à l’assurance. «Bien évidemment, de par notre métier d’assureur, nous sommes particulièrement attentifs à certains profils pointus et parfois polyvalents comme les actuaires», souligne Saâdia Nouri, directrice recrutement chez Axa Maroc.
Les actuaires sont très demandés. Généralement, ils sont issus d’écoles locales comme l’Institut national des statistiques et d’économie appliquée (Insea) ou d’écoles étrangères. Ce ne sont pas seulement les assurances qui les sollicitent. Banques, sociétés de financement et caisses de retraites en ont aussi grand besoin. D’où l’aggravation du déficit.
Autre profil demandé, le rédacteur production. Il intervient généralement pour l’établissement des contrats, mais également en aval, en cas de sinistre, pour vérifier les garanties, apprécier les responsabilités, calculer le montant des dommages et règler les sommes dues à la victime ou à l’assuré.
En cas de litige, il peut également être amené à entamer des procédures judiciaires, préparer l’argumentation et les instructions pour les avocats, exercer les recours prévus par la loi et faire exécuter les décisions de justice. Le rédacteur est souvent spécialisé dans un domaine : responsabilité civile, automobile, maladie...

Un bon assureur est avant tout un commercial aguerri

Les souscripteurs, conseillers en assurance et autres sont également sollicités. «Malheureusement, ces profils sont parfois débauchés chez la concurrence. Il se peut qu’un même profil change d’entreprise tous les deux ou trois ans», souligne M. Maatouk.
A côté de ces profils pointus, les profils classiques sont aussi sollicités, notamment les commerciaux. Les assureurs veulent avant tout conforter leurs relations avec la clientèle. Cela passe par une grande proximité avec les attentes des clients. «Nous sommes soucieux de faire émerger chez nos commerciaux une relation de proximité avec les clients. Nous vendons des contrats, et, par conséquent, ils doivent faire preuve d’empathie. Ils doivent rassurer les clients, surtout ceux qui sont déboussolés» , explique un responsable RH d’une compagnie d’assurances.
Avec la multiplication des produits, les compagnies sont à l’affût de professionnels capables d’assimiler rapidement leur métier, mais surtout dotées du sens du service et de la relation client. Par exemple, le rôle du chargé d’accueil est aujourd’hui celui d’un véritable conseiller, capable de vendre les différents produits tout en personnalisant la relation avec le client. Le métier implique un important suivi de clientèle, d’où la multiplication des plateformes téléphoniques destinées à répondre en temps réel aux demandes des clients.
Il convient de noter également que le développement des compagnies se traduit par des besoins au niveau des métiers de support (informatique, marketing, back-office, inspection, finance...). A ce niveau, les profils recherchés sont en majeure partie des nouveaux diplômés de niveau Bac+4 et plus issus principalement des universités et écoles de commerce et d’ingénieurs.
Quant aux critères d’âge et de sexe, ils restent secondaires car ce qui prime, avant tout, ce sont les dispositions professionnelles, la capacité d’intégration et l’éventuelle expérience, font savoir DRH et cabinets de recrutement.
Les compagnies exploitent aussi bien les circuits classiques que l’internet pour séduire davantage de candidats. Mais la démarche privilégiée reste l’approche directe.

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