Aquaculture : nouveau projet d'élevage d'anguilles à Kénitra

Nounemaroc, entreprise française installée aux abords de l'oued Sebou, a investi 45 MDH dans une station. Elle prévoit de produire 320 tonnes par an et ambitionne de monter à 500 tonnes.



Aquaculture : nouveau projet d'élevage d'anguilles à Kénitra
Les premiers effets de la décision de l’Etat de faciliter l’essor de l’aquaculture commencent à se faire sentir. Nounemaroc, entreprise à capitaux français installée à Kénitra, a investi 45 MDH dans une nouvelle station d’élevage d’anguilles dans cette même ville. D’une superficie de 3 000 m2, le site abrite 80 bassins et une salle d’abattage de 5 000 kg par jour. La société prévoit de produire 320 tonnes par an destinées au marché local et à l’étranger, notamment l’Asie, la Russie et l’Amérique. L’objectif est de porter la production à 500 tonnes grâce à un investissement additionnel incluant une nouvelle salle de transformation en produit fini.

Selon les responsables de la société, ce projet contribuera à terme à l’essor du secteur, à la création d’emplois directs et, surtout, au repeuplement en amont des barrages pour protéger la ressource en anguilles dans les oueds. Ce type de station à circuit fermé se veut des plus performants et affiche une capacité d’élevage pouvant s’élever jusqu’à 850 kg/m3 où une station à circuit ouvert comme pour les truites par exemple se limite à 40 kg/m3. Ce type d’installation permet aussi de contrôler et d’adapter la température en été comme en hiver, l’acidité, l’oxygénation, la conductivité et tous les paramètres d’eau pour assurer de bonnes croissances.

L’activité fait vivre 600 familles

Créée en France en 1970, Nounemaroc est une société européenne qui s’est installée au Maroc en 2006 aux abords de l’oued Sebou, site qui offre des conditions propices à l’implantation d’une unité d’élevage. De cet emplacement, la société peut aisément s’approvisionner en alevins d’anguilles pêchés de manière artisanale dans cette région depuis plusieurs années. La société avait commencé par investir 13 MDH pour exploiter cette ressource. Elle a pris une nouvelle dimension en s’associant en 2011 avec le groupe Nijvis, groupe néerlandais très présent dans le domaine de l’aquaculture. C’est à l’époque que le nouveau projet a été décidé et la concrétisation entamée. Auparavant, Nounemaroc qui avait constaté que les alevins se raréfiaient aux abords des oueds en raison de la perte de leur sens de l’orientation provoquée, entre autres, par les obstacles édifiés par l’homme, en prélevait dans les estuaires pour repeupler l’amont des barrages avec des anguillettes de bonne croissance afin de régénérer ainsi la biomasse. Cette action de développement durable a contribué à la relance d’une activité de pêche artisanale qui fait vivre environ 600 familles résidant sur les berges du Sebou. L’objectif de l’entreprise est d’arriver à 500 000 pièces d’aiguillettes identifiées en 2013/2014. Un suivi sera mené toute l’année pour mesurer le taux de survie.
 

Zakaria Lahrach
www.lavieeco.com



         
 
                         
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