Aïd Al Adha : les prix du mouton sont anormalement chers



 Aïd Al Adha : les prix du mouton sont anormalement chers
Le compte à rebours est lancé. À moins de cinq jours de Aïd Al Adha, l'achat du mouton est le sujet qui domine les discussions partout : à la maison, au travail, dans les cafés... 

La concurrence pour la vente des ovins s'intensifie en cette période dans les souks, les garages et même dans les ruelles… Au souk de Lbhira à l’ancienne médina de Casablanca, des dizaines de vendeurs de bétails ont exposé depuis quelques jours «leur marchandise», des troupeaux de moutons et même quelques vaches et chèvres. «À la veille de chaque fête, je viens ici pour vendre mes moutons et cela se passe toujours bien. Cette année, nous avons remarqué que les gens sont toujours hésitants. Cela fait cinq jours que j’expose mon troupeau et je n’ai réussi à vendre que 9 moutons et une chèvre, mais je préfère rester optimiste, nous avons cinq autres jours devant nous», indique Mohamed, éleveur originaire de Rhamna. En effet, face à la cherté des prix du mouton cette année, de nombreuses personnes ont décidé d’attendre les derniers jours pour faire leur achat, pourvu que les prix baissent.

Pour ce Aïd, un mouton ordinaire, comme en achète le Marocain moyen, coûte entre 2.200 DH et 3.800 DH. Un beau bélier de race «sardi» se vend facilement aux alentours de 5.000 DH. «Les moutons, cette année, sont anormalement chers. Pour un petit mouton d’environ trente kilos, il faut compter pas moins de 2.000 DH. C’est de la folie ! Après le Ramadan, les vacances, la rentrée scolaire, le mouton de l’Aïd va donner le coup de grâce», fustige Jawad, père de famille, la quarantaine passée.

D’après les éleveurs et les vendeurs de moutons, plusieurs facteurs contribuent à la hausse des prix du mouton. Il s'agit des frais de transport, le coût de location des garages dans les quartiers, mais aussi la cherté des béliers achetés au début de l'année aux souks pour les engraisser pendant deux à trois mois avant l'Aïd.

«L’élevage des ovins ne s’avère pas toujours rentable. L’engraissement du mouton coûte souvent cher. Certains éleveurs ont recours à des produits d'engraissement illégaux (comme certains déchets) pour compenser leur perte. Et cela a un impact sur la qualité des viandes et au niveau du goût. Les moutons que je vends sont tous élevés dans les pâturages et ont une alimentation appropriée, c’est pourquoi je demande un prix un peu élevé», confie un vendeur de moutons au quartier de Bourgogne à Casablanca. Outre l’achat du mouton, les ménages dépensent beaucoup d’argent pour faire les courses et les approvisionnements, durant cette période. «Je suis perdu entre toutes les dépenses occasionnées par cette fête.

Je viens tout juste d’acheter le mouton et maintenant ma femme me demande de lui acheter les ingrédients pour préparer les plats spécifiques à cette fête et faire des approvisionnements, car la majorité des marchands partent en voyage et ferment leurs commerces après l’Aïd», se plaint Kamal, 52 ans, père de famille.

De nombreux métiers se créent à l'occasion de Aïd Al Adha. Cela va des transporteurs, aux aiguiseurs de couteaux, en passant par les vendeurs d'ustensiles de cuisine et les loueurs de garages transformés en point de vente de moutons pendant cette période. Ne nécessitant pas d'autorisations préalables, plusieurs personnes s'adonnent volontiers à ces différentes activités «occasionnelles».

«Je suis un marchand ambulant qui change d'activités au fil des saisons et des occasions. Pendant cette période, je me convertis en vendeur de couteaux, braséros, pics à brochettes, kits allume-feu, tajines…. Chaque année, les gens préfèrent acheter un nouveau matériel», témoigne Redouane, vendeur au souk de Lbhira. «Notre activité reste toujours passive pour le moment, mais je suis persuadé qu'elle atteindra son apogée durant les deux derniers jours qui précédent la fête», poursuit-il.

Crédit encore et toujours

À la veille de l'Aïd El Kébir, la situation financière des familles marocaines est des plus précaires. Vacances, Ramadan, rentrée scolaire : autant d'événements «épuisants» pour les ménages, sommés d'acheter le mouton et tout ce qui va avec. Cette succession d'événements représente la période bénie pour les sociétés de crédit à la consommation au Maroc. Ces dernières s'activent en matière de communication, car elles réalisent un bon chiffre d'affaires au cours de cette période. Mais si contracter un crédit parait être la meilleure solution en temps de crise, l'accumulation des petits prêts devient une vraie plaie pour le bénéficiaire qui se retrouve à chaque fin de mois avec des retenues dévorant la quasi-totalité de son salaire. D'où une nécessaire sensibilisation des utilisateurs de ce mode de financement de la consommation aux dangers que fait peser le surendettement sur le budget des ménages.


lematin.ma



         
 
                         
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