Affaire Legler : Comment en est-on arrivé là



Affaire Legler : Comment en est-on arrivé là
Retrait discret et progressif du partenaire italien.
Accumulation de dettes à tous les niveaux.
Le plan Al Ajial Assets.

Un seul dossier a suffi à rendre le groupe Snoussi célèbre auprès de ceux qui en ignoraient jusqu’à l’existence. L’affaire Legler, devenue l’affaire LGM depuis le retrait du tour de table de l’actionnaire majoritaire, l’italien Legler, pour des raisons, dit-on, de «non-autorisation d’externalisation»: l’entreprise a bénéficié des subventions de la Sardaigne d’où elle est originaire. Elle ne devait donc pas, dit-on encore, quitter son territoire.

Mais la véritable raison du retrait de Legler, alors actionnaire majoritaire, est à chercher dans ses refus de ne plus participer aux différentes augmentations de capital. Pire, confie une source proche du dossier, «l’italien a laissé ses parts se diluer jusqu’à tomber à 9% pour que le groupe Snoussi les lui rachète». On est au 2e semestre de 2008: la crise économique est bien installée, mais les autres partenaires du projet n’ont rien vu venir jusqu’en juin 2009, date de l’avant-dernier CA du groupe qui révélera «que ce n’était pas la joie» (sic). A partir de là, LGM se fait très discret jusqu’à la mise en redressement judiciaire, le 30 septembre 2009, de toutes les entreprises du groupe Snoussi, y compris sa holding Financière Hatt, gestionnaire du pôle Denim (jean) du groupe, constitué de Legler Maroc (LGM), Atlantic Denim et Atlantic Confection (voir l’infographie du tour de table). Cette holding même qui avait réussi à lever, deux ans plutôt, 275 millions de DH dont 175 millions en obligations et 100 millions de DH en obligations convertibles en actions. Cette opération portant sur l’émission d’obligations classiques et d’obligations convertibles en actions RMA Watanya, où avaient souscrit le Crédit Agricole du Maroc, la BCP et la CDG, était montée par BMCE Bank, chef de file du pool bancaire autour de Legler Maroc, constitué d’Attijariwafa bank et de la Banque centrale populaire. Arguments de vente, «les obligations convertibles en actions de l’opération, c’est pour préparer l’introduction en Bourse courant 2009 de Legler Maroc», expliquent des documents auxquels L’Economiste a réussi à accéder. A noter que c’est la banque chef de file qui avait suggéré à Driss Snoussi le montage de ces opérations plutôt que prévu (cette levée de fonds était bel et bien prévue en 2009). Raisons avancées par la banque: «sa réalisation en 2007 permet un suivi des comptes en vue de l’introduction en Bourse». Depuis, les choses sont allées vite. Très vite.

Dettes empilées à tous les niveaux
Mais en optant pour le redressement judiciaire de ses entreprises, Driss Snoussi signifiait à ses créanciers qu’il ne pouvait plus rembourser ses dettes… «tout en étant persuadé que son choix obligerait les banques à venir à la table des discussions». Pourquoi ce passage en force? Tout le monde (partenaires bancaires surtout) lui aurait fermé les portes, plus aucun rendez-vous accordé, explique-t-on ici et là. En tout cas, c’est l’effet contraire qui va se produire. Les banques vont au contentieux, persuadées que Snoussi a plus de moyens qu’il ne veut le montrer.
Là-dessus, Al Ajial Assets du groupe CMKD (détenant 20% de la société LGM Denim depuis seulement 18 mois) décide de prendre les choses en main pour, explique-t-on, «trouver une issue au statu quo dans lequel végète l’entreprise». En cause, l’empilement de dettes à tous les niveaux de Legler Maroc estimées à plus de 1,5 milliard de DH auprès des trois banques partenaires, en plus des dettes d’investissement et de fonctionnement dont on ne parle jamais.
C’est peu dire que l’enjeu est tout à fait différent pour chacun.

En conséquence, le plan en 4 éléments, certes comportant des risques mais qui a le mérite d’être le seul à exister, proposé par Al Ajial Assets, rencontre une sorte de fin de non recevoir auprès des banques: injecter du cash dans l’entreprise; reconvertir 25% des dettes; rééchelonner le reste et rechercher un partenaire stratégique. Sur ce dernier point déjà, il faudrait d’abord assainir la situation financière de l’entreprise. Ce plan a le mérite d’exister, répètent les observateurs reconnaissant néanmoins qu’il n’est pas près d’être accepté par les banques, réticentes à l’idée de reconversion. C’est sur ce point que bloquent les discussions. Certaines parties prenantes du dossier n’hésitent plus à dire qu’il s’agit de «discussions ultra-compliquées pour lesquelles il n’y a aucune solution», d’autant plus que les banques semblent persuadées qu’un «petit reprofilage» de la dette peut sauver la situation. D’ailleurs, elles ont toujours estimé que le redressement judiciaire engagé par Driss Snoussi était «abusif». L’affaire Legler Maroc, devenu l’affaire LGM, cacherait-elle d’autres enjeux? En tout cas, l’histoire retiendra que ce dossier sensible est le seul crash industriel et financier que les plus vigilants des banquiers du Maroc n’ont vu venir.

leconomiste.com


         
 
                         
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