26 000 nouveaux fonctionnaires pour 2012 !



26 000 nouveaux fonctionnaires pour 2012 !

Le Maroc compte seulement 26 fonctionnaires pour 1 000 habitants, contre 44 en Tunisie, 42 en Algérie.. Les dépenses de personnel représentent 10.7% du PIB en 2011 contre 12% en France et 15% en Algérie. Les recrutements sont repartis à la hausse depuis 2008.
Le projet de Loi de finances pour 2012, mis en stand by par le gouvernement sortant, prévoit la création de 25 854 emplois dans la fonction publique. Celui de Abdelilah Benkirane confirmera-t-il ce chiffre ? Très probablement oui. L’Istiqlal, qui fait partie du nouveau gouvernement et à qui a échu le portefeuille de l’économie et des finances, aura à cœur, on l’imagine, de maintenir ces postes budgétaires qu’il avait d’ailleurs lui-même prévus. D’autant plus que le parti, à la tête du gouvernement sortant, avait fait du recrutement dans la fonction publique un des leviers de sa politique de l’emploi et de règlement de la question des diplômés de l’enseignement supérieur. Comme nous l’indiquions dans notre édition du 30 décembre 2011, le gouvernement El Fassi a créé entre 2008 et 2011, en moyenne annuelle, 17 860 emplois dans la fonction publique, soit un total de 71 442 postes en quatre ans.
Ceux qui ont l’habitude de critiquer l’administration pour ses «rondeurs», voire son excès de poids en termes de personnel employé et donc de masse salariale distribuée, relativement à son inefficacité supposée, trouveraient matière à jaser si jamais la prévision de recrutement pour 2012 était maintenue. Près de 26 000 postes budgétaires à créer en 2012, c’est une croissance de 37,5% en termes de recrutements par rapport à 2011 et 7,5% en termes de masse salariale. Dans un contexte de resserrement des recettes, les traitements des fonctionnaires atteignant un tel niveau (93,5 milliards prévus pour 2012), c’est plus de la moitié (54,6%) du budget de fonctionnement, c’est 38,2% de l’ensemble des ressources (fiscales et non fiscales) du Budget général et 10,8% du PIB.

90 fonctionnaires pour 1 000 habitants en France et 110 en Norvège

Mais une question n’en finit pas de se poser : y a-t-il trop de fonctionnaires au Maroc ? Ou bien, ceux-ci sont-ils trop payés ? Rappelons d’abord que les pouvoirs publics avaient eux-mêmes jugé que l’administration était pléthorique et que les dépenses de personnel étaient par conséquent trop pesantes. Il fallait donc dégraisser le mammouth, et c’est ainsi que de nombreuses mesures ont été prises ces dernières années pour réduire le poids de la masse salariale. On peut citer à cet égard l’opération des départs volontaires qui s’est soldée par le départ de 38 763 fonctionnaires à la retraite anticipée en 2005/2006 (cf www.lavieeco.com), la suppression des postes budgétaires devenus vacants suite au départ à la retraite pour limite d’âge, l’interdiction des recrutements dans les échelles 1 à 4 et du personnel occasionnel, la limitation des créations de postes budgétaires à la couverture des besoins incompressibles, et enfin l’obligation de passer par un concours pour accéder à la fonction publique. Il se trouve que du fait, justement, de l’opération des départs volontaires, qui a vidé certains services, des besoins sont apparus qu’il importe de combler ; d’où, à nouveau, une croissance des effectifs recrutés, comme le montre le graphe ci-dessus.
Face à cette observation, la réponse de l’administration est invariablement la même : c’est vrai, explique-t-on en substance, que l’on s’est remis à recruter davantage qu’avant l’opération des départs volontaires, mais maintenant «on cible mieux les profils, donc on gagne en efficacité».
Aujourd’hui, le nombre de fonctionnaires civils (de l’Etat, des collectivités locales et des établissements publics) est aux environs de 840 000. Cela représente 26,5 fonctionnaires pour 1 000 habitants. Est-ce trop ? Est-ce insuffisant ? En Tunisie, le rapport fonctionnaires/population est de 44 fonctionnaires pour 1 000 habitants ; en Algérie, ce rapport est de 42,1 et il est de 50 en Allemagne. Ne parlons pas des pays de l’Europe du Nord où le nombre de fonctionnaires ressemble à la légendaire Armée rouge du temps de l’Union soviétique : 110 fonctionnaires pour 1 000 habitants en Norvège et 160 pour 1 000 en Finlande.
En France, la masse salariale publique représente quelque 12% du PIB et en Algérie 15% du PIB hors hydrocarbures. Mais la Tunisie, avec 44 fonctionnaires pour 1 000 habitants, a une masse salariale quasiment similaire à celle du Maroc en termes de rapport au PIB, alors que le Royaume n’a «que» 26,5 fonctionnaires pour 1 000 habitants.
Il faut dire que de nombreuses revalorisations des traitements des fonctionnaires sont intervenues ces dernières années, à la fois au moyen de hausses directes et de baisse de l’impôt sur le revenu.
Globalement, donc, la fonction publique au Maroc, contrairement à ce qui se dit un peu précipitamment, n’est sans doute pas pléthorique, mais peut-être…un peu coûteuse.
 

Salah Agueniou.
www.lavieeco.com



         
 
                         
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